Mission d'étude à Harvard

Les ressorts de l'attractivité universitaire

De retour d'une mission d'étude à Harvard en juin 2015, j'expose ici les facteurs qui expliquent selon moi le succès de cette prestigieuse institution universitaire :

 

- un environnement interdisciplinaire au sein duquel les 27 000 étudiants choisissent « à la carte » parmi 900 cours proposés par dix facultés (des sciences du gouvernement à la biologie et la médecine en passant par la sociologie, l’histoire, l’économie, l’anthropologie...). On retrouve ce modèle qui encourage les étudiants à choisir d’autres matières que leur spécialité (et donc à les former comme citoyens autant que comme professionnels) à l’Ecole normale supérieure en France et dans certains Instituts d’Études politiques ;

 

- des classes de 10 à 25 personnes extrêmement dynamiques, basées sur une approche pédagogique interactive où l’échange, la stimulation et le respect mutuel, ainsi que la disponibilité totale des quelques 2900 professeurs, donnent les meilleurs résultats ;

 

- des centres de recherche nombreux et attractifs qui stimulent la réflexion, produisent une recherche de qualité mondiale, rayonnent sur la sphère publique et privée et distinguent plus de 45 prix Nobel (et autant de Pulitzer) ;

 

- Un campus agréable, arboré, doté de toutes les facilités, de bibliothèques présentant quinze millions de références, riche de monuments historiques, proche de l’une des villes les plus exceptionnelles d’Amérique du Nord (Boston), de ses entreprises et ses start-up, bien desservi par les transports ;

 

- un sentiment d’appartenance et une culture commune nourris par la fierté de faire partie d'une Université plus de trois fois et demie centenaire et par l'activité culturelle et sportive de clubs étudiants parfois très élitistes ;

 

- un budget astronomique de 36 milliards US$ (plus que le PIB de la Côte d’Ivoire !), alimenté par les frais de scolarité (comptez 50 000 US$ /an) mitigé par des bourses, en sus de subventions fédérales, et, épisodiquement, de chèques d’anciens étudiants bienfaiteurs ;

 

- une sélection drastique des meilleurs pousses américaines (+ 8,5% d’étrangers parfaitement anglophones en provenance de 132 pays), appelées pour certaines à devenir des chefs d’État (8 anciens présidents américains figurent au tableau d'honneur havardien, ainsi que des présidents étrangers comme Jacques Chirac), d'entreprises, des chercheurs, des hauts fonctionnaires...

 

Une université qui, malgré la compétition internationale croissante, a encore de beaux jours devant elle...


La France cherche également à attirer les meilleurs étudiants du monde, ainsi que les travailleurs qualifiés et les investisseurs. L'agence publique Business France a ainsi mis en place une plateforme web (Bienvenue en France) destinée à faciliter les démarches de ces "talents". L'autre agence publique compétente pour ce qui est des étudiants étrangers, à savoir Campus France, estime que notre pays est la 3e destination mondiale d'études universitaires.