Repères

Quelques acteurs de la relation franco-québécoise

Au cours de mes années de vie au Québec, que ce soit à l’École nationale d'administration publique du Québec, à Radio-Canada, à l'Orchestre symphonique de Montréal ou dans d'autres contextes, j'ai eu la chance de rencontrer plusieurs acteurs engagés dans la vie politique et sociale.

Michel ROBITAILLE

 

J'ai connu Michel Robitaille dans divers contextes et j'ai toujours été frappé par son dynamisme, son jugement sûr, son entregent et ses qualités humaines. Ce diplomate québécois à la carrière exemplaire a développé quarante années d'expérience dans les affaires internationales, notamment américaines, européennes et francophones. Cet homme qui fut directeur général de l'Association Québec-France, premier PDG du Centre de la francophonie des Amériques (il préside actuellement son conseil d'administration), délégué général du Québec à New-York puis à Paris, représentant personnel du Premier ministre du Québec pour la Francophonie, PDG des Offices jeunesse internationaux du Québec, etc., est un véritable pilier de la relation franco-québécoise, reconnu par la République française qui lui a décerné la Légion d'Honneur.


Lucien BOUCHARD le 25 novembre 2015 lors du lancement de l'état du Québec 2016 par l'Institut du Nouveau Monde
Lucien BOUCHARD le 25 novembre 2015 lors du lancement de l'état du Québec 2016 par l'Institut du Nouveau Monde

Lucien BOUCHARD

 

Premier chef du Bloc Québécois, cet homme complexe, imprégné par l'idée que l’État québécois est le meilleur outil d'émancipation de son peuple, a défendu devant l'Institut du Nouveau Monde le bilan de son gouvernement (1996-2001) :  « En plein cœur de ce que certains ont qualifié de croisade au déficit zéro, nous avons adopté la Loi sur l’équité salariale, mis en place le régime d’assurance médicaments, créé le réseau des garderies et une politique de sécurité du revenu, jeté les bases de la plus importante politique familiale au Canada, effectué une réforme de l’éducation et donné à l’économie sociale une impulsion qui en a fait une remarquable réussite québécoise, reconnue dans le monde ».  Retenons également de son action l'idée d'organiser, comme il l'a fait en 1996 aux lendemains de son élection, un Sommet économique et social réunissant l’ensemble de la société civile (associations, coopératives, syndicats...) dans le but de trouver des solutions pour le redressement des finances publiques et de donner un nouvel élan au Québec.


Louise BEAUDOIN à Paris le 23 octobre 2019
Louise BEAUDOIN à Paris le 23 octobre 2019

Louise BEAUDOIN

 

Elle est à mon sens la femme politique la plus brillante de sa génération. Figure majeure de la vie politique et médiatique québécoise, elle a été successivement ministre déléguée aux Affaires intergouvernementales canadiennes, ministre de la Culture et des Communications responsable de la Charte de la langue française, ministre des Relations internationales, et de la Francophonie et ministre d'État aux Relations internationales. Louise BEAUDOIN a également été déléguée générale du Québec en France. Auteure de Plaidoyer pour la diversité linguistique (2008), elle a collaboré à plusieurs ouvrages et été membre associée au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal. Officière de l’Ordre national du Québec et grande officière de la Légion d’honneur, elle assume actuellement la présidence du conseil d’administration du Regroupement des événements majeurs internationaux et s’est jointe au journal Le Devoir à titre de chroniqueuse politique en septembre 2017.


Lorsque l'on parle de la France à M. Denis CODERRE, ses yeux pétillent. C'est ce que j'ai pu constater trois semaines après qu'il eut été reçu à Paris par le Président de la République François Hollande.
Lorsque l'on parle de la France à M. Denis CODERRE, ses yeux pétillent. C'est ce que j'ai pu constater trois semaines après qu'il eut été reçu à Paris par le Président de la République François Hollande.

Denis CODERRE

 

Il faut reconnaître son activisme pour faire rayonner Montréal : le maire accueille régulièrement des délégations étrangères et positionne sa ville dans les domaines du bien vivre-ensemble, de la lutte contre la radicalisation, de l'inclusion, de l'environnement et des sports. La métropole est active au sein de la commission du vivre-ensemble de l’Association des maires francophones et dispose d’un centre de prévention de la radicalisation menant à la violence. Aux relations internationales classiques se superposent de plus en plus des relations inter-municipales : les villes coopèrent en se constituant en réseaux, comme Montréal avec Métropolis, ICLEI, SCN, le Réseau des villes créatives de l’UNESCO ou encore le Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique. L’attraction de congrès internationaux comme le Gsef (Global Social Economic Forum – Forum mondial de l’économie sociale) est un enjeu stratégique que  Montréal a bien saisi puisqu'elle est la ville la plus demandée pour la tenue de ce type d'événements en Amérique du Nord.


Le 9 octobre 2014, rencontre avec Philippe COUILLARD, accompagné par la présidente (section Québec) du Comité d’action politique France-Québec, Laurie BOUCHARD
Le 9 octobre 2014, rencontre avec Philippe COUILLARD, accompagné par la présidente (section Québec) du Comité d’action politique France-Québec, Laurie BOUCHARD

Philippe COUILLARD

 

Philippe Couillard est arrivé au pouvoir en 2014. Sa mère, Hélène Yvonne Pardé, est française. Il a la double nationalité canadienne et française. Lorsque je l'ai rencontré, nous avons abordé la question des frais universitaires et de la réciprocité dont bénéficient les étudiants québécois lorsqu’ils sont accueillis dans les universités et grandes écoles françaises. Mesurant la connaissance poussée du Premier ministre de l’histoire de France, je lui ai donné mon avis sur les proximités et les variations culturelles entre Français et Québécois. Pour l’avenir d’une relation aussi spéciale, directe et privilégiée que la nôtre, nous avons relevé l’importance stratégique des projets de développement communs, tel celui portant sur l’électrification des transports. J’ai interrogé le Premier ministre sur sa vision de la francophonie au Québec et au Canada, et je lui ai fait part de certaines de mes préoccupations en la matière.


Pierre Karl PELADEAU

 

La course à la chefferie du Parti Québécois a pris une nouvelle tournure le 24 janvier 2015 avec le retrait de Jean-François Lisée, ancien ministre du gouvernement Marois. Le parti est entré dans le temps du débat d'idées. A cet égard, les propositions institutionnelles du député de Lac-Saint-Jean Alexandre Cloutier méritaient d'être débattues pour offrir davantage de liberté politique aux Québécois.

À l'issue du vote, qui s'est tenu du 13 au 15 mai 2015, Pierre Karl Péladeau a été élu chef du parti. Cet homme s'intéresse de près à la France où il a vécu dans sa jeunesse. Mes échanges avec lui furent empreints d'une grande courtoisie. Sa tâche ne fut pas facile mais il n'empêche que PKP est un acteur important de la vie sociale québécoise, ami des artistes et personnalité foncièrement attachante.


Alexandre CLOUTIER

 

Jeune député de Lac-Saint-Jean élu à 30 ans, Alexandre CLOUTIER a été ministre délégué aux Affaires intergouvernementales de 2012 à 2014, au sein du gouvernement de Pauline MAROIS. Par sa formation, il maîtrise particulièrement le droit constitutionnel et le droit international public, ce qui fait de lui une tête pensante du Parti québécois. Lors de la dernière course à la chefferie de ce parti en mai 2015, il a terminé deuxième avec plus de 29% des votes, derrière Pierre Karl PELADEAU. Depuis la démission de ce-dernier, Alexandre CLOUTIER a fait partie des trois candidats pressentis pour être chef - avec Véronique HIVON et Jean-François LISEE - pour prendre la tête du parti. Lors de cette campagne, il avait promis de lancer huit grands chantiers sectoriels de réflexion sur l'opportunité de l'indépendance. Finalement, c'est M. LISEE qui l'a emporté ; toutefois, Alexandre CLOUTIER n'a pas dit son dernier mot.


Rémy TRUDEL

 

Homme de terrain, fondateur et premier recteur de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, ex-député (parti québécois) de Rouyn-Noranda-Témiscamingue de 1989 à 2003, Rémy Trudel est un universitaire et un homme politique profondément généreux et préoccupé par le bien public. Il a dirigé plusieurs ministères, dont les Affaires municipales, l'Agriculture, les Pêcheries et l'Alimentation, ainsi que la Santé et les services sociaux. Professeur à l’École nationale d'administration publique (où j'ai eu la chance de l'avoir comme professeur pour les cours de Principes et enjeux de l'Administration publique et Communications publiques, interactions médias et prise de décision), excellent pédagogue, il a été également un fin commentateur politique sur les ondes de ICI RDI Radio-Canada, à l'émission Les Ex. Ses étudiants connaissent son implication et sa passion et lui vouent généralement une grande reconnaissance.


Jacques ROBERT

 

Ses années vécues au Québec dépassent celles passées en France, où il est né. Jacques Robert a émigré dans la Belle Province et y a construit sa vie, entre mode, photographie, musique, implication sociale et goût de l'amitié. Ce pilier de la communauté française de Montréal a été pendant une décennie le président de l'Orchestre de la francophonie. Il préside désormais la Société d'Entraide des Membres de la Légion d'Honneur à Montréal. J'ai le bonheur de le compter parmi mes plus fidèles amis. Doté de rares qualités humaines et artistiques, Jacques est un facilitateur qui crée du lien partout où il passe. Tous apprécient ses valeurs humaines, sa grande courtoisie et sa culture.

 


Rencontre avec la ministre Kathleen Weil en octobre 2014 dans le cadre du comité d'action politique France-Québec (CAP FQ)
Rencontre avec la ministre Kathleen Weil en octobre 2014 dans le cadre du comité d'action politique France-Québec (CAP FQ)

Kathleen WEIL

 

Le Québec compense le vieillissement de sa population par l'apport d'une main d’œuvre qualifiée sachant parler français. J'ai eu l'occasion de m'entretenir avec Kathleen WEIL, ministre de l'immigration, de la diversité et de l'inclusion, sur le dossier de la reconnaissance des acquis professionnels et sur le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), conçu spécialement pour les travailleurs temporaires occupant un emploi spécialisé au Québec et les étudiants étrangers diplômés du Québec. J'ai évoqué la question d'une possible augmentation des droits d'inscriptions universitaires pour les étudiants français qui aurait pour effet de décourager certains talents de choisir le Québec et lui ai fait part de l’idée que des droits d'inscriptions modérés constituaient un investissement d'avenir. La Ministre a cité l'Entente franco-québécoise de mobilité, facilitant les démarches d'une quarantaine de professions réglementées, comme étant l'une des grandes réussites de son ministère.