Expérience parlementaire

Le Parlement francophone des jeunes des Amériques

Du 8 au 15 juillet 2018, j’ai eu la chance de prendre part au Parlement francophone des jeunes des Amériques (PFJA). Cet événement international, organisé par le Centre de la francophonie des Amériques (CFA) à Québec, berceau de la francophonie américaine, réunit des personnalités engagées « dans une démarche de réflexion et de co-construction d’un monde meilleur, plus juste et plus inclusif de nos différences », selon le président-directeur général du Centre, Denis Desgagné. Cette rencontre d’entrepreneurs sociaux, venus partager des expériences et des connaissances, s’accompagne d’un exercice de simulation parlementaire favorisant l’interaction entre l’organe politique, la société et les médias. En tant que parlementaire, j’ai travaillé pour ma part sur le projet de loi relatif à la sécurité et à l’ordre public.


Organisé en partenariat avec l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (composée de 83 parlements et organisations interparlementaires sur les cinq continents), le PFJA « est l’occasion de réunir francophones et francophiles autour d’objectifs communs : travailler à la pérennité de nos institutions parlementaires et contribuer à la mise en valeur d’une Francophonie unie par sa langue française, sa diversité culturelle et son engagement citoyen, selon Jacques Chagnon, président de l'Assemblée nationale du Québec. Il fait partie de ces moments où la solidarité, le partage de connaissances, le dépassement de soi et la réflexion marqueront vos vies en enrichissant votre conscience sociale et politique », écrit-il aux participants.

 

C’est bien le sentiment qui ressort, en effet, de cette riche semaine et qui anime l'ensemble des participants du PFJA. Malgré la fatigue consécutive à un programme très chargé, chacun repart avec une motivation accrue de s'engager. Et avec la joie d’avoir consolidé des liens de solidarité et d’amitié fortes. Ci-contre avec Samuel Denin (Guadeloupe, France), Gordon Walker et Vincent Cheramie (Louisiane, Etats-Unis), Quentin Toffano-Floury (Québec), Yvens Rumbold (Haïti), Martin Biurrun (Uruguay), Liam Roche (Ontario). Le PFJA est en cela un grand succès, porté par une équipe d’organisateurs chevronnés.

Cet exercice d’élaboration législative et de délibération s'est déroulé en parallèle de conférences passionnantes sur l’éthique, la démocratie, le rôle des médias et la liberté d’expression, la parité, le partage du pouvoir, l’engagement citoyen, etc. Parmi les conférenciers figuraient Christiane Taubira, ancienne garde des Sceaux, Clément Duhaime, ancien administrateur de l’Organisation internationale de la Francophonie, Françoise David, militante, féministe et ancienne députée de Québec solidaire, Rodrigo Campos, président du parti travailliste Porto Alegre du Brésil, Greg Selinger, ancien premier ministre du Manitoba, France Gelinas, députée de l’Assemblée législative de l’Ontario, Line Beauchamp, déléguée générale du Québec à Paris, Pierre Reid, directeur général des élections du Québec ou encore l’éthicien René Villemure. L’animation était assurée par Diane Martin, qui a été à la barre d’émissions quotidiennes en direct à la télévision et à la radio pendant plus de vingt ans, dont onze ans à ICI Radio-Canada Première.

En sus d’un exigeant travail en commission, deux débats ont ponctué cet exercice : celui sur les principes du projet de loi et celui précédant le vote final. Ainsi, les députés sont appelés à prendre position sur le principe du projet de loi et sur les mesures concrètes de ce projet. Ils peuvent décider de défendre le principe et les mesures, de défendre le principe mais de s’opposer aux mesures ou de de s’opposer au principe et aux mesures. C’est ce troisième choix qui a guidé mes prises de parole lors des débats. En effet, j'ai jugé que la loi mise aux votes portait atteinte aux libertés les plus fondamentales.