Repères

La francophonie des Amériques

Avec le PDG du Centre de la Francophonie des Amériques (2011-2019), M. Denis Desgagné
Avec le PDG du Centre de la Francophonie des Amériques (2011-2019), M. Denis Desgagné

 

Plus de 33 millions de personnes parlent le français en Amérique, dont 11 millions aux États-Unis, 9,7 millions dans les Caraïbes et 9,6 millions au Canada. Au total, il y a environ 275 millions de francophones à travers le monde.

 

Les francophones et francophiles sont souvent à la recherche d’expériences de mobilité et de rencontre. Dans cet esprit, le Centre de la francophonie des Amériques, dont le siège est à Québec, a pour mission de favoriser les échanges, les partenariats et le développement de réseaux francophones. Il soutient des projets structurants liés aux enjeux de société et diffuse de l’information liée à la francophonie. Son rôle est à mon avis indispensable pour l’avenir de la francophonie dans les Amériques.

 

D'après Statistiques Canada (2011), près de 10 millions de Canadiens, soit près 1 Canadien sur 3 sait parler en français. Néanmoins, seuls 37 à 47 % des francophones déclarent utiliser uniquement le français dans leur vie quotidienne.

Avec la Présidente-directrice-générale du CFA (depuis 2019), Mme Johanne Whittom et Joanie Dionne Rhéaume
Avec la Présidente-directrice-générale du CFA (depuis 2019), Mme Johanne Whittom et Joanie Dionne Rhéaume

 

Les francophones sont majoritaires au Québec, minoritaires dans les autres provinces. Hors Québec, le Canada compte 2,6 millions de locuteurs du français. Le Nouveau-Brunswick est la seule province à avoir le statut officiel bilingue. Les francophones y représentent un tiers de la population. A l'extérieur du Québec, la proportion de francophones était de 6,1 % en 1971. Aujourd’hui, elle est environ de 4 %. Près de la moitié des enfants dont un des parents au moins est de langue maternelle française se sont vus transmettre seulement l'anglais comme langue maternelle…

 

La pérennité du français au Canada passe par des réseaux, des politiques publiques, des initiatives citoyennes, par une immigration choisie et instruite en français. De nombreux Canadiens se battent pour garder leur langue, la transmettre à leurs enfants, et la conserver vivante dans l'espace public, en contexte minoritaire. Ils ont compris que plus ils réussiront à développer des espaces de vie en français comme des centres communautaires, parascolaires, des espace culturel pour les jeunes, des hôpitaux, des garderies, des théâtres, plus ils pourront s’assurer que le réseautage se fasse en français.

 

En Ontario, par exemple, les écoles jouent un rôle clé dans la transmission culturelle et la valorisation de la francophonie. Dans plusieurs régions, l’école est le lieu par excellence où la communauté se rassemble. Il faut également assurer un service médiatique et d’information en français (une des demandes récurrentes de l’Assemblée des francophones de l’Ontario). Dans les différentes régions du pays, des alliances institutionnelles comme celle du Manitoba et du Québec, et la création du Réseau des Villes francophones et francophiles sont importantes, de même que les initiatives de la société civile.

 

 

Quelques organismes importants de la Francophonie canadienne

 

- Fédération de la jeunesse canadienne française

- Fédération culturelle canadienne française

- Assemblée de la Francophonie de l'Ontario

- Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada

- TFO, Télévision francophone de l'Ontario

- Réseau des villes francophones et francophiles d'Amérique


Mais la francophonie est une réalité américaine bien au-delà du Canada. De 1682 à 1803, le français a été la langue majoritaire dans toute la Louisiane. Cette situation a laissé des traces et imprègne l'identité et la mémoire de nombreux Louisianais. Bien que toutes les écoles publiques de l'État n'utilisent que l'anglais comme langue d'enseignement, la législation scolaire oblige en principe ces écoles à offrir au moins cinq années d'enseignement du français comme langue seconde au primaire et durant trois années au secondaire. En ce qui a trait à l'affichage et malgré ce que l'image ci-contre laisse penser, le français est peu visible, sauf pour les toponymes et odonymes (nom des rues) relevant des municipalités francophones, ainsi que de quelques inscriptions de bâtiments publics et de lotissements de maisons comme Le Village, Beaux Chênes, Beau Rivage, Beau Séjour, Maison Bocage, Château Lafayette, Village du Lac, etc.

 


Le gouvernement de la Louisiane a adopté en 1968 la loi (révisée le 15 août 2010) établissant le Conseil pour le développement du français en Louisiane, puis la loi sur la télévision française et la loi scolaire sur l'enseignement du français en Louisiane. Le CODOFIL (Council for the Development of French in Louisiana), établi à Lafayette, est une agence gouvernementale qui a pour mandat de « faire tout ce qui est nécessaire pour développer, utiliser et préserver la langue française telle qu'elle existe en Louisiane, dans l'intérêt culturel, économique et touristique de l'État ».

 

Les objectifs du CODOFIL sont de préserver, de promouvoir et de développer la Louisiane française ainsi que sa culture créole, son patrimoine et sa langue ; de superviser le développement et l'expansion [...] économique de l'État ainsi que les activités touristiques visant à promouvoir cette culture, ce patrimoine et cette langue, mais aussi de développer et de superviser les relations culturelles et éducatives ainsi que les échanges au sein de l'État et entre l'État de la Louisiane et d'autres pays, provinces et États qui partagent le patrimoine historique français, la culture et la langue de la Louisiane.