Une relation politique

Au niveau gouvernemental, un dialogue privilégié s'opère, d’État développé à État développé. Depuis les années 1970, les premiers ministres français et québécois se rencontrent dans le cadre de visites alternées régulières. De très nombreuses ententes bilatérales ont été signées. 

La délégation générale du Québec à Paris

Le Québec dispose d'une Délégation générale à Paris, inaugurée le 5 octobre 1961 et qui jouit des privilèges et immunités habituellement accordées aux ambassades. Véritable « vaisseau amiral » du dispositif diplomatique québécois, opérateur majeur de notre relation privilégiée, la DGQC à Paris assure les communications avec le gouvernement français et la société civile. Plateforme de promotion de l'économie et de la culture québécoise en France, à Monaco et, par extension, en Europe, elle joue un rôle irremplaçable pour valoriser les atouts du Québec à l'international.

Le consulat général de France à Québec

La France dispose de deux consulats généraux au Québec, l'un à Montréal et l'autre à Québec. Mais c'est particulièrement le consulat de France à Québec qui est chargé d'assurer les communications de gouvernement à gouvernement. Présent depuis 1858, le CGF à Québec assume en effet non seulement des fonctions consulaires mais aussi politiques. Ce statut particulier lui permet d’entretenir des relations directes avec le Quai d’Orsay, sans passer par l’ambassade de France au Canada, tenue informée des correspondances échangées.


Le Comité d'action politique France-Québec (CAP FQ)

Déplacement du Cap FQ (section France) à Ottawa

Nous nous sommes rendus le 04 octobre 2014 à la Chambre des communes du Canada. Notre groupe a été reçu par M. Emmanuel Dubourg (libéral), qui nous a parlé de sa conception de l’engagement et de son travail quotidien de député. Nous avons également échangé sur les liens entre le Canada, la France et Haïti, sur la Francophonie canadienne et sur des questions fiscales et budgétaires. L’après-midi, après avoir assisté au discours du Premier ministre Stephen Harper sur l’engagement des forces canadiennes en Irak, nous avons rencontré Mme Alexandrine Latendresse, députée (NPD) de Louis-Saint-Laurent, membre de l’association parlementaire Canada-Europe. Nous nous sommes entretenus notamment de la place des jeunes en politique, de la représentativité du Parlement et de la situation du bilinguisme au Canada.

 

Cette jeune députée de 30 ans est d’ailleurs à l’origine de la Loi sur les compétences linguistiques, sanctionnée le 26 juin 2013, rendant nécessaire la capacité de comprendre et de parler clairement le français et l’anglais pour prétendre exercer certaines hautes fonctions canadiennes (vérificateur général du Canada, directeur général des élections, commissaire aux langues officielles du Canada, commissaire à la protection de la vie privée, commissaire à l’information, conseiller sénatorial en éthique, commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique, commissaire au lobbying, commissaire à l'intégrité du secteur public et président de la Commission de la fonction publique). 

Notre délégation a grandement apprécié la disponibilité de ces deux députés et le caractère sympathique de nos échanges.

Le CAP FQ (section Québec) à Sciences Po Paris

J'ai eu le plaisir d'accueillir la délégation québécoise 2014 du Comité d'action politique France Québec (CAP FQ) à Sciences Po Paris le 27 mai 2014, en marge de la Conférence que j'ai animé sur le rôle de l'OCDE dans la gouvernance mondiale, en présence de Madame Pascale Andréani (au centre), représentante permanente de la France à l'OCDE.

 

 

 


RENCONTRES MARQUANTES

Lucien Bouchard, ancien Premier ministre

Le 25 novembre 2015
Le 25 novembre 2015

Premier chef du Bloc Québécois, cet homme complexe, imprégné par l'idée que l’État québécois est le meilleur outil d'émancipation de son peuple, a défendu devant l'Institut du Nouveau Monde le bilan de son gouvernement (1996-2001) :  « En plein cœur de ce que certains ont qualifié de croisade au déficit zéro, nous avons adopté la Loi sur l’équité salariale, mis en place le régime d’assurance médicaments, créé le réseau des garderies et une politique de sécurité du revenu, jeté les bases de la plus importante politique familiale au Canada, effectué une réforme de l’éducation et donné à l’économie sociale une impulsion qui en a fait une remarquable réussite québécoise, reconnue dans le monde ». Je retiens également de son action l'idée d'organiser, comme il l'a fait en 1996 aux lendemains de son élection, un Sommet économique et social réunissant l’ensemble de la société civile (associations, coopératives, syndicats...) dans le but de trouver des solutions pour le redressement des finances publiques et de donner un nouvel élan au Québec.


Denis Coderre, maire de Montréal

Lorsque l'on parle de la France à M. Denis Coderre, ses yeux pétillent. C'est ce que j'ai pu constater trois semaines après qu'il eut été reçu à Paris par le Président de la République. Il faut reconnaître son activisme pour faire rayonner Montréal : le maire accueille régulièrement des délégations étrangères et positionne sa ville dans les domaines du bien vivre-ensemble, de la lutte contre la radicalisation, de l'inclusion, de l'environnement et des sports. La métropole est active au sein de la commission du vivre-ensemble de l’Association des maires francophones (AIMF) et dispose d’un centre de prévention de la radicalisation menant à la violence. Aux relations internationales classiques se superposent de plus en plus des relations inter-municipales : les villes coopèrent en se constituant en réseaux, comme Montréal avec Métropolis, ICLEI, SCN, le Réseau des villes créatives de l’UNESCO ou encore le Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique. L’attraction de congrès internationaux comme le Gsef (Global Social Economic Forum – Forum mondial de l’économie sociale) est un enjeu stratégique que  Montréal a bien saisi puisqu'elle est la ville la plus demandée pour la tenue de ce type d'événements en Amérique du Nord.


Kathleen Weil, ministre de l'immigration

Octobre 2014
Octobre 2014

Le Québec compense le vieillissement de sa population par l'apport d'une main d’œuvre qualifiée sachant parler français. J'ai eu l'occasion de m'entretenir avec Mme Kathleen Weil, ministre de l'immigration, de la diversité et de l'inclusion, sur le dossier de la reconnaissance des acquis professionnels et sur le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) - ce-dernier étant conçu spécialement pour les travailleurs temporaires occupant un emploi spécialisé au Québec et les étudiants étrangers diplômés du Québec.  J'ai évoqué la question d'une possible augmentation des droits d'inscriptions universitaires pour les étudiants français qui aurait pour effet de décourager certains talents de choisir le Québec et lui ai fait part de l’idée que des droits d'inscriptions modérés constituaient un investissement d'avenir. La Ministre a cité l'Entente franco-québécoise de mobilité, facilitant les démarches d'une quarantaine de professions réglementées, comme étant l'une des grandes réussites de son ministère.


Philippe Couillard, Premier ministre

La communauté française établie au Québec est estimée à 120.000 personnes, soit plus des deux tiers des Français installés au Canada, selon le Consulat français. Parmi eux figurent un grand nombre d’étudiants, qui sont une chance pour l'économie du Québec. Avec le Premier Ministre, nous avons abordé la question de leurs frais universitaires et de la réciprocité dont bénéficient les étudiants québécois lorsqu’ils sont accueillis dans les universités et grandes écoles françaises.

M. Couillard est arrivé au pouvoir en 2014. Sa mère, Hélène Yvonne Pardé, est française. M. Couillard a la double nationalité canadienne et française. Mesurant la connaissance poussée du Premier ministre de l’histoire de France, je lui ai donné mon avis sur les proximités et les variations culturelles entre Français et Québécois. Pour l’avenir d’une relation aussi spéciale, directe et privilégiée que la nôtre, nous avons relevé l’importance stratégique des projets de développement communs, tel celui portant sur l’électrification des transports. J’ai interrogé le Premier ministre sur sa vision de la francophonie au Québec et au Canada, et je lui ai fait part de certaines de mes préoccupations en la matière. Le 9 octobre 2014, accompagné par la présidente (section Québec) du Comité d’action politique France-Québec, Mme Laurie Bouchard


Alexandre Cloutier, député

Jeune député de Lac-Saint-Jean élu à 30 ans, Alexandre Cloutier a été ministre délégué aux Affaires intergouvernementales de 2012 à 2014, au sein du gouvernement de Pauline Marois. Par sa formation, il maîtrise particulièrement le droit constitutionnel et le droit international public, ce qui fait de lui une tête pensante du Parti québécois.

Lors de la dernière course à la chefferie de ce parti en mai 2015, il a terminé deuxième avec plus de 29% des votes, derrière M. Pierre Karl Péladeau. Depuis la démission de ce-dernier, Alexandre Cloutier a fait partie des trois candidats pressentis pour être chef - avec Mme Véronique Hivon et M. Jean-François Lisée - pour prendre la tête du parti. Lors de cette campagne, il avait promis de lancer huit grands chantiers sectoriels de réflexion sur l'opportunité de l'indépendance. Finalement, c'est M. Lisée qui l'a emporté ; toutefois, Alexandre Cloutier n'a pas dit son dernier mot et son avenir est prometteur.


Rémy Trudel, ancien ministre

Homme de terrain, fondateur et premier recteur de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, ex-député (parti québécois) de Rouyn-Noranda-Témiscamingue de 1989 à 2003, Rémy Trudel est un universitaire et un homme politique profondément généreux et préoccupé par le bien public.

Il a dirigé plusieurs ministères, dont les Affaires municipales, l'Agriculture, les Pêcheries et l'Alimentation, ainsi que la Santé et les services sociaux. Professeur à l’École nationale d'administration publique (où j'ai eu la chance de l'avoir comme professeur pour les cours de principes et enjeux de l'Administration publique et Communications publiques, interactions médias et prise de décision), excellent pédagogue, il a été également un fin commentateur politique sur les ondes de ICI RDI Radio-Canada, à l'émission Les Ex. Ses étudiants connaissent son implication et sa passion et lui vouent généralement une grande admiration et une grande sympathie.