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Les larmes de Theresa May

Dans le contexte des élections européennes, les larmes de la Première ministre britannique démissionnaire m'interpellent.

1 -D'une part parce qu'elles signifient que le navire Britannia s'éloigne un peu plus des côtes européennes, alors que le destin du Royaume-Uni est insécable de celui de l'Europe.

2 -Parce que ces larmes symbolisent l'impasse dans laquelle se trouve un grand pays, une démocratie ancienne, aujourd'hui rongée par des forces réactionnaires souhaitant faire de Londres une place financière offshore, en laissant le reste du pays en proie à l'appauvrissement et au délitement des services publics.

3 -Parce qu'elles nous avertissent de la dangerosité des populistes qui, par la désinformation et le mensonge, orientent les votes des citoyens en agitant le miroir aux alouettes.

4 -Parce qu'arrimé à l'Europe, le Royaume-Uni peut contribuer significativement à notre défense collective...

5 -D'autre part, ces larmes me touchent venant d'une femme politique issue de la classe moyenne, orpheline de ses deux parents à vingt-six ans, ayant gravi tous les échelons du cursus honorum d'outre-manche (la seule avec Margaret THATCHER). Non, Theresa MAY n'a pas démérité, mais elle s'est heurtée au mur de l'intransigeance de ses rivaux politiques, guidés par leur agenda personnel et un manque criant de sens public.

 

Que de temps, d'énergie et de ressources perdues pour les Britanniques ! Et pour l'UE... En définitive, la sincérité et l'émotion de Theresa MAY, lorsqu'elle affirme avoir son pays chevillé au cœur, ne fait pour moi aucun doute. Mais ce patriotisme national n'est aucunement incompatible avec l'appartenance européenne, de la même façon qu'un parent peut aimer ses deux enfants, sans enlever à l'un ce qu'il donne à l'autre...