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Présidentielle française 2017

Suite à la défaite d’Alain Juppé, quatre incompatibilités avec François Fillon

Au Canada, en amont de la présidentielle française de 2017, j’ai eu l’occasion d’exprimer lors d'un débat organisé le 16 décembre 2016 mes quatre incompatibilités avec la candidature de François Fillon. Pour remporter la primaire de la droite, cet élu de la Sarthe et du 7e arrondissement de Paris, ancien Premier Ministre de Nicolas Sarkozy, n’avait pas hésité à endosser des positions extrêmement conservatrices sur des sujets de société pour s’attirer les voix du mouvement social de la Manif pour Tous. Son programme de rigueur me semblait par ailleurs contestable sur le plan de l’efficacité économique. La suite de l'élection présidentielle, marquée par le scandale François et Pénélope Fillon, ne me fit point regretter ces vues...


débats et idées nouvelles pour rassembler autour du centre

À Montréal, l’UDI veut alimenter le débat politique en idées nouvelles. Si Alain Juppé est le candidat favori d’une partie de la section, le jeune parti veut surtout rassembler les déçus de la droite et de la gauche autour des idées libérales et progressistes du centre.


Entre Fillon et Macron, l’UDI Montréal plébiscite le centre… plus que jamais!

Mercredi soir, l’UDI Montréal organisait son dernier « Café UDI » de l’année 2016. Peu d’affluence en cette veille de fête de Noël, mais un débat riche, auquel s’était joint le co-référent d’En Marche! Montréal, avec de nombreuses interrogations au lendemain de la primaire de la droite et du centre.

 

La déception de la défaite d’Alain Juppé était encore là, même si le maire de Bordeaux était le candidat par défaut des jeunes militants du parti centriste. Le congrès de l’UDI, qui aura lieu au début de l’année 2017, devrait décider si le parti de Jean-Christophe Lagarde soutient, ou non, François Fillon. À Montréal, si le programme économique à saveur libérale de François Fillon trouve un écho auprès des militants UDI [pas tous!], ses positions conservatrices sur des sujets de société dérangent. « Nous sommes quand même les héritiers de l’UDF de Simone Veil », s’exclame Arthur de Lembeye, le responsable UDI de Montréal. « Son programme conservateur est incompatible avec l’UDI », tranche Élias.   

 

Pour Benjamin, qui a la cause européenne chevillée au corps, François Fillon est « incompatible pour quatre raisons ». Il estime que, pour aller chercher des voix, « le candidat de droite a activé la fibre populiste et joué contre l’Europe, (…) il a amalgamé le politique et le religieux, (…), il oublie l’État-stratège avec son libéralisme économique, (…) et il a joué du conservatisme social pour s’attirer les voix de la Manif pour Tous ». L’amendement du programme social de François Fillon pourrait amener les jeunes militants de Montréal à soutenir le candidat de la droite et du centre. « Il faut une flexi-sécurité », justifie Benjamin. Il suggère de nouvelles règles sociales qui prennent en compte l’économie du partage. « Le problème de l’UDI, c’est qu’actuellement, on n’a pas de leader présidentiable », se désole Benjamin, aussitôt contredit par Élias qui voit, en Jean-Christophe Lagarde, un candidat pour l’élection présidentielle. [...]

 

Pourtant, Jérémy, co-référent d’En Marche! à Montréal, insiste sur la candidature d’Emmanuel Macron, issu de la société civile, pour tenter de rallier les militants montréalais UDI à son champion. Un ralliement effectué par 130 militants de UDI Jeunes fin novembre, sévèrement jugé par Arthur. « L’Europe est applaudie dans les meetings de Macron, c’est un bon point », lâche Benjamin. Jérémy précise que 75 adhérents ont déjà rejoint les rangs d’En Marche! Montréal. « Oui mais c’est gratuit! », rétorque Arthur.  En Marche! Montréal se structure et compte même présenter un candidat lors de la prochaine élection législative en Amérique du nord. « Avec nous, les gens s’intéressent de nouveau à la politique », assure Jérémy, qui ajoute que des comités locaux travaillent actuellement sur les enjeux locaux des Français de l’étranger.

Face aux extrêmes qui menacent la France et l’Europe, il n’est plus temps de tergiverser !

Pour de nombreux citoyens, voter Emmanuel Macron est un choix pragmatique. On lui reproche une certaine inexpérience politique face aux caciques du parti socialiste et des Républicains. Certains voient en lui héritier de François Hollande, tandis que d’aucuns s’agacent à l’inverse de son esprit trop libéral et veulent le classer à droite. Mais l’une des forces d’Emmanuel Macron est d’avoir su s’entourer de personnalités compétentes et de talents issus de la société civile. J’en veux pour preuve l’investiture aux législatives dans la Vaucluse à l’un de mes anciens professeurs, le sociologue Jean Viard, qui a une compréhension fine des évolutions de la société française.


La modernisation qu’attend la société française

 

Ce renouveau, ce rassemblement des progressistes, est maintenant incarné par Emmanuel Macron. Il n'y a plus de doute. Son parcours brillant, sa jeunesse, son éducation et son érudition, son audace, sa capacité à s’entourer des bonnes personnes et à associer la société civile, font de lui le candidat de la modernisation du pays. Il est le seul (avec peut-être Benoît Hamon sur certains sujets) à comprendre et à anticiper les évolutions socio-économiques du numérique et de la nouvelle économie. Il s’est engagé à réaliser la conversion écologique de nos structures économiques, dans un logique de circularité. Son programme résolu pour l’enseignement primaire, secondaire et supérieur, son aspiration à concilier les valeurs de progrès, de solidarité, de liberté, d’écologie, d’association et de fraternité composent une vision équilibrée et engageante pour l’avenir de la nation française.

 

 L’élan du Centre face aux populismes

 

Ainsi, Emmanuel Macron propose une offre politique raisonnée et modérée pour la France. Il n’est pas de ceux qui agitent les épouvantails pour se faire élire : l’Europe et les immigrés pour Marine le Pen, la « finance internationale » pour Jacques Cheminade, le « Système » pour d’autres, toutes ces entités abstraites qui sont autant de paravents et qui laissent croire que des causes extérieures sont à l’origine de nos difficultés. Il n’en est rien.  Arrêtons de regarder ailleurs et de chercher des excuses ! Ce sont les inconséquences de nos politiciens qui expliquent l’état de notre pays.

 

Le logiciel politique est par nature biface : il y a ceux qui rassemblent « pour » et ceux qui fédèrent « contre », ceux qui lèvent les espoirs et ceux qui instrumentalisent les craintes, ceux qui flattent les bas instincts du peuple et ceux qui s’adressent aux meilleures inclinaisons de nous-mêmes ! Face à tous ces épouvantails agités devant nos écrans, face à ces discours populistes qui gagnent du terrain et séduisent un nombre croissant d'électeurs, face à la lâcheté et aux limites de nos politiciens, disais-je, Emmanuel Macron est le visage d'espoir que nous devons présenter à l’Europe, à la Francophonie et au monde. Il constitue en lui-même un message. Il a l’étoffe d’un président de la République. C’est ma conviction. Qu'elle soit la vôtre ou non : dimanche prochain, tous aux urnes, citoyens !