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La visite du Général de Gaulle au Québec en 1967

 

Diplômé de l’Institut d’Études politiques de Paris, major de sa promotion à l’École nationale d'administration, cinq fois ambassadeur de France, directeur au ministère des Affaires étrangères, officier de l’Ordre national du Québec, Bernard Dorin est un ardent défenseur de la Francophonie.

 

C'est lui qui a préparé la visite et a accompagné le Président de la République française Charles de Gaulle au Québec en 1967. Le 3 décembre 2013 à la Délégation générale du Québec à Paris, il a livré un témoignage précieux sur ce voyage historique. J'y étais.

Bernard Dorin a organisé ce déplacement historique en étroite concertation avec le président de Gaulle. Il lui communiquait chaque semaine un compte-rendu sur la situation au Québec. A partir de la mi-juin, le Général le faisait appeler dans son bureau élyséen. Pour la planification de son trajet, il dit : "je veux voir des gens!" (exit donc le trajet de nuit prévu sur le fleuve St Laurent avec des feux de joie). Il voulut prendre la route construite par Louis XV sur la rive gauche du fleuve et il traversa des villages où il vit tous les habitants en liesse. L'excitation était à son combre lorsqu'il arriva à Montréal. 

 

Le discours au balcon : "Vive le Québec libre !"

 

Le discours de Charles de Gaulle au balcon de l'Hôtel de Ville de Montréal est l'un des trois grands discours prononcés par le Général hors de France, avec ceux de Libreville et de Phnom Penh. Trois discours sur la liberté et l'identité. Opportuniste - au bon sens du terme -, de Gaulle savait saisir l'occasion. Il était dans l'Histoire et la faisait. A Montréal, il ne s'est pas laissé comme on a pu le dire, emporter par l'émotion. Sa formule "Vive le Québec libre" était calculée, selon Dorin. Il a eu l'intuition que le Québec était une nation et qu' "à toute nation doit correspondre un État", comme il se plaisait à dire. "C'est la prolongation de notre destin national", a-t-il confié à Dorin. Six à sept millions de francophones en Amérique, ils sont d'autant plus précieux qu'ils sont rares, a-t-il ajouté.