Repères

L'action internationale du Québec

Avec Madame Christine St-Pierre, ministre des relations internationales et de la francophonie du Québec
Avec Madame Christine St-Pierre, ministre des relations internationales et de la francophonie du Québec

Depuis que le vice-premier ministre Paul Gérin-Lajoie a acté le prolongement international des compétences internes du Québec en 1965, cet État fédéré de 8,1 millions d'habitants a démontré qu'il pouvait exercer une influence sur la scène mondiale. En particulier, il a su mobiliser la communauté internationale pour faire adopter à l'UNESCO en 2005 la Convention internationale sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

 

Le Québec exprime ses positions dans les forums internationaux lorsque ses compétences (culture, santé, éducation, environnement...) sont concernées. Il est aussi en droit de participer à l'élaboration des positions canadiennes dans les négociations internationales. Les accords de commerce, par exemple, touchent certains champs de responsabilité du gouvernement québécois, tels que les marchés publics, les normes du travail, les services, la formation ou les équivalences professionnelles.

 

Dans le domaine de l'environnement, le Québec a joué un rôle majeur à la COP 21 pour rassembler les entités infra-étatiques, les régions et les États fédérés autour d'objectifs communs. En 2014, il s'est montré pionnier en créant le plus grand marché du carbone transfrontalier en Amérique du Nord. En outre, le Québec entretient des relations bilatérales avec 18 pays. Celles, privilégiées, avec la France, ont atteint un degré de densité incomparable. Le gouvernement prend appui sur sa Délégation générale à Bruxelles pour nouer des contacts étroits avec les institutions européennes. Les États-Unis, le Japon et le Mexique sont également des partenaires de longue date. Le gouvernement dispose aussi d'un représentant en Chine. Au total, le réseau diplomatique québécois compte une trentaine de représentations à l'étranger.

 

L'action du Québec à l'international prend différentes formes. Par exemple, la ministre des relations internationales et de la francophonie Christine ST-PIERRE a impulsé la tenue d’une grande conférence internationale intitulée Internet et la radicalisation des jeunes : prévenir, agir et vivre ensemble. La représentante du gouvernement du Québec au sein de la Délégation permanente du Canada auprès de l’UNESCO Line BEAUCHAMP a précisé que cette conférence, placée sous l’égide de l’UNESCO, réunira plusieurs centaines d’experts mondiaux sur la radicalisation, dossier sur lequel le Québec se positionne de plus en plus de façon crédible. En la matière, le Québec peut en effet s’appuyer sur son plan d’action gouvernemental 2015 – 2018 contre la radicalisation, ainsi que sur le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV) basé à Montréal, mis sous le feu des projecteurs par la visite du Secrétaire général des Nations Unies Ban KI-MOON.

 

Cette conférence s'inscrit dans la continuité de la conférence internationale de l’UNESCO organisée en juin 2015 à Paris intitulée Les jeunes et l’Internet : combattre la radicalisation et l’extrémisme, qui avait réuni des participants de 70 pays et abouti à un cadre d’action intégré visant à partager des politiques pour contrer l’usage d’Internet comme outil de radicalisation des jeunes.

Focus sur l’action du Québec au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, l’action du Québec se concentre sur les secteurs des relations politiques, institutionnelles, économiques et culturelles. Il s'agit notamment de faire connaître les occasions d’investissements et de coopération avec le Québec aux dirigeants économiques, politiques et les médias. La Délégation générale du Québec à Londres (DGQL) coopère pour cela depuis plusieurs années avec la Chambre de commerce Canada-Royaume-Uni, le cercle de réflexion Chatham House, le British Council. La tradition veut que le ministre des Finances se rende à Londres annuellement pour y rencontrer des gens d’affaire et prononcer un discours dans la City. Il est aussi de coutume que le ministre québécois de l’Économie et de l’Innovation se rende, tous les deux ans, au Salon aéronautique de Farnborough.

 

La délégation générale agit également à titre d’interface lors des visites officielles de personnalités québécoises au Royaume-Uni et dans les pays nordiques et de personnalités britanniques au Québec (ministres, premiers ministres, parlementaires, membres de la famille royale, etc.). Par exemple, le président du Parlement écossais, M. Alex FERGUSSON est venu souligner en 2009 le Jour du tartan à l’Assemblée nationale du Québec. Le 17 septembre 2008, le haut-commissaire du Royaume-Uni au Canada, M. Anthony Cary, a remis au président de l’Assemblée nationale et à la ministre des Relations internationales responsable de la Francophonie un fac-similé de l’Acte de Québec de 1774, legs du gouvernement britannique à l’occasion du 400e anniversaire de la ville de Québec.

 

Un programme d’échange d’assistants de langue a été mis en œuvre en 1980. Celui-ci prévoit qu’une soixantaine de Québécois et Britanniques sont affectés chaque année à des postes de soutien en enseignement du français et de l’anglais langue seconde au Royaume-Uni et au Québec.Ce programme a été intégré à une entente de coopération plus globale signée à Londres en avril 2002 entre le Gouvernement du Québec et le British Council. Trois secteurs de coopération ont alors été ciblés : les sciences, l’éducation et la technologie.

 

Le Délégué général du Québec au Royaume-Uni,  John Anthony COLEMAN, m’a aimablement invité à partager une discussion lors de mon passage à Londres, le 27 juillet 2018. Nos échanges ont porté sur la métropolisation des relations internationales, sur les liens entre la Francophonie et le Commonwealth ainsi que sur l’action du Québec au Royaume-Uni et dans les pays nordiques, particulièrement en ce qui concerne la promotion des départements d’études québécoises dans les universités de ces pays et la mise en relation des jeunes. J’ai également profité de mon passage à Londres pour rencontrer la directrice générale de la Royal Commonwealth Society, Madame Anneth PRANDZIOCH.