Repères

La francophonie parlementaire

J'ai participé le 1er mars 2017 à l'Hôtel du Parlement du Québec au colloque organisé par la chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires intitulé Les parlements dans l'environnement international. Oui, les parlements entretiennent des relations interparlementaires bilatérales et multilatérales. La diplomatie parlementaire est une réalité certes moins médiatisée que la diplomatie gouvernementale mais dont l'utilité n'est pour autant pas négligeable. J'ai pu m'en apercevoir lorsque j'ai mené une étude sur l'action diplomatique de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale française, en 2013.

 

A l'occasion du colloque du 1er mars, un panel était consacré aux 50 ans de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF). Mme Juliette Champagne a retracé l'histoire de la contribution du parlement québécois à cette organisation. Mme Louise Harel, qui a été l'unique présidente féminine de l'APF, a expliqué comment une volonté politique forte avait permis la création du Réseau des femmes parlementaires de la Francophonie. Mme Harel a également évoqué les sanctions que les parlements pouvaient encourir s'ils sortaient de l’État de droit. Selon elle, l'un des chantiers sur lesquels devrait travailler l'APF devrait être la lutte contre l'évasion fiscale. M. Clément Duhaime a pour sa part brossé les relations entre l'APF et l'OIF, fondées sur un principe d'exigence et de gestion des résultats. Cette exigence impose parfois de prendre des décisions difficiles comme la suspension d'un membre de la famille.

 

L'APF joue un rôle discret mais important pour la consolidation de la démocratie. Elle a participé à des centaines de programmes de coopération, de missions électorales, de sortie de crise et de renforcement des compétences parlementaires. Selon lui, seule la convergence des contenus et des institutions francophones peut permettre à la Francophonie d'être plus visible et plus influente.

J'ai eu l'occasion de remettre à M. Jacques Chagnon, député de Westmount Saint-Louis, président de l'Assemblée nationale du Québec, un avis écrit sur le plan de la présidence de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, en prévision de son mandat de président pour la période 2017-2019. La réflexion préliminaire portait principalement sur le rôle des parlementaires pour la mise en œuvre de la stratégie numérique de la Francophonie.

 

Sans entrer dans le détail de mon avis, j'ai préconisé un certain nombre d'axes stratégiques (cyber-démocratie, cyber-sécurité, contenus francophones...) et formulé des propositions opérationnelles ainsi que des partenariats. J'ai suggéré par exemple que l'AUF s'engage en faveur d'une Charte de l’Internet démocratique et lance une Initiative parlementaire francophone pour la régulation de l'Internet qui puisse être portée devant les instances internationales compétentes.