Rencontres économiques

Investir dans le mouvement coopératif

Co-lauréat en 2014 du concours La Parole aux étudiants, j'ai eu la chance de m'exprimer le 4 juillet lors des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence devant un parterre de chefs d'entreprises, de responsables publics et de jeunes entrepreneurs. Mon intervention a porté sur les atouts du modèle coopératif et sur la nécessité d'un réinvestissement des citoyen dans la démocratie publique et la démocratie d'entreprise.


 

La politique, disait Aristide Briand, c’est « l’art de concilier le désirable avec le possible ». Regagner notre capacité d’action, cela passe selon moi par un surcroît d’engagement citoyen et par l’impulsion d’une nouvelle orientation économique. Réinvestir le politique, c’est avant tout ne pas s’en désinvestir, se désintéresser de la démocratie et laisser le pouvoir à ceux qui n’en usent pas de façon éthique. Aujourd’hui, la politique est une boîte noire, alors qu’elle devrait être une agora où de nouveaux talents, issus du monde économique, social et culturel, accéderaient aux responsabilités. Le pouvoir doit être partagé et l’idée de Participation, chère au Général de Gaulle, reste une idée neuve.

 

L’engagement associatif est également une façon de s’investir dans la vie de la Cité pour prendre part à des combats collectifs : combat contre la pauvreté et l’exclusion, par exemple ; combat pour l’écologie et la biodiversité, qui n’est pas le moins important ; combat contre le racisme, etc.  Le changement ne se fera pas sans la mobilisation des citoyens qui coproduiront leur destin politique.

 

Mon deuxième message, c’est que dans le contexte actuel, l’immobilisme est la pire des stratégies. Il en va de la responsabilité du politique de proposer et d’impulser une nouvelle orientation économique. Le système néolibéral est insatisfaisant tant sur le plan humain que sur le plan écologique. Alors il faut imaginer un autre système, conciliant prospérité, équité et durabilité. Depuis plusieurs mois, j’ai une conviction. La conviction qu’il faut généraliser le modèle des coopératives qui résiste mieux à la crise et qui répond aux aspirations contemporaines.

 

Ces structures économiques, fondées sur un contrat d’association, dessinent les contours d’un régime socio-économique plus juste. Le Coopératisme est le cadre conceptuel adéquat pour penser les interactions entre l’économie sociale et solidaire (ESS), l’économie du partage et l’économie circulaire.

 

Je voudrais dire pour finir que l’essor de ce modèle ne se fera pas sans investissements prioritaires. Des fonds d’investissements coopératifs doivent se créer ; l’épargne, aussi bien l’épargne des ménages que l’épargne salariale doit être mieux ciblée ; et des prêts plus facilement octroyés pour soutenir la création ou la reprise d’activité en coopératives.  Pour donner l’exemple, j’ai proposé au Cercle des Économistes de fédérer, au sein d’une coopérative d’activité et d’emploi, les différents projets exprimés à l’occasion de ce concours par les jeunes.

 

En conclusion, la politique doit réinvestir le champ des propositions. Je crois avec force que le coopératisme offre un nouvel horizon de progrès socio-économique pour la République et pour l’Europe. Rien ne se fera sans nous. Et c’est ensemble que nous pourrons réussir.