2011. Le nouveau contexte stratégique

Le 13 juillet 2011, le quotidien Le Monde titrait en première page : « La France n’a plus les moyens militaires de ses ambitions politiques »[1]. Tandis que 27.000 soldats étaient engagés dans le monde sous nos trois couleurs, le surcoût des opérations extérieures dépassait le milliard d’euros pour le budget français. Parallèlement, la crise de la zone euro, deuxième grand titre de l’actualité, semait la panique sur les marchés financiers. Les pays membres de l’Union monétaire s’affrontaient à Bruxelles sur les modalités d’un second plan d’aide à la Grèce. A l’autre extrémité du globe, sur fond de tensions en mer de Chine, le gouvernement de Taïwan s’inquiétait de l’entrée en service imminente du premier porte-avions chinois, un bâtiment de la marine soviétique racheté en 1998 à l’Ukraine. Le monde avait changé.

 


Le ‘‘retour chez soi’’ des États-Unis d’Amérique

 

           Trois semaines plus tôt, le président de la première puissance économique et militaire mondiale s’était adressé solennellement à la nation, depuis la Maison Blanche. Barack Obama confirmait le retrait des troupes américaines d’Afghanistan[2], qui allait s’opérer graduellement à partir de l’été 2011 et serait effectif en 2014, année de l’achèvement de la transition sécuritaire.

 

             Ce discours marquait en vérité un tournant dans la stratégie militaire américaine. Les Etats-Unis, historiquement tiraillés entre un interventionnisme messianique et un isolationnisme narcissique, choisissaient, en ce 22 juin 2011, une voie médiane empreinte de responsabilité et de réalisme. Le président Obama énonçait en effet les grandes lignes d’une nouvelle doctrine pour les temps à venir : « lorsque menacés, nous devons réagir avec force - mais quand cette force peut être ciblée, nous n’avons pas besoin de déployer de grandes armées à l’étranger. Lorsque des innocents sont massacrés et que la sécurité mondiale est en péril, nous n’avons pas à choisir entre rester les bras croisés ou agir seuls de notre côté. Au lieu de cela, nous devons rallier l’action internationale, ce que nous faisons en Libye, où nous n’avons pas un seul soldat sur le terrain »[3].

 

            En d’autres termes, Washington se rangeait, pragmatiquement, au multilatéralisme militaire. L’administration n’entendait plus jouer le rôle de gendarme du monde qu’on avait pu lui prêter depuis 1945[4]. Les engagements d’Irak[5] et d’Afghanistan avaient doublé ses dépenses militaires, chiffrées à 5% du PIB[6]. Soutenir un si colossal effort de guerre devenait intenable : « durant la dernière décennie, nous avons dépensé un billion de dollars pour la guerre, à un moment où la dette s’élevait et où nous traversions une conjoncture économique difficile. Maintenant, nous devons investir dans la plus grande ressource de l’Amérique : notre peuple », expliquait le président[7]. Barack Obama proclamait en somme le retour chez soi du peuple américain.

 

             Après une décennie de belligérance, initiée par l’ancien président Georges W. Bush aux lendemains des attentats du 11 septembre 2001, le pays semblait de guerre lasse. Il avait perdu 6000 soldats sur les théâtres irakien et afghan, sans compter les dizaines de milliers de blessés et traumatisés de guerre. Dans l’Amérique profonde et patriote, comme à Colorado Springs où une famille sur trois comptait un membre en uniforme[8], la lassitude était palpable. Le sergent Ian Terry, 32 ans, vétéran d’Irak et d’Afghanistan, soldat américain comme un autre, avait perdu l’enthousiasme de ses débuts : « Je crois qu’il est temps de quitter Bagdad et Kaboul », confiait-il. Si nous n’avons rien pu accomplir de mieux en dix ans, inutile d’insister… il y a d’autres choses intéressantes à faire ». Mêmes échos de désillusion du côté d’un républicain zélé, Tom Johnston, qui estimait que « maintenant il est temps de nous occuper de nous. Ben Laden est mort ? Et alors ? D’autres viendront. On n’est pas beaucoup plus avancé. Quand nous quitterons l’Afghanistan, les talibans reprendront le pouvoir. Ce n’est pas à nous de faire de ces pays des démocraties. On est fatigué de tout ça, il faut passer à autre chose »[9].

 

 

La multiplication de la terreur

 

            Depuis 1989 et la fin de la bipolarité, la sécurité internationale s’était très sensiblement dégradée. L’érosion des systèmes de pouvoir dans certaines parties du monde (ex-bloc soviétique, Somalie…) avait favorisé l’émergence de conflits larvés et de revendications identitaires violentes, un temps gelés dans les glaces de la Guerre Froide. L’ère de l’incertitude débutait.

 

            Les attentats du 11 septembre 2001 le révélaient cruellement : la guerre n’était plus ce qu’elle était[10]. Les guerres classiques, conflits symétriques entre deux pays ou deux coalitions, guerres de conquête ou guerres de masse, semblaient appartenir au passé. De même, les terrains de combat n’étaient plus clairement circonscrits. Ouvertes et interdépendantes, les sociétés démocratiques représentaient des proies faciles. Jadis la guerre tuait des gens en armes, bataillons contre bataillons. Désormais, les populations civiles désarmées étaient des cibles à abattre. Innocentes, elles payaient le prix du sang et de la barbarie. Elles avaient des visages et des noms, ceux d’Antoine et de Vincent par exemple, ces deux jeunes français de vingt-cinq ans tués au Niger, morts parce que de nationalité française, « victimes collatérales d’une guerre nouvelle », mondialisée, « guerre de lâches », « guerre de haine », où « les combattants se cachent pour tuer », où « parfois, ils vont jusqu’à se tuer pour tuer », écrivait le journal La Croix. « C’est aussi une guerre psychologique dont le terrain privilégié réside dans nos consciences, nos esprits, nos émois. L’armée de ces ombres ne cherche pas tant à conquérir des territoires qu’à semer le doute dans nos esprits. Partout. »[11]

 

             Cette sournoiserie dans la belligérance, comme le faisait remarquer Christine Kerdellant, ne permettait pas à l’Occident d’utiliser toute sa puissance. En conséquence, « nous ne gagnons plus (ou plus de manière de manière éclatante) les guerres d’aujourd’hui », constatait-elle[12]. Cette nouvelle donne imposait de repenser la guerre, car « si nous ne sommes véritablement pas en guerre au sens clausewitzien du terme, nous le sommes dans le sens où Sun Tzu l’entend », faisait remarquer le chef d’état-major de l’armée française, l’amiral Guillaud : « nous sommes confrontés à une forme de guerre plus nébuleuse donc plus insidieuse ; elle porte différents noms : guerres irrégulières ou asymétriques, guerres bâtardes ou hybrides […] Ce sont des guerres dont les buts ou les enjeux ne sont pas forcément lisibles » [13].

 

             Dans cette nouvelle problématique, l’ennemi était insaisissable, la menace permanente et diffuse. Le terrorisme constituait l’un des facteurs de cette multiplication de la terreur. Il participait d’un climat d’insécurité générale caractérisé par de nombreux et insaisissables périls transnationaux (terrorisme, attaques cybernétiques, prolifération des armes de destruction massive, trafics, etc.). L’annihilation nucléaire, épouvante de la Guerre Froide, ne paraissait plus qu’une épée de Damoclès parmi d’autres. Enfin, la dégradation de la biosphère qui se vérifiait[14] était susceptible de provoquer de nouveaux conflits pour l’appropriation des ressources et entraîner des mouvements migratoires fortement déstabilisateurs.

 

             L’ensemble de ces menaces, du reste mal hiérarchisées dans l’échelle de la terreur, pouvait induire de la coopération entre les nations ou au contraire aviver les tensions entre elles. Leur traitement politique se heurtait à une aporie liée au système inhérent des Etats-nations, dont les frontières physiques marquaient la limite juridictionnelle.

 

            Le XXe siècle avait fait progresser le droit international avec l’instauration de la Société des Nations puis de l’Organisation des Nations unies, dont la Charte stipulait, en son chapitre VII, qu’en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d'acte d'agression, le Conseil de sécurité pouvait engager toute action qu'il jugeait nécessaire, incluant l’usage de la force armée. Cette action pouvait comprendre, d’après l’article 42 de la Charte, « des démonstrations, des mesures de blocus et d'autres opérations exécutées par des forces aériennes, navales ou terrestres de Membres des Nations Unies »[15]. Par ailleurs, un nouveau concept était apparu dans les années 1980, celui du droit d’ingérence qui prétendait passer outre la souveraineté d’un Etat en cas de massacres ou de drames humanitaires, au nom de la protection des droits de la personne. Ce concept faisait encore débat.

 

 

Le basculement du monde et le déclin relatif de l’Europe

 

             En quelques décennies, le monde - nous le disions - avait changé. Il s’était rapidement reconfiguré sur un mode polycentrique[16]. L’éveil (ou le réveil) de l’Asie avait déplacé les centres de production et de décision de l’Atlantique vers le Pacifique[17], tandis qu’un certain nombre de puissances régionales avait émergé (Chine, Inde, Brésil, Mexique…), qui revendiquaient un intéressement aux affaires du monde.

 

             La croissance de ces puissances émergées avait était spectaculaire. En deux décennies, leur part dans la production industrielle mondiale était passée du tiers à la moitié. L’industrie chinoise était en passe de devancer l’industrie américaine dès 2020. Le basculement géoéconomique du monde annonçait un retour de bascule sur la balance of power militaire. L’histoire n’enseignait-elle pas que l’équilibre militaire du monde finissait immanquablement par rejoindre son équilibre économique ? C’était en tout cas la thèse de l’historien britannique Paul Kennedy, formulée dès la fin des années 1980 dans Naissance et déclin des grandes puissances[18] : « La puissance relative des grandes nations à l’échelle internationale ne reste jamais constante : elle varie surtout avec les taux de croissance de chaque société et dépend de l’avantage relatif que confèrent les avancées technologiques et structurelles »[19]. Or, les pays occidentaux déploraient un endettement massif qui leur imposait de « tailler dans les dépenses militaires, souvent improductives »[20].

 

             Cet endettement touchait en premier chef les Etats-Unis et l’Europe. Sur le Vieux continent, les répercussions de la crise des subprimes  puis de la crise des dettes souveraines mettaient à rude épreuve la cohésion des « Vingt-Sept ». L’Union européenne, minée par les désaccords internes et les crises à répétition, apparaissait comme « le maillon faible de la reprise mondiale », « avec des taux de croissance chroniquement faibles, un déclin démographique quasi général, une dépendance énergétique lancinante, une zone euro fragilisée »[21].

 

            L’écart de développement avec les pays émergés se rétractait. Si ces tendances se prolongeaient, en quinze ans l’Europe ne pèserait plus que 20% de la richesse mondiale, alors que le continent asiatique en représenterait plus de 35%. Le modèle économique et social européen était ébranlé par le chômage de masse. D’Athènes à Madrid, des manifestants indignés battaient les rues. Une poussée de fièvre populiste, xénophobe et nationaliste[22] donnait des sueurs froides au berceau chancelant de la démocratie. L’Europe des vieilles nations industrielles traversait une crise économique gravissime et, au-delà, une phase de doute existentiel. Les peuples européens avaient le sentiment d’être les grands perdants de la mondialisation.

 

            Affaiblie socio-économiquement, l’Europe sanctionnait à l’évidence une perte d’influence sur l’échiquier international. D’aucuns pouvaient craindre qu’elle sortît de l’histoire. L’ancien secrétaire d’Etat aux affaires européennes et ex-parlementaire européen Pierre Bernard-Reymond relevait qu’« avec le Traité [de Lisbonne], il s’agissait notamment de donner une voix et un visage à l’Europe : un président charismatique représentant d’un pouvoir fort et efficace capable de parler d’égal à égal avec les plus grands chefs d’Etat de la planète. […] Censée se rapprocher du modèle de pouvoir des grandes nations, l’Europe a finalement choisi celui de la confédération helvétique. […] L’Europe, conçue à l’origine comme une puissance mondiale en devenir au service d’un idéal de paix, de liberté et de démocratie, est devenue un jeu de pouvoirs à somme nulle, une mécanique routinière qui fonctionne de crises en compromis mais qui est de plus en plus incapable de transcender les intérêts nationaux »[23].

 

            Ainsi, la question prêtée à l’ancien secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger : « L’Europe, quel numéro de téléphone ? », ne trouvait toujours pas de réponse. Marginalisée par rapport aux géants économiques, Chine en tête, confrontée à une reconfiguration rapide du monde dont elle échouait à exploiter les opportunités, l’Europe perdait de son standing. Pouvait-on parler de déclin ? Les crises que nous vivions symbolisaient-elles les ultimes convulsions d’une puissance qui se mourait ? Pour Lucian Boia, spécialiste des mythes et professeur à l’Université de Bucarest, « l’idée de déclin est un stéréotype de la pensée occidentale. Il touche particulièrement le monde européen, et encore plus particulièrement la France ». Certes il y avait un « déclin relatif », « dû à l’émergence de nouvelles puissances », mais des « progrès très nets en termes absolus […] sur les plans économique, social, ou technologique » avaient été accomplis. Le premier ministre d’une Nation européenne dont l’histoire avait été effectivement scandée par le leitmotiv du déclin, déclarait: « Aujourd’hui comme à d’autres périodes de basculement, nous devons puiser dans nos ressources, matérielles et morales, et exercer nos forces pour que la France ne soit pas reléguée dans les provinces périphériques d’un monde ancien »[24].

 

 

La baisse du potentiel militaire européen

 

             Depuis 60 ans, le continent européen jouissait de la paix, grâce à l’action conjuguée de la construction politique de l’Europe (comprenant la réconciliation franco-allemande) et de l’Alliance atlantique. L’OTAN, plus forte alliance militaire du monde, gardait pour tâche principale la défense immuable du territoire des pays alliés, depuis sa création en 1949. La clause de défense mutuelle (article 5 du Traité de l’Atlantique nord), pierre angulaire de l’Alliance, le garantissait. L’OTAN devait rester la garante indéfectible de la sécurité transatlantique et travailler à ce que cet espace soit le moins polémogène possible.

 

             Cependant, la diminution des ressources allouées à la défense, de part et d’autre de l’Atlantique, remettait en cause le pacte sécuritaire entre Européens et Américains du Nord. Les USA attendaient désormais une Europe forte et organisée, capable de se défendre par elle-même. La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, via un discours majeur consacré à la sécurité européenne[25], avait livré l’interprétation de son administration sur la relation stratégique euro-américaine. « Nous avons besoin d’un leadership européen au XXIe siècle », affirmait-elle. Les Etats-Unis et l’Europe figuraient deux points d’ancrage capitaux de la stabilité mondiale. Mieux, ils étaient les deux champions historiques de la liberté et de la démocratie. Cette proximité exceptionnelle de valeurs, dans un contexte d’émergence de puissances aux référents idéologiques différents, faisaient prendre conscience à Washington que l’Union européenne était une « force inestimable et de plus en plus efficace pour le progrès global »[26]. Fondamentalement, l’attitude des Etats-Unis vis-à-vis des alliés européens avait changé. L’amiral Guillaud estimait que la question libyenne était symptomatique de cette évolution : « leur volonté de ne pas se placer au premier plan est une première, soutenait-il. Elle montre l’intention américaine de laisser les Européens prendre leurs responsabilités dans leur zone d’influence régionale en s’appuyant à la fois sur le couple franco-britannique et sur une structure otanienne qui a déjà fait ses preuves »[27].  

 

            Ainsi, les Etats-Unis, dans une posture de désengagement partiel (le « come back home » - « retour chez soi » que nous avons décrit plus haut), désireux de moins s’impliquer ou de s’impliquer autrement, ne s’opposaient plus à l’édification d’une défense européenne commune, mais au contraire l’encourageaient. L’Europe de la défense, dont la construction avait parfois été accueillie fraîchement outre-Atlantique, ne représentait plus un problème… mais une partie de la solution. Chacun avait compris que l’Ue et l’OTAN formaient deux acteurs incontournables et complémentaires de la gestion de crises et de la sécurité internationale. L’OTAN, par la voix de son secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen, reconnaissait maintenant les bienfaits d’une défense européenne forte, qui avait du sens « tant politiquement que militairement »[28].

 

             Mais où en était l’Europe de la défense ? Elle avait acquis une expertise reconnue en matière de gestion civilo-militaire de crises, sur les différents théâtres où elle avait été impliquée : Balkans, Afrique, Moyen-Orient, Océan Indien. La doctrine sécuritaire européenne, élaborée par le Haut représentant pour la PESC Javier Solana et adoptée par le Conseil européen du 12 décembre 2003[29] exposait les valeurs et les objectifs de l’Union, à savoir :

 

« - faire face aux menaces en menant une politique de prévention des conflits reposant sur une combinaison des moyens d’action civils et militaires ;

 

- construire la sécurité dans le visionnage européen en s’impliquant au Moyen-Orient, dans les Balkans et le Caucase ;

 

- promouvoir un multilatéralisme efficace en défendant et en développant le droit international, dans le cadre fondamental de la Charte des Nations unies. »[30]

 

 

            Stratégie de sécurité plus que de défense, axée sur l’intervention civilo-militaire à l’étranger, elle éludait la question d’une défense physique du territoire de l’Union, champ d’action manquant de la PSDC, Politique de sécurité et de défense commune. Dans un contexte de grande incertitude internationale, certains déploraient que l’Europe ne disposât pas de véritable défense intégrée à l’échelle européenne. Personne n’imaginait, naturellement, que la Chine ou la Russie allaient attaquer demain l’Union. Par conséquent, nul ne se préparait aux scénarii du pire.

 

             Ce qui menaçait plus urgemment les capacités de la PSDC, c’était la baisse du potentiel militaire européen. En effet, d’après les experts de Jane’s Defense, les budgets de défense des principaux pays émergés (Brésil, Russie, Inde et Chine) augmenteraient de cent trente huit milliards de dollars d’ici à 2015, cependant que ceux des quatre grands pays européens diminueraient de dix-neuf milliards. Seuls le Danemark, la Norvège, le Portugal et la Pologne connaîtraient des budgets de défense croissants ces prochaines années. Ces données faisaient dire à d’aucuns que « la puissance militaire de l’Occident ne sera[it] bientôt qu’un lointain souvenir »[31]. Le rêve d’une Europe puissance, capable de peser diplomatiquement et militairement s’estompait. Les difficultés économiques et sociales de l’Union et de ses Etats-membres se répercutaient sévèrement sur le plan militaire.

    

 

            Pour compenser cette constriction des moyens alloués à la défense, les deux premières puissances européennes militaires, la France et le Royaume-Uni[32], avaient signé, le 2 novembre 2010, un accord important de coopération renforcée portant sur la création d’une force expéditionnaire commune, le déploiement de porte-avions à catapulte d’ici 2020, la formation et la maintenance mutualisée du nouvel avion de transport A400M, la recherche commune sur les équipements des sous-marins nucléaires, la création de systèmes antimines, les études sur la prochaine génération de drones, etc. Cet accord franco-britannique comportait de surcroît un volet nucléaire ambitieux : « les deux puissances européennes - les seules à posséder la bombe - [allaient] créer des centres communs de recherche sur la fiabilité et la sûreté des matériaux composant leurs têtes nucléaires » [33].      

  

             Ce traité, fils incestueux de l’Entente cordiale, de la crise budgétaire et du désengagement relatif des Etats-Unis (dont la relation avec Londres n’était plus aussi « spéciale » qu’elle l’avait été), démontrait les efforts de rapprochement des défenses nationales en Europe pour lutter contre le déclassement stratégique. Le pragmatisme avait prévalu : « les coupes britanniques dans le budget de la défense - moins 8% en volume et 42000 emplois supprimés d’ici à 2015 -, comme la réduction des armées françaises - 54000 emplois de moins, et des économies supplémentaires de 3,6 milliards d’euros sur les trois prochaines années »[34] n’étaient pas étrangères à la conclusion de cet hymen… Qu’importe, cet accord de raison et de long terme permettait à Paris d’être moins isolé en Europe sur les questions nucléaires et esquissait une dissuasion franco-britannique comme composante potentielle d’une Europe de la défense en devenir. N’était-ce pas le couple franco-britannique qui avait donné l’impulsion historique à l’Europe de la défense lors du sommet bilatéral de Saint-Malo, en 1998 ? Seul inconvénient, et non des moindres, le Traité de Lancaster House laissait l’Allemagne, frustrée, aux franges du lit nuptial.

 

 

L’outil militaire français

 

 

            La France, puissance militaire de premier ordre, membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations unies, subissait les contrecoups de la crise géoéconomique qui secouait l’Europe. Ses forces armées avaient été reconfigurées et réduites avec la réforme cardinale de 1997, au terme de laquelle « le métier des armes [était] devenu une affaire de professionnels »[35]. La question de la guerre se posait à frais nouveaux dans la mesure où l’outil de défense français s’était muté en armée d’intervention, avec 21.000 hommes et femmes en posture opérationnelle permanente pour la seule armée de terre. Libye, Afghanistan, Côte d’Ivoire : sur tous types de théâtres, quotidiennement, nos forces étaient engagées et le payaient parfois de leur vie. Le général Irastorza, ex-chef d’Etat-major de l’armée de terre, émettait, dans l’une de ses dernières tribunes, un satisfecit sur l’utilisation de nos forces terrestres en opérations extérieures : « Notre armée de terre est, en effet, résolument tournée vers les opérations et remplit brillamment son contrat. Nos hommes s’acquittent de leurs missions à la satisfaction générale »[36].

 

Ceci dit, l’armée française devait faire face à plusieurs défis :

 

1. Le vieillissement de ses matériels : « notre armée de terre devra poursuivre le renouvellement de son parc de matériels dont, malgré l’arrivée des VBCI, CAESAR, Tigre et Félin, les trois quarts son vieillissants », écrivait le général Irastorza. Le «renouvellement de la quasi-totalité » de nos « matériels majeurs » serait « difficile » , reconnaissait l’ex-CEMAT. Mais, atout majeur, les industries d’armement françaises comptaient parmi les plus performantes au monde ;

 

2. La diminution de ses effectifs : au terme d’un processus de réforme profond, la restructuration de l’armée touchait sa phase terminale (2012 - 2014)[37]. La création de bases de défense avait bouleversé les habitudes de travail et induit des mouvements de personnel importants dans un cadre interarmées. Le contrat opérationnel avait été revu à la baisse suite aux conclusions du Livre blanc de 2008 : de 50 000 hommes possiblement mobilisables pour une opération majeure en 1996, on passait à 30 000 hommes[38]. 54.000 emplois seraient retranchés en 2015 du secteur public de la défense qui totalisait, hors gendarmerie, 322.300 postes. La réforme issue de la RGPP (révision générale des politiques publiques) devait générer des marges de manœuvre, notamment en termes de nouveaux équipements pour les armées, mais les militaires y voyaient surtout des diminutions d’effectifs opérée dans une logique purement comptable[39]. Résultat de trente ans de réformes structurelles, les armées doutaient, s’inquiétaient, selon le colonel François Chauvancy : « leur capacité à agir est de plus en plus réduite, leur légitimité à exister peut-être compromise à terme »[40]. Les forces françaises saignaient. Préserver leur cohésion et leur identité était devenu un impératif. Le général Irastorza appelait à « poursuivre nos efforts dans le domaine de la préservation des effectifs. Il en va de la survie de notre efficacité et de notre moral », assurait-il[41]. 

 

3. Les coupes budgétaires : le budget de la défense était passé de 5,2 % du PIB dans les années 1960 à 3% en 1989, 1,8% en 2002 et 1,6% en 2010, selon l’annuaire statistique de la défense[42]. La loi de programmation pluriannuelle de 2008 avait accordé 377 milliards d’euros sur six ans à la défense, mais la crise avait rebattu les cartes. Compte tenu de l’état des finances publiques, une nouvelle révision à la baisse de l’effort de défense après 2012 à 1,5% du PIB était prévisible.

        

 

         Ainsi, L’équation triplement soustractive de ressources financières comptées, d’équipements vieillissants et d’effectifs en baisse était complexe. Le Monde Géostratégie 2011 s’interrogeait : « La France devra-t-elle réduire ses ambitions stratégiques militaires ?»[43]. Les responsables militaires étaient affirmatifs : « les armées sont allées au bout des réorganisations possibles. Si l’exécutif veut de nouvelles économies, il lui faudra assumer une réduction des ambitions stratégiques du pays »[44]De plus en plus, des voix s’élevaient pour prévenir d’un « risque de surchauffe » de l’armée française, confrontées aux restrictions budgétaires et présente sur plusieurs fronts à travers le monde[45]. Selon le général Irastorza, « la Nation toute entière salue le courage de nos soldats en opérations et éprouve une réelle fierté pour leur participation à la résolution de plusieurs crises internationales », même si, concédait-t-il, « les raisons de nos différents engagements ne sont pas suffisamment comprises de nos concitoyens »[46].

 

 

Le débat stratégique

 

 

         L’année 2012 se présentait comme une année charnière pour les Armées françaises. « Il nous faudra poursuivre  et finaliser les réformes engagées, remplir les missions qui nous sont confiées », énonçait le général Irastorza. Ces missions couvraient un large spectre, du combat sur les hauteurs afghanes aux patrouilles dans les gares de France (plan Vigipirate). Passer d’un conflit de haute intensité à une mission de sécurisation en zone urbaine intérieure :  était-ce au même soldat de le faire ? Comment répondre aux différentes situations, aux différentes menaces qui pesaient sur notre pays et notre continent ? Avait-on la garantie que notre outil de défense saurait effectivement faire face aux menaces d’aujourd’hui et de demain ? Nos systèmes d’armes étaient-ils adaptés ?

 

             La deuxième question qui se posait avec acuité concernait l’engagement opérationnel à l’extérieur de nos frontières. Aux yeux du général de corps d’armée J.-P. Margueron « la priorité absolue demeure la préparation à l’engagement opérationnel car les opérations, « intérieures » comme « extérieures », sont la raison d’être de notre armée de terre »[47].

 

Certes. Mais le bilan des décisions prises en 2008 suite à la parution du Livre Blanc restait à dresser. Ne fallait-il pas être plus sélectif dans le choix des opérations extérieures ? La redistribution de nos forces sur « l’arc de crise » allant de la Mauritanie au Pakistan, avec une réduction de l’empreinte militaire française en Afrique et l’ouverture d’une base à Abou Dhabi[48] donnait-elle des motifs de satisfaction ? Le concept même d’ « arc de crise », sur lequel le Président de la République s’était focalisé lors de la 18e conférence des ambassadeurs qui s’était tenue à l’Elysée le 25 août 2010[49], était-il vraiment pertinent ? Qu’avaient en commun le Pakistan et le Mali, d’un bout à l’autre de cet arc de crise que d’aucuns considéraient comme une vue de l’esprit ? Plus essentiellement, la France avait-elle vocation à intervenir sur cette zone géopolitiquement mal définie qui comprenait certains théâtres où elle ne possédait ni l’expérience ni l’expertise ni les moyens suffisants pour le faire ?

 

            Selon Bastien Irondelle, chercheur au centre d’études et de recherches internationales (CERI) et auteur de La réforme des armées en France (Les Presses de Sciences Po, 338p.), la France voulait « boxer au-dessus de sa catégorie ». Son modèle, préservant « une panoplie nucléaire et conventionnelle complète », faisant de la projection et des interventions extérieures « la mission première des armées », « possible lors de la guerre froide avec un effort à plus de 3% du PIB en 1989, est aujourd’hui hors d’atteinte », constatait-il. Or, « Il n’y a pas de débat comme en Grande Bretagne sur le rôle de la France dans le monde, sur le décalage entre ses moyens budgétaires et humains et ses ambitions diplomatiques », indiquait-il[50].        Clairement, la viabilité du modèle politico-militaire français était en question. « La question est bien celle du hiatus entre les ambitions et les moyens alloués, précisait l’amiral Guillaud. La question n’est pas : avons-nous ce qu’il nous faut ? Elle est : dites-moi ce que vous voulez que je fasse »[51]. Quelle armée la nation souhaitait-elle au XXIe siècle et pour quel rôle ? Les Français se questionnaient : « quel est l’intérêt de ces forces armées qui, finalement, n’assurent leur protection que d’une manière lointaine, sans doute coûteuse, peu visible et pas toujours compréhensible »[52] ?

 

             En somme l’heure des choix stratégiques pour la France et l’Europe avait sonné. Les problématiques militaires s’appréhendaient dans un cadre plus large, une réflexion plus aboutie, de nature géostratégique et prospective. Cette réflexion s’ouvrait pour 2012. La France avait besoin d’une nouvelle doctrine[53]. Chaque séquence historique importante avait eu sa doctrine, fussent-elles militaires, théologiques, juridiques, sociologiques, etc. Les doctrines militaires s’étaient succédées, « de l’ordre profond de la Phalange macédonienne à la stratégie de la ’’riposte graduée’’ américaine, en passant par l’arrivée du feu sur le champ de bataille, certes progressive, qui bouleversa les conditions du combat et de la guerre », écrivait le général Jouishomme[54]. Le débat doctrinal pour la France et l’Europe devrait tenir compte du nouveau contexte stratégique et des métamorphoses de la guerre, ces sournoiseries nouvelles dans la belligérance que nous évoquions. Les guerres débordaient sur le terrain de la compétition économique, dans une conjoncture extrêmement difficile pour notre pays et pour l’Europe.

 

             « Sur fond de difficultés budgétaires accrues et d’élection présidentielle, une révision du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, le document qui fixe les orientations stratégiques de la France, doit avoir lieu en 2012 […]Un livre vert est à l’étude, qui poserait, avant l’élection présidentielle, un premier diagnostic sur la sécurité du pays et les menaces qu’il affronte», notait Nathalie Guibert. Une étape consensuelle. Sa déclinaison concrète - quelles opérations, avec quels moyens ? - exige un débat plus âpre »[55]. Le chef d’état-major des armées souhaitait « que la défense soit non un enjeu, mais un sujet pour 2012 »[56]. La rédaction de la revue Défense nationale jugeait également « nécessaire » les « travaux d’approfondissement avant la prochaine échéance présidentielle » pour « éclairer et mobiliser l’opinion publique, les parlementaires et les responsables publics sur les perspectives de sécurité de la France »[57].

 

 

Les parades : que faire ?

 

          Ainsi, La révision du Livre Blanc nous engageait à mener une réflexion sur la protection du territoire national et sur la nature de nos engagements à l’extérieur. Face aux menaces et aux nouveaux contours de la guerre, dans un contexte de multiplication de la terreur, il était opportun d’avancer des éléments de réflexion pour un débat stratégique fructueux. Quelles priorités nationales en matière de défense ? Quels moyens, quels faisceaux d’action, quelles tactiques pour la France et l’Union européenne ? Sur une « carte stratégique en mutation », il fallait sortir de nos « visions plus statiques que réellement dynamiques », exhortait l’amiral Guillaud [58]. La guerre, déclarait-il, ne s’improvisait pas au dernier moment[59]. C’était certainement le rôle de la stratégie que d’économiser des moyens dans un contexte de crise et de renforcer la liberté d’action de la nation lorsque sa souveraineté était en péril.  

 

  

NOTES


[1] Une du journal Le Monde en date du mercredi 13 juillet 2011.

[2] L’offensive américano-britannique « Liberté immuable » a été lancée le 7 octobre 2001 dans le but de renverser le régime des talibans et de détruire les bases d’Oussama Ben Laden.

[3] Voir le texte intégral du discours en annexe.

[4] Le concept d’imperium américain, qui avait donné lieu à ô combien d’études et de verbiages au sein des think tanks géostratégiques de la planète n’avait plus de sens. Barack Obama l’enterrait par ce discours: « We are not an empire », admettait-il.

[5] Le 19 mars 2003 avait eu lieu l’offensive américano-britannique sur l’Irak, sans qu’un lien eut pu être établi entre le régime de Saddam Hussein et la possession d’armes de destruction massive.

[6] Chronique de Christine Kerdellant publiée dans l’Express le 31/05/2011.

[7] L’emploi de l’expression « focusing on nation building here at home» était tout à fait intéressant, car il renvoyait aux missions de nation building (construction de l’Etat) menées dans des failing states, fortes demandeuses de moyens et d’énergies.

[8] Colorado Springs, dans l’Etat du Colorado, où s’est rendue une équipe de journalistes de l’hebdomadaire La Croix pour recueillir les opinions des militaires et des familles. Journal La Croix daté du 31 août 2011.

[9] Ibid.

[10] « La guerre n’est plus ce qu’elle était », réflexion du Général (c.r.) Bernard Jouishomme, issu de l’Ecole militaire interarmes de Coëtquidan (Promotion Belvédère 1963-1964), archives personnelles de B. Jouishomme, Aix-en-Provence, 1er décembre 2002.

[11] « Victimes de guerre », chronique de Bruno Frappat, La Croix en date du samedi 15 - dimanche 16 janvier 2004.

[12] Chronique de Christine Kerdellant publiée dans l’Express le 31/05/2011.

[13] Allocution prononcée à l’Hôtel de Brienne le 24 mai 2011 de l’amiral E. Guillaud, tirée de l’Epaulette, n°174, Revue quadrimestrielle de l'association d'officiers éponyme.

[14] Le Monde, Bilan géostratégique 2011, p.140. : « Le nombre de catastrophes naturelles enregistrées depuis 1980 a plus que doublé. Ainsi, des scientifiques pensent qu’une nouvelle ère géologique s’est ouverte, celle où les activités humaines transforment le climat ».

[15] Cf. annexe / Chapitre VII de la Charte des Nations unies.

[16] Selon Michel Foucher, un monde polycentrique « désigne la réalité durable de foyers géographiques et démographiques, économiques et géopolitiques, plus ou moins organisés dans un système centre-périphérie ». M. Foucher l’oppose à la multipolarité qui « suggère un concert des nations bâti d’un commun accord ». Le Monde, Bilan géostratégique 2011, p.142.

[17] L’ancien secrétaire d’Etat aux affaires européennes et ex-parlementaire européen Pierre Bernard-Reymond considère que «le centre du monde, qui siégea jadis en Méditerranée puis dans l’Atlantique s’organise, sans nous, autour du Pacifique », article publié le 1er septembre 2010 sur son blog, http://www.senateur-pbr.fr/

[18] The Rise and Fall of the Great Powers, édité pour la première fois en 1987 puis publié de nouveau en 1989 et traduit en 23 langues.

[19] P. Kennedy, Naissance et déclin des grandes puissances, Editions Payot, 1991, p.18

[20] Chronique de Christine Kerdellant publiée dans l’Express le 31/05/2011.

[21] « Quand l’Europe s’éveillera », article de Nicolas Weill relatif à l’essai éponyme de Laurent Cohen-Tanugi, Grasset, Le Monde, Bilan Géostratégique 2011.

[22] « Poussée de l’extrémisme en Europe », article de Marion Van Renterghem, Le Monde, Bilan Géostratégique 2011, p.144. 

[23] « L’Europe va-t-elle sortir de l’histoire ? », article de Pierre Bernard-Reymond publié le 1er septembre 2010 sur son blog, http://www.senateur-pbr.fr/

[24] Discours de François Fillon, Premier ministre, prononcé à l’occasion du diner du Cercle de la Revue des Deux Mondes le 24 janvier 2011, publié dans le numéro de mars 2011 de la Revue des Deux Mondes, voir discours intégral en annexe.

[25]  “Remarks on the Future of European Security”, Hillary Rodham Clinton, Secretary of State,

L'Ecole Militaire, Paris, France, January 29, 2010, voir discours en annexe.

[26] “the European Union is an invaluable and increasingly effective force for global progress”, dixit Hillary Rodham Clinton, op. cit.

[27] Allocution prononcée par l’amiral E. Guillaud à l’IHEDN le 20 mai 2011, tirée de l’Epaulette, n°174, Revue quadrimestrielle de l'association d'officiers éponyme.

[28] Conférence “Security and defence du 18-11-2009”, Bruxelles -  it "makes sense" for the EU and NATO to cooperate politically and militarily. 

[29] Christine Kerdellant, op. cit.

[30] « Une doctrine pour l’Europe : la stratégie européenne de sécurité », in Guide de la Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD), rédigé par la représentation française auprès du Comité politique et de sécurité de l’Union européenne avec le concours de la représentation militaire française auprès de l’Ue, Préface de S.E.M. Christine Roger, Edition novembre 2006, pp. 9 - 10.

[31] La journaliste et chroniqueuse Christine Kerdellant relève qu’ « en 2015, selon les experts de Jane’s Defense, les Etats-Unis pèseront pour 42% des dépenses militaires mondiales, contre 51% aujourd’hui. La Chine, qui était à 5% en 2010, en représentera 15%... », chronique de l’Express, op. cit.

[32] qui représentaient à eux deux 45% des dépenses militaires de l’Union des 27.

[33] « Accord de raison entre la France et le Royaume-Uni », article de Nathalie Guibert paru dans Le Monde, Bilan géostratégie 2011, p.37.

[34] Ibid.

[35] « Où en sommes nous avec la guerre ? », Editorial du numéro de mars 2011 de la Revue des Deux Mondes, op. cit.

[36] « Finaliser la transformation », général Irastorza, CEMAT, in TIM n°228 d’octobre 2011, p. 20

[37] « Priorité absolue à la préparation opérationnelle », Edito, article du général Margueron, in TIM n°228 d’octobre 2011, op. cit., p. 3.

[38] Nathalie Guibert, « La France veut ’’boxer’’ au-dessus de sa catégorie », article du Monde en date du mercredi 13 juillet 2011, pp. 6 - 7.

[39] Ibid.

[40] « Quelle armée pour la France au XXIe siècle », article du colonel F. Chauvancy qui s’exprime en son nom, Le Monde en date du mercredi 13 juillet 2011, p. 19

[41] « Finaliser la transformation », général Irastorza, op. cit.

[42] Double page L’œil du Monde, Le Monde du mercredi 13 juillet 2011, pp. 6 - 7.

[43] Titre d’un article de Nathalie Guibert publié dans Le Monde, Bilan géostratégique 2011, p.37

[44] Nathalie Guibert, « La France veut ’’boxer’’ au-dessus de sa catégorie », op. cit.

[45] Double page L’œil du Monde, op. cit.

[46] « Finaliser la transformation », général Irastorza, op. cit.

[47] « Priorité absolue à la préparation opérationnelle », Edito, article du général Margueron, op. cit.

[48] « La France devra-t-elle réduire ses ambitions stratégiques militaires », article de Nathalie Guibert, op. cit.

[49] Voir discours intégral en annexe

[50] Nathalie Guibert, « La France veut ’’boxer’’ au-dessus de sa catégorie », op. cit.

[51] « La France veut ’’boxer’’ au-dessus de sa catégorie », Nathalie Guibert, op. cit.

[52] « Quelle armée pour la France au XXIe siècle », article du colonel F. Chauvancy, op. cit.

[53] Selon le Grand Larousse Universel, tome 5, 1995, une doctrine, du latin doctrina qui signifie enseignement, méthode, est un « ensemble de croyances ou de principes traduisant une conception de l’univers, de la société, etc., constituant un système d’enseignement religieux, philosophique, politique, [militaire], et s’accompagnant souvent de la formulation de règles de pensée ou de conduite ». Cela peut être aussi une prise de position d’un individu ou d’un groupe sur un problème spécial à un moment donné.

[54] « La guerre n’est plus ce qu’elle était », réflexion du Général (c.r.) Bernard Jouishomme, op. cit.

[55] « Armée française : risque de surchauffe », article de Nathalie Guibert, publié dans Le Monde du mercredi 13 juillet 2011

[56] « La France veut ’’boxer’’ au-dessus de sa catégorie », Nathalie Guibert, op. cit.

[57] Allocution de l’amiral Guillaud, CEMA,  prononcée à l’Hôtel de Brienne le 24 mai 2011, op. cit.

[58] Ibid.

[59] Ibid.