Québec-France: un lien indéfectible

Ma tribune avec Louise Beaudoin, ancienne ministre des relations internationales et de la francophonie du Québec, publiée le 28 janvier 2019 dans Le Devoir

La semaine dernière à Paris, le premier ministre François Legault a démontré sa volonté d’assurer la continuité et la prospérité de la relation franco-québécoise. Il faut s’en réjouir. Mais au-delà de l’aspect économique qui est mis en avant comme le mantra de cette coopération renouvelée, nous avons à cœur de redire notre attachement à une relation complète, moderne et efficace entre le Québec et la France,sans esprit d’exclusive.

 

 

Sur le plan économique, François Legault a raison de vouloir redoubler d’ambition. En annonçant la mise en place de missions commerciales ciblées, de filières d’excellences et de grappes industrielles franco-québécoises, sa volonté de décupler les échanges commerciaux entre le Québec et la France va dans le bon sens.

 

D’autres initiatives en matière d’économie sociale et d’environnement seraient les bienvenues, tandis que les groupes de travail communs sur l’électrification des transports, la science et les données ouvertes ne sauraient être négligés.

 

La France représente le deuxième investisseur au Québec, où il existe plus de 300 filiales d’entreprises françaises. Des milliers d’étudiants et de travailleurs qualifiés contribuent également à la prospérité du Québec. Cet attrait — qu’aurait pu partiellement décourager la hausse des droits de scolarité — ne se dément pas.

 

 

Lever les obstacles à la mobilité

 

Le gouvernement français s’est montré quant à lui désireux d’accueillir davantage d’étudiants québécois. Afin de faciliter cette mobilité, entravée par le coût du logement dans les métropoles françaises, pourquoi la Caisse de dépôt et placement du Québec n’investirait-elle pas dans la construction de résidences étudiantes en France ? Un placement qui s’avérerait aussi judicieux financièrement que socialement utile.

 

L’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ) demeure un formidable générateur de possibilités. Toutefois, les frais excessifs de permis d’étude et de travail pratiqués par le Canada sont inéquitables vis-à-vis des jeunes Français. Comment justifier les discours prônant le libre-échange des marchandises si, dans le même temps, le Canada prélève une rente sur la mobilité humaine ? Selon un principe de réciprocité avec la France, il serait juste qu’Ottawa abaisse ces tarifs.

 

 

Renforcer le dialogue

 

La coopération décentralisée, scientifique et universitaire est l’un des points forts de notre relation. Plusieurs accords de partenariat ont été signés ces dernières années. L’Institut maritime franco-québécois à Rimouski est un bel exemple de ce que nous pouvons faire en commun. Cette coopération scientifique pourrait être encore plus ambitieuse si des équipes de recherche communes travaillaient sur des projets majeurs concernant, par exemple, la maladie d’Alzheimer ou le cancer.

 

Sur le plan sociétal, au miroir de nos expériences respectives, nous pouvons co-élaborer des solutions intelligentes aux défis communs de nos sociétés (vieillissement de la population, robotisation, gestion durable des ressources…) et même les transcrire dans nos lois par l’entremise de la commission interparlementaire franco-québécoise. Les associations qui participent à ces échanges d’idées et d’expertises doivent être soutenues. Elles contribuent à faire vivre la dimension citoyenne de notre relation.

 

 

D’un point de vue politique, notre relation bilatérale a vocation à demeurer « directe » en évitant les intermédiaires, « unique » par les affinités qui nous lient et « stratégique » pour renforcer notre capacité d’action commune dans la francophonie et dans le monde. Les rencontres alternées des premiers ministres, lancées en 1977 par René Lévesque et Raymond Barre, pourraient donner lieu, tous les ans, à un Conseil des ministres commun.

 

 

Encadrer les GAFA

 

Mais le sujet stratégique sur lequel une initiative franco-québécoise forte est requise de toute urgence concerne la fiscalité appliquée aux géants du numérique, les fameux GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon et autres). En France, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a annoncé qu’un projet de loi visant à imposer ces entreprises à hauteur de 3 % minimum de leur chiffre d’affaires dans l’Hexagone sera présenté « en Conseil des ministres d’ici à la fin février », avant d’être « rapidement soumis au vote du Parlement ». La contribution fiscale des services numériques est « un enjeu majeur du XXIe siècle » et « une question de justice et d’efficacité », a estimé le ministre.

 

Cette initiative française découle d’une absence de consensus au niveau européen. De la même manière, le Québec est le seul État au Canada qui ose faire bouger un tant soit peu les lignes avec une taxe de vente adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale en juin dernier et entrée en vigueur depuis janvier 2019. En somme, devant cette évolution nécessaire de notre fiscalité, les Européens hésitent et le Canada résiste. Le Québec et la France ont donc toute légitimité pour porter cette mesure sur la scène internationale, comme ils ont su si bien le faire ensemble au moment de la négociation de la Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle, adoptée en 2005.

 

En définitive, la relation entre France et le Québec n’est pas vouée à la banalisation ni au cantonnement à un seul domaine. Si la dynamique des sociétés civiles et la volonté politique sont au rendez-vous, il ne fait aucun doute que cette coopération bilatérale franco-québécoise plurielle, transatlantique, en langue française, continuera de représenter un atout différenciateur et mutuellement bénéfique pour nos deux nations.

C'était il y a 50 ans : "Vive le Québec libre !" Et maintenant ?

Mon point de vue dans "Pulse" (24/07/2017)

 

Il y a cinquante ans jour pour jour, Charles de Gaulle, Président de la République française et héros de la Résistance, prononçait un discours historique depuis le balcon de l'Hôtel de ville de Montréal, devant une foule de 15 000 Montréalaises et Montréalais en liesse.
Un geste politique et symbolique fort
Il s'agit de l'un des discours majeurs de l'homme du 18 juin sur le thème de la liberté et de l'identité, comparable par sa portée et son caractère subversif aux discours de Brazzaville du 30 janvier 1944 et de Phnom Penh du 1er septembre 1966.
Les conséquences de cette déclaration et de son fameux "Vive le Québec libre !" furent incommensurables, tant sur le plan politique intérieur québécois et canadien que sur le plan international. La province du Québec a acquis du jour au lendemain une notoriété planétaire. Et le mot Québec est apparu en mandarin !
Cette notoriété s'est amplifiée avec l'Exposition universelle concomitante à Montréal - Expo 67 - 50 ans. Les deux événements ont eu le mérite de placer le Québec sur la carte du monde. Depuis, la société québécoise a affirmé sa singularité et son identité avec force en Amérique du Nord et dans le monde.
Fort de leur expansion sur la scène culturelle et diplomatique mondiale, les Québécois ont tissé au fil des ans des liens étroits avec d'autres peuples, d'autres nations, d'autres continents. La construction de la Francophonie institutionnelle a constitué un tremplin pour amplifier cet élan. La relation France-Québec est entrée dans l'ère de la modernité et des rapports équilibrés, réciproques et solidaires.
Un héritage à porter collectivement
Aujourd'hui, il importe de faire vivre cet héritage et de le faire prospérer. Au-delà du travail indispensable des gouvernements et des administrations, en particulier de la Délégation générale du Québec à Paris et du Consulat Général de France à Québec et à Montréal, la perpétuation de l'exceptionnelle relation entre la France et le Québec dépend de la mobilisation de tous, de chaque côté de l'Atlantique. Il ne tient qu'à nous de développer des projets en commun, de partir ensemble à la conquête de nouvelles frontières scientifiques, économiques, sociales et culturelles.
Avec l'Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ) en France (LOJIQ - Les Offices jeunesse internationaux du Québec), dont se sont dotés les deux gouvernements dans le sillon de la visite du président de Gaulle en 1967, un outil formidable est entre nos mains pour développer de tels projets. L'intérêt croissant des étudiants et jeunes professionnels français pour le Québec est également une opportunité à saisir pour intéresser les nouvelles générations à cette relation historique et la propulser vers l'avenir. En France, les universités et les grandes écoles devraient ouvrir leurs portes aux étudiants québécois pour qu'ils viennent en plus grand nombre. La présence de Montréal Bleublanctech constitue également un levier de nouvelles coopérations franco-québécoises dans le domaine technologique et entrepreneurial. De surcroît, je plaide en faveur d'une imbrication de nos regroupements coopératifs respectifs.
Reconnaissance et engagement
Depuis plusieurs années, j'ai eu la chance de dialoguer avec des femmes et des hommes exceptionnels qui sont les véritables artisans de la relation franco-québécoise ; des personnes avec qui j'ai tissé des liens intellectuels et affectifs parfois très forts. Je pense à l'ambassadeur Bernard Dorin (assistant du général de Gaulle, il a préparé sa visite au Québec en 1967 et lui a suggéré la création de l'OFQJ), qui m'a honoré d'une invitation à son domicile pour évoquer en tête à tête l'avenir de cette relation. Je pense aussi à Bernard Landry, qui m'a reçu chez lui, au bord du Saint-Laurent, en compagnie de Nathalie Simon-Clerc pour un entretien filmé ; à Louise Beaudoin, avec qui j'ai consigné une tribune dans Le Devoir, et à tant d'autres personnalités brillantes et attachantes comme Clément Duhaime, Jean-Louis Roy, Lucien Bouchard, Nicolas Chibaeff, Michel Robitaille, Jacques Chagnon ou encore Claude Bédard. Il serait trop long de les citer tous mais je veux leur rendre hommage parce qu'ils sont les passeurs, les grands témoins et les acteurs de notre histoire partagée.
Et demain ?
Aujourd'hui, 50 ans après le discours de Charles de Gaulle, nous devons affirmer notre détermination, en France et au Québec, à poursuivre cette magnifique histoire de fraternité entre deux peuples libres et égaux. Je pense aux jeunes ( cc Stéfanie Tougas Stephane Stril Laurie Bouchard Astrithr Berry ...) qui s'y engagent au niveau économique, social et politique. Le programme d'échanges croisés du CAP-FQ - Comité d'action politique France-Québec (auquel j'ai participé à l'automne 2014) est un autre outil important pour sensibiliser les futurs décideurs au caractère mutuellement profitable de ce partenariat.
A l'heure où la compétition internationale fait rage, chérissons cet héritage et sublimons-le par notre énergie, notre volonté et nos initiatives. Ensemble, nous pouvons conjuguer et démultiplier nos forces en Europe, en Amérique et dans le monde.
Vive la relation d'amour entre la France et le Québec !

Une relation politique

Au niveau gouvernemental et administratif, un dialogue privilégié s'opère, d’État développé à État développé, entre la France et le Québec. Depuis les années 1970, les premiers ministres français et québécois se rencontrent dans le cadre de visites alternées régulières qui permettent de réactualiser les priorités politiques de notre relation. De très nombreuses ententes bilatérales ont ainsi été signées et une commission structurée permanente franco-québécoise soutient chaque année une centaine de projets de coopération. 

La délégation générale du Québec à Paris

Le Québec dispose d'une Délégation générale à Paris, inaugurée le 5 octobre 1961, qui jouit des privilèges et immunités habituellement accordées aux ambassades. Véritable « vaisseau amiral » du dispositif diplomatique québécois, opérateur majeur de notre relation privilégiée, la Délégation générale à Paris assure les communications avec le gouvernement français et la société civile. Plateforme de promotion de l'économie et de la culture québécoise en France, à Monaco et, par extension, en Europe, elle joue un rôle irremplaçable pour valoriser les atouts du Québec à l'international.

Le consulat général de France à Québec

La France dispose de deux consulats généraux au Québec, l'un à Montréal et l'autre à Québec. Mais c'est particulièrement le consulat de France à Québec qui est chargé d'assurer les communications de gouvernement à gouvernement. Présent depuis 1858, le Consulat général de France à Québec assume en effet non seulement des fonctions consulaires mais aussi politiques. Ce statut particulier lui permet d’entretenir des relations directes avec le Quai d’Orsay, sans passer par l’ambassade de France au Canada, tenue informée des correspondances échangées.


Le Comité d'action politique France-Québec (CAP FQ)

Créé le 1er janvier 1994, le CAP FQ est un opérateur important de la relation franco-québécoise dans les champs croisés de la jeunesse et de la participation politique. Chaque année, une délégation de jeunes Québécois issus des différentes formations politiques représentées au parlement, s'envole pour la France au printemps afin d’effectuer une mission de six semaines au sein d'une institution ou d'un organe politique français (Présidence de la République, cabinets ministériels, Assemblée nationale, Sénat, région Île-de-France, hôtel de ville, siège des partis politiques…). C'est alors un moyen privilégié pour eux de se familiariser avec la vie politique et institutionnelle française.

 

Parallèlement, une délégation de jeunes Français issus des différents partis politiques débarque au Québec à l'automne afin d'y effectuer une mission de six semaines au sein des institutions québécoises (Cabinet du Premier ministre, ministères et Assemblée nationale). A l'automne 2014, j'ai eu l'honneur d'être sélectionné pour faire partie des cinq jeunes français socialement engagés qui ont effectué leur mission avec le CAP FQ. Cela m'a permis de travailler au cabinet du Chef de l'Opposition officielle à l'Assemblée nationale du Québec et de rencontrer un certain nombre d'acteurs politiques et associatifs québécois. 

 

Précédemment, j'avais eu le plaisir d'accueillir le CAP FQ (section Québec) à Sciences Po Paris le 27 mai 2014, en marge de la Conférence sur le rôle de l'OCDE dans la gouvernance mondiale que j'avais animée. La délégation québécoise avait alors rencontré et écouté la représentante permanente de la France auprès de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Madame Pascale Andréani (ici, au centre de la photo). 


Avec la délégation française, à l'automne, nous nous sommes rendus le 4 octobre 2014 à la Chambre des communes du Canada. Notre groupe a été reçu par M. Emmanuel Dubourg (député libéral), qui nous a parlé de sa conception de l’engagement et de son travail quotidien. Nous avons également échangé sur les liens entre le Canada, la France et Haïti, sur la Francophonie canadienne et sur des questions fiscales et budgétaires. L’après-midi, après avoir assisté au discours du Premier ministre Stephen Harper sur l’engagement des forces canadiennes en Irak, nous avons rencontré Mme Alexandrine Latendresse, députée (NPD) de Louis-Saint-Laurent, membre de l’association parlementaire Canada-Europe. Nous nous sommes entretenus notamment de la place des jeunes en politique, de la représentativité du Parlement et de la situation du bilinguisme au Canada.

 

Cette jeune députée de 30 ans fut d’ailleurs à l’origine de la Loi sur les compétences linguistiques, sanctionnée le 26 juin 2013, rendant nécessaire la capacité de comprendre et de parler clairement le français et l’anglais pour prétendre exercer certaines hautes fonctions canadiennes (vérificateur général du Canada, directeur général des élections, commissaire aux langues officielles du Canada, commissaire à la protection de la vie privée, commissaire à l’information, conseiller sénatorial en éthique, commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique, commissaire au lobbying, commissaire à l'intégrité du secteur public et président de la Commission de la fonction publique). Notre délégation a grandement apprécié la disponibilité de ces deux députés et le caractère très libre et spontané de nos échanges.

RENCONTRES MARQUANTES

Au cours de cette mission puis de mon année et demie d'études à l'Ecole nationale d'administration publique du Québec (ENAP), j'ai eu la chance de rencontrer d'autres acteurs engagés dans la vie politique et sociale nationale. Voici une galerie de portraits de quelques uns de ces personnages marquants. 

Lucien Bouchard : Premier ministre (1996-2001)

Le 25 novembre 2015
Le 25 novembre 2015

Premier chef du Bloc Québécois, cet homme complexe, imprégné par l'idée que l’État québécois est le meilleur outil d'émancipation de son peuple, a défendu devant l'Institut du Nouveau Monde le bilan de son gouvernement (1996-2001) :  « En plein cœur de ce que certains ont qualifié de croisade au déficit zéro, nous avons adopté la Loi sur l’équité salariale, mis en place le régime d’assurance médicaments, créé le réseau des garderies et une politique de sécurité du revenu, jeté les bases de la plus importante politique familiale au Canada, effectué une réforme de l’éducation et donné à l’économie sociale une impulsion qui en a fait une remarquable réussite québécoise, reconnue dans le monde ». Je retiens également de son action l'idée d'organiser, comme il l'a fait en 1996 aux lendemains de son élection, un Sommet économique et social réunissant l’ensemble de la société civile (associations, coopératives, syndicats...) dans le but de trouver des solutions pour le redressement des finances publiques et de donner un nouvel élan au Québec.


Denis Coderre : maire de Montréal (2013-2017)

Lorsque l'on parle de la France à M. Denis Coderre, ses yeux pétillent. C'est ce que j'ai pu constater trois semaines après qu'il eut été reçu à Paris par le Président de la République. Il faut reconnaître son activisme pour faire rayonner Montréal : le maire accueille régulièrement des délégations étrangères et positionne sa ville dans les domaines du bien vivre-ensemble, de la lutte contre la radicalisation, de l'inclusion, de l'environnement et des sports. La métropole est active au sein de la commission du vivre-ensemble de l’Association des maires francophones (AIMF) et dispose d’un centre de prévention de la radicalisation menant à la violence. Aux relations internationales classiques se superposent de plus en plus des relations inter-municipales : les villes coopèrent en se constituant en réseaux, comme Montréal avec Métropolis, ICLEI, SCN, le Réseau des villes créatives de l’UNESCO ou encore le Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique. L’attraction de congrès internationaux comme le Gsef (Global Social Economic Forum – Forum mondial de l’économie sociale) est un enjeu stratégique que  Montréal a bien saisi puisqu'elle est la ville la plus demandée pour la tenue de ce type d'événements en Amérique du Nord.


Kathleen Weil : ministre de l'immigration et de l'inclusion

Octobre 2014
Octobre 2014

Le Québec compense le vieillissement de sa population par l'apport d'une main d’œuvre qualifiée sachant parler français. J'ai eu l'occasion de m'entretenir avec Mme Kathleen Weil, ministre de l'immigration, de la diversité et de l'inclusion, sur le dossier de la reconnaissance des acquis professionnels et sur le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) - ce-dernier étant conçu spécialement pour les travailleurs temporaires occupant un emploi spécialisé au Québec et les étudiants étrangers diplômés du Québec.  J'ai évoqué la question d'une possible augmentation des droits d'inscriptions universitaires pour les étudiants français qui aurait pour effet de décourager certains talents de choisir le Québec et lui ai fait part de l’idée que des droits d'inscriptions modérés constituaient un investissement d'avenir. La Ministre a cité l'Entente franco-québécoise de mobilité, facilitant les démarches d'une quarantaine de professions réglementées, comme étant l'une des grandes réussites de son ministère.


Philippe Couillard : Premier ministre en exercice

La communauté française établie au Québec est estimée à 120.000 personnes, soit plus des deux tiers des Français installés au Canada, selon le Consulat français. Parmi eux figurent un grand nombre d’étudiants, qui sont une chance pour l'économie du Québec. Avec le Premier Ministre, nous avons abordé la question de leurs frais universitaires et de la réciprocité dont bénéficient les étudiants québécois lorsqu’ils sont accueillis dans les universités et grandes écoles françaises.

M. Couillard est arrivé au pouvoir en 2014. Sa mère, Hélène Yvonne Pardé, est française. M. Couillard a la double nationalité canadienne et française. Mesurant la connaissance poussée du Premier ministre de l’histoire de France, je lui ai donné mon avis sur les proximités et les variations culturelles entre Français et Québécois. Pour l’avenir d’une relation aussi spéciale, directe et privilégiée que la nôtre, nous avons relevé l’importance stratégique des projets de développement communs, tel celui portant sur l’électrification des transports. J’ai interrogé le Premier ministre sur sa vision de la francophonie au Québec et au Canada, et je lui ai fait part de certaines de mes préoccupations en la matière. Le 9 octobre 2014, accompagné par la présidente (section Québec) du Comité d’action politique France-Québec, Mme Laurie Bouchard


Alexandre Cloutier : député et ancien ministre délégué aux affaires extérieures (2012-2014)

 

 

Jeune député de Lac-Saint-Jean élu à 30 ans, Alexandre Cloutier a été ministre délégué aux Affaires intergouvernementales de 2012 à 2014, au sein du gouvernement de Pauline Marois. Par sa formation, il maîtrise particulièrement le droit constitutionnel et le droit international public, ce qui fait de lui une tête pensante du Parti québécois.

Lors de la dernière course à la chefferie de ce parti en mai 2015, il a terminé deuxième avec plus de 29% des votes, derrière M. Pierre Karl Péladeau. Depuis la démission de ce-dernier, Alexandre Cloutier a fait partie des trois candidats pressentis pour être chef - avec Mme Véronique Hivon et M. Jean-François Lisée - pour prendre la tête du parti. Lors de cette campagne, il avait promis de lancer huit grands chantiers sectoriels de réflexion sur l'opportunité de l'indépendance. Finalement, c'est M. Lisée qui l'a emporté ; toutefois, Alexandre Cloutier n'a pas dit son dernier mot et son avenir est prometteur.


Rémy Trudel :  ancien ministre d'état (1996-2003)

Homme de terrain, fondateur et premier recteur de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, ex-député (parti québécois) de Rouyn-Noranda-Témiscamingue de 1989 à 2003, Rémy Trudel est un universitaire et un homme politique profondément généreux et préoccupé par le bien public.

Il a dirigé plusieurs ministères, dont les Affaires municipales, l'Agriculture, les Pêcheries et l'Alimentation, ainsi que la Santé et les services sociaux. Professeur à l’École nationale d'administration publique (où j'ai eu la chance de l'avoir comme professeur pour les cours de principes et enjeux de l'Administration publique et Communications publiques, interactions médias et prise de décision), excellent pédagogue, il a été également un fin commentateur politique sur les ondes de ICI RDI Radio-Canada, à l'émission Les Ex. Ses étudiants connaissent son implication et sa passion et lui vouent généralement une grande admiration et une grande sympathie.