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Lettre ouverte à Emmanuel Macron

 

 

Monsieur le Président de la République,

 

J’ai l’honneur de solliciter respectueusement votre intervention pour la sauvegarde de la sépulture du géographe et homme de lettres Onésime Reclus (1837-1916), créateur des termes « francophone » et « francophonie ». Située au Père Lachaise, celle-ci risque à tout moment d’être détruite et réaffectée.

 

Auteur d’une cinquantaine d’ouvrages, Onésime Reclus était à la géographie ce que Jules Michelet était à l’histoire. Pionnier de la maison d’édition Hachette, du tourisme et de l’écologie, il reçut la médaille d’argent de l’Exposition universelle de 1900, la médaille d’or du Touring-Club de France et le prix Pierre-Félix Fournier de la Société de Géographie de Paris. Personnalité de son époque, il fut statufié par Antoine Bourdelle.

 

Comme celui de son frère Elisée, le nom d’Onésime Reclus est connu bien au-delà de nos frontières par de nombreux francophones et francophiles. Certes, il fut associé à l’histoire coloniale de notre pays ; mais le fait que certaines de ses opinions et doctrines soient à présent dépassées ne disqualifie pas l’ensemble de son œuvre ni l’énergie qu’il déploya comme précurseur de la francophonie.

 

La ville de Paris a inscrit la concession d’Onésime Reclus et de son épouse Marie-Louise sur la liste des reprises. Sa tombe, n’étant plus entretenue, risque à tout moment d’être détruite. Ses restes seraient alors transférés dans un ossuaire anonyme. Cette destruction patrimoniale serait plus que regrettable, elle serait irréparable. Or, cette sépulture aurait vocation à devenir un lieu de mémoire.

 

Après avoir écrit à Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris, ainsi qu’aux conservateurs du Père Lachaise et aux principales associations agissant pour la francophonie, je demande votre soutien à la démarche du responsable associatif que je suis. Depuis mes plus jeunes années, j’ai la francophonie chevillée au cœur. Elle est pour moi un puissant facteur de rapprochement entre les peuples et l’un des principaux ferments de notre cohésion nationale. Ainsi que l’écrivait Onésime Reclus, « notre unité, c’est notre histoire ; c’est aussi notre langue ».

 

Espérant que vous serez sensible à cette requête, je vous prie de bien vouloir accepter, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

 

Benjamin Boutin

 



Lettres à Madame Anne Hidalgo et aux président(e)s des principales associations francophones





Lettres de soutien