Une relation économique

Plus de 330 filiales d'entreprises françaises ont des activités au Québec ; elles y génèrent un chiffre d'affaires de 19 milliards de dollars et emploient quelque 15 000 personnes. En France, 161 entreprises québécoises emploient quant à elles plus de 13 000 personnes. La France est le premier marché culturel du Québec et son second marché touristique.

« Les secteurs d’avenir » au coeur des échanges France-Québec

À l’occasion de la visite officielle du Premier ministre québécois en France, plusieurs ententes entre institutions, entreprises et centres de recherche français et québécois ont été signées, mercredi 7 mars à la Chambre de commerce et d’industrie de Paris IDF (CCI). La Déléguée générale du Québec à Paris, Line Beauchamp, en parfaite maîtresse de cérémonie, a conduit le bal de ces annonces partenariales, tradition des visites alternées des premiers ministres québécois en France.

L’économie circulaire et l’intelligence artificielle étaient à l’honneur. Visiblement, la coopération économique franco-québécoise évolue vers ce que le Secrétaire d’Etat français, Jean-Baptiste Lemoyne a qualifié de « nouvelle économie » et de « secteurs d’avenir ». Les échanges de bonnes pratiques, d’expertise et de savoir-faire en matière d’environnement et d’économie circulaire seront désormais favorisés par un partenariat conclu entre l’Institut de l’environnement, du développement durable et de l’économie circulaire basé à Montréal d’une part et le Centre International de Ressources et d’Innovation pour le Développement Durable, situé à Saint-Etienne, de l’autre. Par cet accord de coopération, le Québec rejoint le Réseau international de plateformes de l’économie circulaire.

 

Derichebourg, du Québec à la France

 

L’entreprise française Derichebourg Environnement, implantée à Montréal et Gatineau depuis janvier 2016, a annoncé que son partenariat avec le québécois Effenco, en vigueur depuis octobre 2016 dans la province, visant à réduire les GES de ses véhicules, allait s’étendre en France. Le déploiement de la technologie hybride-électrique novatrice, Active Stop-Start, permettant de rendre sa collecte des déchets plus responsable, se fera en concertation avec ses clients actuels ou lors du développement de l’entreprise sur de nouveaux marchés.

 

« Nous travaillons régulièrement avec des entreprises locales innovantes qui nous permettent d’améliorer les performances, notamment écologiques, de notre flotte. La technologie Active Stop-StartMC d’Effenco a fait ses preuves au Québec et nous sommes heureux d’étendre notre partenariat en France. », a indiqué Thomas Derichebourg, Président de Derichebourg Environnement.

 

Échanges numériques en vue

 

La valorisation des données, l’intelligence artificielle, la génomique et l’accompagnement des jeunes pousses ont également fait l’objet d’accords qui porteront sur la recherche et le développement d’affaires. Philippe Couillard a profité de l’occasion pour annoncer la tenue au Québec à l’automne 2018 d’une grande conférence internationale sur les implications sociales et sociétales de l’intelligence artificielle. De plus, le premier ministre a annoncé que le Gouvernement du Québec soutiendra l’accompagnement, pour de courts séjours, de 50 startups québécoises en France, par le biais d’un parcours numérique Québec-France. Cette initiative permettra également à 50 startups françaises de visiter le Québec et donc de faciliter le maillage d’entreprises.

 

« La relation franco-québécoise n’est pas une nostalgie, mais une envie »

 

Dans le contexte de l’entrée en vigueur provisoire de l’AECG, les autorités françaises et québécoises ont parlé d’une même voix pour souligner les opportunités d’affaires nouvelles que cet accord allait ouvrir pour les petites et les moyennes entreprises, particulièrement dans les domaines des normes et des certifications. Les écoles de commerce Hec Montréal et ESCP Europe ont officialisé la mise en place d’un double diplôme en gestion, ce qui concorde avec l’objectif affirmé par le Premier ministre Couillard et le Président Macron d’ouvrir davantage les grandes écoles françaises aux étudiants québécois.

 

Jean-Baptiste Lemoyne, rappelant qu’il avait été stagiaire au ministère des Relations internationales et de la francophonie du Québec, a considéré que « la relation franco-québécoise n’est pas une nostalgie, mais une envie », celle d’aller ensemble à la conquête du XXIe siècle et de développer « des relations économiques teintées d’éthique ». Le Premier ministre québécois a quant a lui insisté sur l’importance « que nos jeunesses se fréquentent » et que « nos régions, en France et au Québec, participent pleinement à l’élan des nouvelles technologies ». 

Immigration économique et entrepreneuriat

J'ai eu le plaisir, le 24 octobre 2016, d'animer une table-ronde sur l'immigration économique et l'entrepreneuriat. Le sujet de la table-ronde, à savoir « l’entrepreneuriat et les communautés ethniques : défis et opportunités pour accroître la prospérité », est d'une importance capitale. En effet, si l'on souhaite que chaque immigrant et descendant d’immigrant trouve sa place dans la société, l’entrepreneuriat est un moyen privilégié de créer de la valeur et de démontrer son dynamisme et sa volonté d’intégration. Historiquement, le Québec est une société qui s’est construite grâce à l’apport de femmes et d'hommes venus d'horizons variés et qui ont participé à la prospérité commune. 

 

Il faut néanmoins être lucide : des difficultés peuvent se poser quand on veut travailler et s’intégrer au Québec. Mais il y a des opportunités. Des marchés porteurs. Des portes auxquelles frapper quand on veut entreprendre, mener à bien des projets. Comment identifier ces opportunités? Quelles pratiques et outils utiliser ? Comment se démarquer ? Ce furent quelques unes des problématiques abordées dans le cadre de cette table-ronde. Y ont participé :   

  • M. Yves-Thomas Dorval, président-directeur général du Conseil du patronat du Québec
  • M. Saul Polo, député de Laval-des-Rapides, adjoint parlementaire de la ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation ;
  • M. Tarak Miled, Directeur de portefeuille principal chez Investissement Québec
  • Mme Marcelina Jugureanu, présidente et fondatrice de MJ Feed Mill Systems Inc et directrice générale de la chambre de commerce et d’industrie Royal Roussillon.

La discussion, en trois temps, a porté sur les opportunités d’affaires et les marchés en essor du Québec ;  sur les outils et les astuces pour démarrer et concrétiser un projet entrepreneurial ;  enfin sur les bonnes pratiques et les stratégies pour se démarquer.

 

Un problème de rétention des étudiants et des travailleurs étrangers

 

La population québécoise est vieillissante. Le renouvellement générationnel est un impératif, qui doit se faire selon les valeurs fondamentales du Québec, et prioritairement en langue française. M. Dorval a bien souligné le problème que rencontre le Québec pour retenir les étudiants et travailleurs qualifiés étrangers, qui sont au nombre de 28 000 à 30 000. Sur ce nombre, seuls 350 ont recours au programme d'immigrant entrepreneur. C'est pour remédier à ce problème que le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a mené une étude intéressante intitulée "L'immigration économique : un riche potentiel de prospérité pour le Québec".

 

Du côté des travailleurs qualifiés, le Québec a encore un long chemin à parcourir avec un taux de chômage des immigrants très récents (cinq ans ou moins) trois fois et demie supérieur à celui des personnes nées au Canada.

 

Inciter les étudiants étrangers à demeurer sur le territoire québécois nécessiterait de baliser des sentiers clairs vers le marché du travail, et notamment vers les secteurs de pointe (aérospatiale, technologies de l'information et de la communication, ingénierie, pharmaceutique, jeux vidéos...) qui ont besoin de main-d’œuvre qualifiée. Pour cela, il faut faire en sorte que les étudiants étrangers soient mieux compris dans leurs besoins et leurs aspirations, mais aussi mieux informés, mieux orientés et mieux accueillis.

 

Quant aux entrepreneurs, le quota d'admissions est jugé trop faible et l'intégration des entrepreneurs aux réseaux d'affaires du Québec pourrait être améliorée. Parmi les nouveaux arrivants, 90% sont des travailleurs qualifiés et 8% des gens d'affaires, qu'ils soient des investisseurs ou des entrepreneurs et des travailleurs autonomes.

 

L'étude du CPQ préconise de renforcer le dialogue entre les ministères de l'économie et de l'immigration, de réduire de façon significative les délais de traitement de tous les programmes administratifs, d'apporter plus de support aux demandes par Internet et de fournir des explications plus transparentes.

 

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Je remercie l'équipe de la Chambre de commerce roumaine et tous les participants pour leur contribution à cet événement.

Cette chambre a vocation à devenir un pont supplémentaire entre l’Europe et l'Amérique, dont le Québec est une porte d'entrée. Le Québec représente d'ailleurs un tiers des échanges commerciaux entre la Roumanie et le Canada. Pays-membre de l’organisation internationale de la francophonie depuis 1993, la Roumanie compte 4,7 millions de francophones, qui sont un atout majeur pour commercer et établir des liens à la fois économiques mais aussi culturels et humains avec la Belle province. La communauté roumaine est estimée à plus de 30 000 personnes au Québec. 

Villes et changements climatiques

 

Discours de clôture du colloque franco-québécois Villes et changements climatiques, prononcé le 28 octobre 2015. 

 

Permettez-moi de remercier tous les acteurs de ce colloque qui contribue à la vitalité des échanges franco-québécois. Je veux souligner l’activisme du réseau diplomatique français et la mobilisation de l’appareil étatique et territorial en vue de la réussite de la COP 21.

  

1. Des initiatives positives en France et au Québec

 

La France a une responsabilité particulière pour préserver la très riche biodiversité et les écosystèmes exceptionnels de son territoire, à l’instar des récifs coralliens et des forêts tropicales. 80% de la biodiversité française se trouve outre-mer. La France est le seul pays au monde à avoir sous sa protection des récifs coralliens dans trois des cinq océans du globe (Atlantique, Indien, Pacifique). Dans le monde, 60% des récifs coralliens sont menacés [Reef at Risk, WRI, 2011] « car les émissions de carbone ne transforment pas seulement l’atmosphère, mais bouleversent aussi le pH des océans. Or les coraux sont très sensibles à cette acidification » [Le Point 2242, 27 août 2015, p. 63]. Si nous ne faisons rien, ces récifs grouillants de vie auront disparu dans vingt ou cinquante ans. Depuis plus de dix ans, l’IFRECOR, l’initiative française pour les récifs coralliens, protège et gère durablement ce patrimoine naturel inestimable. Un kilomètre carré de récif corallien contient plus d’espèces animales et végétales que tout le littoral européen !

 

Ici au Québec, des initiatives salutaires ont été mises en place. Un certain volontarisme politique a permis que 90% de l’énergie produite au Québec soit propre, grâce à l’hydroélectricité. Un effort particulier a été engagé pour l’électrification des transports. En 2014, un marché du carbone a été mis en place avec la Californie et l’Ontario. Ce marché suscite aujourd’hui l’intérêt du Mexique. Cette année, le système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre (GES) couvrira 85% des émissions du Québec.  

  

2. Anticiper les changements et planifier des villes durables

 

Pour les décideurs du XXIe siècle, les bouleversements climatiques imposent de repenser les modèles décisionnels à l’aune de l’exigence de réduction drastique des GES, de la prévention et de la mitigation des effets – déjà ressentis - de ces bouleversements climatiques, sachant que des variations de température, même modérées, provoquent une recrudescence des phénomènes météorologiques violents (vagues de chaleur, tempêtes, ouragans, inondations…).

 

Dans ce contexte, « l’adaptation des villes à l’accroissement de l’intensité ou de la fréquence de certains aléas climatiques constitue donc un enjeu important pour l’avenir de nos sociétés » [Rapport annuel de l’Iddri, 2010]. L’enjeu est de concevoir des schémas d’aménagement durables, de limiter l’étalement urbain et de prévoir des espaces sanctuarisés pour la biodiversité, les principaux facteurs d’érosion de celle-ci étant la conversion des sols, la surexploitation, la pollution et les changements climatiques. Tandis que l’urbanisation anarchique gagne du terrain dans le monde et que l’aménagement de villes durables offrant des conditions de vie décentes à chacun est un enjeu majeur, les principes du développement durable et ceux de l’équité sociale doivent converger pour inventer un nouveau modèle urbain. 

 

3. Volonté politique et mobilisation citoyenne

 

Des mesures s’imposent : premièrement, supprimer les subventions publiques néfastes à l’environnement et à la biodiversité, celles qui favorisent les énergies fossiles, la pêche industrielle, l’étalement urbain, l’agriculture intensive, etc. ; deuxièmement, mettre en place de grandes infrastructures, notamment de transport collectif électrifié ; troisièmement, intégrer dans les politiques publiques des critères d’efficacité énergétique, de décarbonisation et de diversification énergétique.

 

Au-delà des acteurs publics, la mobilisation que nous appelons de nos vœux doit associer toutes les forces vives de la société : les ONG, les associations, les coopératives, les entreprises responsables, etc., pour mettre en place des solutions concrètes, opérationnelles et concertées sur les territoires. C’est en partenariat avec les populations locales que l’on mettra en œuvre les solutions les plus intelligentes et les mieux adaptées.

 

Vous le savez, je suis convaincu de l’impact positif des coopératives - le mouvement des SCOP en France - pour mettre en place une économie circulaire basée sur des circuits courts, une économie non-délocalisable et plus démocratique. Il faut convertir nos appareils productifs à l’économie circulaire, de sorte que le fonctionnement de l’économie rejoigne les exigences environnementales. Je veux saluer le rôle de la Coop Carbone au Québec qui offre des solutions aux entreprises pour maximiser leur efficacité énergétique.

 

4. A problème mondial, solutions mondiales

 

A l’échelle internationale, de grands projets de développement pourraient voir le jour, à l’exemple de l’ambitieux projet panafricain de muraille verte au Sahel. Le reboisement et l’agriculture durable permettraient de lutter contre la désertification. Des grandes réserves de biodiversité pourraient être crées sous l’égide des Nations-Unies. Une stratégie mondiale de préservation des pôles arctique et antarctique ferait l’objet d’une convention comme celle de Nagoya. En somme, il importe de faire feu de tout bois – sans produire de GES ! – pour empêcher la survenue d’un monde qui n’est pas souhaitable. Cet enjeu est tout à la fois local et global. Il est en tout cas crucial pour la qualité de vie et la santé des générations futures.

 

Un grand rendez-vous aura lieu à Paris en décembre, afin d’aboutir à un accord de réduction des GES qui sera, espérons-le, non seulement ambitieux mais aussi accompagné d’un vade-mecum de solutions concrètes. Chacun dans cette salle, vous êtes les ambassadeurs de cette conférence. Vous personnifiez, par votre présence, la nécessaire mobilisation des citoyens. Soyons des agents du changement. Alors, gens du pays, c’est votre tour d’agir. Aux arbres citoyens ! 

La mission économique d’Alain Juppé au Québec

Le maire de Bordeaux a mené une importante mission économique au Québec du 26 août au 1er septembre 2015 dans le cadre de l’événement Bordeaux fête le vin à Québec. Accompagné de chefs d’entreprises du numérique, d’une soixantaine de vignerons et de négociants, ainsi que des présidents de la Chambre de Commerce et d’Industrie, de l’Office de Tourisme, de Bordeaux Gironde Investissement et des représentants du Barreau et du Grand Port Maritime de Bordeaux, il a assisté à plusieurs animations et rendez-vous d’affaires avec la Ville de Québec, la Chambre de Commerce et d’Industrie, Québec International et Québec Numérique. Une journée de prospection commerciale a également été conduite à Montréal. Depuis 1962, les villes jumelles de Québec et de Bordeaux ont développé un très grand nombre d'actions de coopération tant sur les plans culturel, qu'éducatif et économique. Alain Juppé connaît bien le Québec pour y avoir vécu et avoir enseigné à l'École nationale d’administration publique.