L'Institut prospective et sécurité en Europe

 

Ce laboratoire d'idées est l'un des plus actifs en France et en Europe. J'y suis rattaché en tant qu'expert puis chercheur associé depuis juin 2014, ce qui me donne la licence de participer à des colloques, d'intervenir et de contribuer à des publications.

 

Pour suivre nos activités, vous pouvez consultez la page de l'Institut et son fil d'actualité twitter : @InstitutIPSE 

 


Conversation sur la paix avec M. Hervé Ladsous


A l'invitation de l'ambassadeur Ferry de Kerckhove, je suis intervenu à la conférence internationale intitulée Francophonie, prévention des conflits et sécurité humaine qui s'est déroulée à Ottawa, capitale du Canada, les 9, 10 et 11 mai 2018. Cette conférence avait pour objectif de tracer une feuille de route pour la paix, douze ans après l'adoption par les chefs d'Etats de la Francophonie, de la déclaration de Saint-Boniface.

 

J'ai eu la chance, en séance plénière de clôture, de m'entretenir en public avec M. Hervé Ladsous, ancien Secrétaire général adjoint de l'ONU et conseiller spéciale à l'OIF. 


Séminaire de géopolitique en Haïti


La géopolitique est une véritable boîte à outils pluridisciplinaire permettant de mieux appréhender les enjeux conflictuels sur les territoires. Expert associé à l'Institut prospective et sécurité, je m'intéresse particulièrement aux questions de diplomatie, de Défense, de prospective, de prévention des conflits et de la radicalisation menant à la violence, ce qui m'amène à écrire des articles et à m'exprimer lors de conférences.

 

A l'invitation du professeur Camille Édouard (devenu ministre de la Sécurité publique), j'ai eu le plaisir d'animer en avril 2015 un séminaire de géopolitique au Centre d'études diplomatiques et internationales d'Haïti. Ce condensé de 25 heures de cours a présenté la synthèse de mes travaux en matière de géopolitique, de prospective, de prévention des conflits, de résilience et d'économie coopérative.

 

Ce fut l'occasion de débattre notamment de la place d'Haïti dans la Francophonie et les relations internationales, d'aborder les défis de la gouvernance (locale et mondiale), de l'anticipation et de la prévention des conflits dans l'espace francophone, mais aussi des aspects positifs et négatifs de la gestion de crises et des priorités de politique internationale au XXIe siècle.

 

Les Haïtiens ont un sens remarquable de l'hospitalité et j'ai pu constater que la nouvelle génération, plurilingue et bien formée, dispose de nombreux atouts pour faire réussir le pays.

 

L'intégration d'Haïti à un grand marché équitable francophone permettrait de valoriser ses productions et ses œuvres artistiques.

 


Mission d'étude aux Nations Unies


EN OCTOBRE 2015, J'AI ORGANISÉ ET SUPERVISÉ AVEC M. SERGE MALAISON UNE MISSION À NEW-YORK FOCALISÉE SUR LE MAINTIEN DE LA PAIX, LE MULTILATÉRALISME, LA DIVERSITÉ LINGUISTIQUE ET CULTURELLE, AINSI QUE LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE.

 

J'ai encadré un groupe de plus de 50 administrateurs publics (analystes et gestionnaires) de haut niveau, candidats à la maîtrise et au doctorat de l’École nationale d'administration publique. Grâce à l'activisme que nous avons déployé avec Serge Malaison les semaines précédant la mission, nous avons été reçus à l'ONU, à la Mission permanente du Canada auprès des Nations-Unies, à la Délégation générale du Québec à New-York, au bureau du Programme alimentaire mondial ainsi qu'à la Représentation permanente de l'Organisation internationale de la Francophonie auprès des Nations Unies.  Une chance d'avoir été accompagné par l'ancien ministre d’État M. Rémy Trudel et par la directrice du GERFI, ex-cheffe du protocole de l'Assemblée nationale du Québec, Mme Juliette Champagne.


Diplomatie & renseignement : le Secret du roi


Qu'était-ce que le Secret du roi ?

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Un service de renseignement et un canal diplomatique parallèle utilisé par Louis XV pour influer sur la politique européenne, notamment dans le cadre de la succession du trône de Pologne, d'un rapprochement avec la Russie et d'une tentative d'invasion de la Grande Bretagne. Cet organe se révélera d'une efficacité toute relative mais son existence même dément la thèse de l'absolutisme royal, y compris dans le domaine réservé que constitue la politique étrangère. J'ai eu l'occasion d'en parler au colloque Les Secrets du droit à Sceaux en 2013. 

 


Quel rôle pour l’OCDE dans la gouvernance mondiale ?


Madame Pascale Andréani, ex-Conseillère pour les affaires européennes du Président de la République française, ex-Porte-parole du Quai d’Orsay, actuelle Représentante permanente de la France auprès de l’OCDE, s’est exprimée au sujet du rôle de l’OCDE dans la gouvernance mondiale, lors d’une conférence que j'ai animé à Sciences Po Paris le 27 mai 2014.

 

Ce fut l’occasion de rappeler l’histoire de cette organisation internationale fondée en 1960 sur la base d’un accord entre 18 pays européens, les États-Unis et le Canada. A la fois forum intergouvernemental sur les questions économiques, sociales et environnementales et centre d’élaboration de rapports et de recommandations, l’OCDE organise un échange de bonnes pratiques entre ses 34 pays membres.

 

De l’Amérique du Nord et du Sud à l’Europe, en passant par la région Asie-Pacifique, l’OCDE regroupe les pays les plus avancés, mais aussi quelques pays émergents comme le Mexique, le Chili et la Turquie. A l’avenir, des géants tels que la Chine, l’Inde et le Brésil pourraient à leur tour intégrer cette organisation, que l’on pourrait transformer en un forum élargi de gouvernance économique mondiale.

 


Harvard ou l'attractivité universitaire


De retour de mission à Harvard (juin 2015), j'expose ici les facteurs qui expliquent selon moi le succès de cette prestigieuse institution universitaire :

 

- un environnement interdisciplinaire au sein duquel les 27 000 étudiants choisissent « à la carte » parmi 900 cours proposés par dix facultés dans toutes les disciplines (des sciences du gouvernement à la biologie et la médecine en passant par la sociologie, l’histoire, l’économie, l’anthropologie...). On retrouve ce modèle qui encourage les étudiants à choisir d’autres matières que leur spécialité (et donc à les former comme citoyens autant que comme professionnels) à l’Ecole normale supérieure en France et dans certains Instituts d’Études politiques ;

- des classes de 10 à 25 personnes extrêmement dynamiques, basées sur une approche pédagogique interactive où l’échange, la stimulation et le respect mutuel, ainsi que la disponibilité totale des quelques 2900 professeurs, donnent les meilleurs résultats ;

- des centres de recherche nombreux et attractifs qui stimulent la réflexion, produisent une recherche de qualité mondiale, rayonnent sur la sphère publique et privée et distinguent plus de 45 prix Nobel (et autant de Pulitzer) ;

- Un campus agréable, arboré, doté de toutes les facilités, de bibliothèques présentant quinze millions de références, riche de monuments historiques, proche de l’une des villes les plus exceptionnelles d’Amérique du Nord (Boston), de ses entreprises et ses start-up, bien desservi par les transports ;

- un sentiment d’appartenance et une culture commune nourris par la fierté de faire partie d'une Université plus de trois fois et demie centenaire et par l'activité culturelle et sportive de clubs étudiants parfois très élitistes ;

- un budget astronomique de 36 milliards US$ (plus que le PIB de la Côte d’Ivoire !), alimenté par les frais de scolarité (comptez 50 000 US$ /an) mitigé par des bourses, en sus de subventions fédérales, et, épisodiquement, de chèques d’anciens étudiants bienfaiteurs ;

- une sélection drastique des meilleurs pousses américaines (+ 8,5% d’étrangers parfaitement anglophones en provenance de 132 pays), appelées pour certaines à devenir des chefs d'Etat (8 anciens présidents américains figurent au tableau d'honneur havardien, ainsi que des présidents étrangers comme Jacques Chirac), des chefs d'entreprises, des chercheurs, de hauts fonctionnaires...

 

La France cherche également à attirer les meilleurs étudiants du monde, ainsi que les travailleurs qualifiés et les investisseurs. L'agence publique Business France a ainsi mis en place une plateforme web (Welcome in France) destinée à faciliter les démarches de ces "talents". L'autre agence publique compétente pour ce qui est des étudiants étrangers, à savoir Campus France, estime que notre pays est la 3e destination mondiale d'études universitaires

une université qui, malgré la compétition internationale croissante, a encore de beaux jours devant elle...


Le nouvel espace interculturel mondial



Jean-Louis Roy, président de Partenariat International, a donné à l'Université de Montréal le 10 juillet 2016 une formidable conférence sur le nouvel espace interculturel mondial au XXIe siècle. Entre héritages universels à conserver et à méditer (sagesses, unité du vivant), grandes figures (Mandela, Gandhi, Senghor…) desquelles s’inspirer et forces du changement à accompagner, Jean-Louis Roy a peint la fresque fascinante d’un monde nouveau, celui de l’extrême mobilité (5 milliards de personnes ont franchi les frontières de leur pays en 2015), du basculement de la richesse vers l’Asie (100 milliards de transfert de capitaux par an pendant 20 ans ont fait de la Chine la première puissance économique mondiale ; 600 millions d'Asiatiques ont été extirpés de la pauvreté dans le même temps), de l’arrivée d’Internet (40% de la pop mondiale y a accès) et des bouleversements dans les façons de travailler (bientôt la robotisation…).

Une planète en héritage

 

Notre environnement est mis à l’épreuve. En Afrique, on assiste par exemple à la disparition du Lac Tchad. L’être humain, pour son progrès, a d’abord exploité sa propre énergie corporelle et celle des animaux, puis l’énergie de la vapeur (eau et charbon) et celle de la combustion des ressources fossiles (pétrole et gaz). Demain, souhaitons-le, les énergies renouvelables (vent, soleil, terre, mer…) deviendront majoritaires. La croissance de la Chine et de l’Asie a également pesé sur ces ressources, en Afrique et en Amérique latine notamment où l’Empire du Milieu est allé les prélever… D’immenses défis nous attendent pour préserver les écosystèmes et de rétablir ceux qui sont fragilisés, pour que l’eau reste potable, que les villes de demain soient hygiéniques, salubres, respirables. Mais des initiatives nous donnent espoir. A la COP 21, trois forces de changement se sont alignées pour parvenir à un accord global : les scientifiques, les gouvernements et les sociétés civiles (y compris les forces économiques).

 

Accueillir l’altérité

 

Aujourd’hui, l’autre, le différent, devient notre voisin immédiat. Des métissages s’opèrent, d’êtres humains, de cultures diverses. Les préjugés liés à la différence doivent être combattus dès l’école. Jean-Louis Roy l’affirme : nous sommes en crise, hors de l’humanité, quand nous rejetons la diversité. Toutes les civilisations (perse, arabe, grecque, chinoise…) ont contribué à faire avancer les sciences telles que les mathématiques, l’astronomie, la physique, la chimie…

 

Bouleversements géoculturels

 

La carte culturelle du monde évolue. Certains pays, autrefois invisibles sur cette carte faute de moyens, disposent à présent de capacités pour soutenir, développer et rendre visible mondialement leur culture. Le cinéma nigérian prend à cet égard beaucoup d’envergure. Les festivals du 7e Art fleurissent en Indonésie, en Inde, à Hong-Kong, à Shanghai, de même que les biennales d’art (les collectionneurs milliardaires sont désormais en Chine). Les grands rendez-vous culturels mondiaux ont lieu partout dans le monde et plus seulement en Occident. L’Internet nous donne accès un contenu culturel très varié, et c’est une chance. La télévision, aujourd’hui, reflète mieux la diversité linguistique et conceptuelle du monde. Aux chaînes anglo-saxonnes dominantes, il faut ajouter des chaînes sinophones (CCTV), arabophones (Al Jazeera), francophones (TV5, France 24…), hispanophones et lusophones (Tele Sur).

 

Nouveau paradigme

 

Au XXIe siècle, nous devons nous attendre à une remise en cause des normes et des univers connus, peut-être même à un éclatement et une recomposition des systèmes normatifs et de valeurs, ce qui ne se fera pas sans heurts. Le défi est de faire cohabiter les héritages spirituels et culturels de la famille humaine. Le droit international, notamment, devra inclure des traditions juridiques différentes.

 

En bref, « le monde entier est en plein travail d’enfantement », pour JLR (citant Virginia Woolf). Le changement est possible, mais il prend du temps, de l’engagement, de la mobilisation, du courage. Figure de la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis, Rosa Parks a défié plusieurs fois l’interdiction de s’asseoir à la place des blancs dans les bus et a subi de nombreux outrages avant que son combat de justice ait un impact sur les lois iniques de son pays. Son combat, ainsi que celui de milliers d’autres à travers le monde, nous inspire et nous motive. Merci Jean-Louis Roy pour cette conférence inspirante !

Les forces de la Toscane


La Toscane est une région italienne qui compte 3 750 000 habitants, dont l’identité culturelle a été profondément marquée par l’époque médiévale et la Renaissance. Ce courant philosophique et artistique a laissé une empreinte magistrale dans les villes et les villages toscans, véritables musées à ciel ouvert. A Pise, le Palazzo dei Cavalieri, fondé par Cosme 1er de Médicis, présente une façade caractéristique du fleurissement de cette période. Mais la région possède aussi de magnifiques vestiges de l’art roman et gothique. Très prospère au Moyen-Âge, la cité de Sienne et sa célèbre place semi-circulaire ‘‘Il Campo’’ dégagent un charme inimitable. En contrebas de la place se dresse le palais public, siège de la municipalité, qui abrite notamment la Salle de la Paix, où se réunissaient les seigneurs pour délibérer. Elle est ornée de fresques de Lorenzetti qui représentent une allégorie du bon et du mauvais gouvernement.


A Sienne toujours, la cathédrale, bâtie à l’emplacement d’un temple antique (dévolu à Minerve) se distingue par son impressionnante façade en marbre finement sculpté. Sa partie supérieure illustre le style gothique flamboyant. A l’intérieur de la cathédrale, la polychromie des marbres, la splendeur du pavement en marqueterie et le dôme majestueux témoignent de l’ambition qu’avaient les Siennois de faire de cet édifice le plus vaste du monde chrétien. A la hauteur de la cinquième arcade de la nef gauche se trouve la Libreria Piccolomini, qui présente les principaux faits de la vie du pape Pie II. Ces fresques éclatantes forment une œuvre marquante de la Renaissance.

 

Nichée au cœur de la campagne toscane, en contrebas du village de Montepulciano, l’église San Biagio, construite en travertins blonds, est considérée comme l’un des joyaux architecturaux de la Renaissance. De manière générale, la Toscane impressionne par le nombre incalculable de ses chefs-d’œuvre et l’ampleur exceptionnelle de son patrimoine religieux. De surcroît, la Toscane est riche de ses traditions agricoles, vinicoles et artisanales, qui en font un haut lieu de la gastronomie et de l’œnologie. Ses paysages bucoliques et vallonnés, ses vignobles, ses oliveraies, ses allées de cyprès et de platanes menant à des fermes et à des villas patriciennes sont célèbres dans le monde entier. La campagne toscane brille par son harmonie et son élégance. Les couleurs, les saveurs et les parfums s’y marient pour le plus grand plaisir des amateurs de vins et de bonne chère. La finesse des produits du terroir, conjuguée à l’excellence des vins – certains des plus grands crus italiens sont produits ici – participent de l’art de vivre local.

 

Les Toscans sont animés par un fort sentiment d’appartenance et par une passion des traditions. Le doux climat qui règne dans les villes et les villages est propice à la création et à la méditation. Ce n’est sûrement pas un hasard si certains des plus grands esprits humains sont originaires de cette partie du monde, à l’instar de Galilée, de Léonard de Vinci, de Michel-Ange ou encore du maître d’opéra Giacomo Puccini, compositeur de La Bohème, Tosca et Madama Butterfly. C’est sur cette terre d’élection qu’ils ont puisé une partie de leur féconde inspiration. Ainsi, la Toscane est une terre bénie ; le berceau des arts et des lettres sur lequel se sont penchées les fées de la beauté, du génie et de la grâce. Pour autant, les Toscans ne se reposent pas sur les lauriers d’un passé exceptionnel. Ils chérissent l’art de vivre au présent et préparent l’avenir par la création et l’innovation, de manière à ce que leur région conserve tout son attrait en Europe et dans le monde.