Publications

 

- Ouvrages collectifs

 « L’œuf du serpent ou l’intérêt de la prospective pour prévenir les conflits », in Goedert (Nathalie) (dir.), Les lois de la guerre, Paris, Institut Universitaire Varenne, 2016

« Le Secret du Roi, illustration de l’accointance du pouvoir avec le secret », in Goedert (Nathalie) (dir.), Les secrets du droit, Paris, L’Harmattan, 2014

  

 - Livrets

 L’élan de la francophonie, Une communauté de langue et de destin (1), Fondapol, mars 2018

L’élan de la francophonie, Pour une ambition française (2), Fondapol, mars 2018

 

 - Tribunes

 « Nous, francophones, que voulons-nous faire ensemble? », avec Duhaime (Clément) et Djossa (Esther), Le Devoir, Le Point, SenePlus, 20 mars 2019

 « Québec-France : un lien indéfectible », avec Beaudoin (Louise), Le Devoir, 28 janvier 2019

 « Pour un Office francophone de la jeunesse », avec Beaudoin (Louise), Le Devoir, 17 mars 2017

 « Trois clefs d’entrée dans la nouvelle éconologie », Le Huffington Post, 11 décembre 2015

 « Pour un nouveau modèle socio-économique : le coopératisme », La Tribune, 7 octobre 2014

 « L’investissement coopératif révolutionnera-t-il la finance ? », Labyrinthe, 6 mai 2014

 « La Défense de l’Europe par elle-même », Revue Défense Nationale, 14 décembre 2013

 « Faire de la Francophonie une économie monde », La Tribune, 10 juillet 2013

  

 

 - Articles de presse

Pour Radio-Canada, une vingtaine d’articles, dont Projet Montréal aura un nouveau chef le 4 décembre, 12 mai 2016 ; Réélus en Ecosse, les indépendantistes se cherchent des alliés, 6 mai 2016 ; Le rêve européen du pape François, 6 mai 2016 ; Le président argentin s’oppose à la loi anti-licenciements, 19 mai 2016 

Pour le journal La Croix, une vingtaine d’articles, dont Le jubilé de la relation franco-québécoise, 12 janvier 2018 ; A Londres, le rafistolage gouvernemental de Theresa May, 9 janvier 2018 ; A Cuba, l’Union européenne réaffirme sa diplomatie d’ouverture, 3 janvier 2018 ; Par – 40°C, « Attache ta tuque ! » : face au froid, le Québec s’organise, 29 décembre 2017 ; Le Pakistan commémore l’assassinat de Benazir Bhutto, 27 décembre 2017

  

 

 - (Web)magazines

« 5, 4, 3, 2, 1... Partez ! », L'Express réussir, S'installer au Canada, les clefs du succès, n°45, 7 juin 2018

« ‘‘Les secteurs d’avenir’’ au cœur des échanges France-Québec », L’Outarde libérée, 8 mars 2018 

« Les maires francophones font le Paris du climat et des JO 2024 », L’Outarde libérée, 26 juin 2017

« Conversation avec Bernard Landry, ancien premier ministre du Québec, sur la politique internationale » (entrevue vidéo), L’Outarde libérée, 4 mai 2017

« Jean-Paul de Gaudemar au Corim : Construire une relation durable entre les mondes économique et universitaire », L’Outarde libérée, 14 mars 2016 

 


PARUTION DE "L'élan de la francophonie" en deux livrets (2018)

La Fondation pour l'innovation politique a publié en libre téléchargement ainsi qu'en version imprimée (6000 exemplaires envoyés aux parlementaires, aux médias, aux cabinets ministériels, aux institutions) mon étude consacrée à l'élan de la francophonie en deux livrets (Une communauté de langue et de destin - 1 & Pour une ambition française - 2) . Une version numérique est librement accessible sur le site de la Fondapol. Cette étude présente quinze propositions destinées aux acteurs publics, privés et associatifs.

 

Livret n°1 [version numérique] Livret n° 2 [version numérique]

L'élan de la francophonie : une communauté de langue et de destin (1)  par Benjamin Boutin
Mars 2018

Les potentialités de la francophonie internationale sont remarquables. Toutefois, les francophones font face à un manque de moyens pour relever des défis importants en matière d'éducation, de mobilité, de sécurité, d'emploi et de développement durable.


Pour y répondre, les instruments de coopération, de dialogue et d'influence dont ils se sont dotés depuis près d'un demi-siècle restent à ce jour pertinents, bien que sous dimensionnés. En effet, la concurrence linguistique et les forces du monolinguisme sont puissantes. Les nouvelles technologies bouleversent l'environnement linguistique et culturel mondial.

 

Dans ce contexte, l'avenir d'une langue semble conditionné aux opportunités qu'elle offre à ses locuteurs, aux mobilités qu'elle favorise, aux innovations qu'elle véhicule. La francophonie doit être ouverte, créative, organisée et solidaire pour demeurer attractive. De plus, des priorités claires et lisibles doivent guider l'action de ses institutions, tandis que des partenariats plus larges peuvent émerger, associant différents acteurs et coalisant davantage de moyens au service du développement.


Cette note présente en ce sens huit propositions destinées aux acteurs publics, privés et associatifs prenant part ou désireux de rejoindre le mouvement de cette communauté vibrante dont l'avenir nous concerne toutes et tous.

L'élan de la francophonie : pour une ambition française (2)
Par Benjamin Boutin
Mars 2018

Cette note s'inscrit dans la réflexion en cours sur le rôle accru que pourrait jouer la France pour et au sein de la francophonie. À travers sept propositions, elle souhaite lever certaines barrières qui freinent la participation entière de notre pays à la francophonie internationale.

 

Des pistes d'action sont suggérées pour améliorer la cohérence des politiques françaises internes et externes en matière de francophonie, en partenariat étroit avec les États et gouvernements membres de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF). L'ambition d'une politique francophone assumée et les moyens de sa réalisation doivent être au rendez-vous.

L'étude L'élan de la francophonie, une communauté de langue et de destin (1), pour une ambition française (2), a été écrite par Benjamin Boutin, expert associé à l'Institut Prospective et Sécurité en Europe, expert invité au Centre d'études diplomatiques et internationales d'Haïti.

 

Il a contribué aux ouvrages Les Secrets du droit (L'Harmattan, 2014) et Les Lois de la guerre (Institut universitaire Varenne, 2016), et il préside l'association francophonie sans frontières.


Contribution à l'ouvrage collectif "Les lois de la guerre" (2016)

 

Un ouvrage auquel j'ai contribué par l'écriture du chapitre sur l'intérêt de la prospective pour la prévention des conflits.

 

Retrouvez également les chapitres de Frédéric Ramel ("penser la guerre dans le nouveau siècle politique"), de Vincent Desporte ("de la guerre rêvée à la guerre réelle") ou encore de Jean-Baptiste Jeangène-Vilmer ("le droit international humanitaire à l’épreuve de l’élimination ciblée par drones armés").

 

Contribution à l'ouvrage collectif "Les Secrets du droit" (2014)

 

Notre société du visible, de la "transparence", exige de tout voir et tout montrer, sans délai, au risque de confondre espaces privés et espaces publics.  Parce qu'on l'accusait de dissimuler les abus, de servir l'arbitraire, de diviser les hommes entre initiés et profanes, le secret a été condamné comme contraire au pacte démocratique. Pourtant, c'est aussi au nom de la liberté que, face à une transparence érigée en dogme totalitaire, certains revendiquent l'éloge du secret.

 

Je contribue à cet ouvrage avec le chapitre Le Secret du Roi, l'un des premiers services de renseignement modernes, à l'époque de Louis XV. Cet exemple permet de toucher à des notions anciennes de confidentialité diplomatico-militaire.

 

Collection des Presses Universitaires de Sceaux.  

 

Parution de "La Défense de l'Europe par elle-même" (2014)

J'ai travaillé à la Représentation permanente de la France auprès de l'Union européenne auprès du représentant militaire de la France auprès des comités militaires de l'UE et de l'OTAN en 2009 - 2010, au moment de l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne. Cette expérience au cœur de la politique de sécurité et de Défense commune m'a permis d'acquérir une vision de ce que devrait être la Défense européenne. A la veille du conseil européen de décembre 2014 consacré aux questions de Défense, la Revue Défense Nationale m'a fait l'honneur de publier mon article "La Défense de l'Europe par elle-même". Cet article a été diffusé, dans une forme légèrement différente, par l'Institut européen des relations internationales

Revue de presse


Quelle place dans le monde pour la langue française en 2050 ?

16h03, le 20 mars 2018, modifié à 16h08


Actuellement cinquième langue la plus parlée dans le monde, le français devrait être pratiqué par quelque 700 millions de personnes en 2050. En théorie, du moins.

 

"Le français sera la première langue de l’Afrique et peut-être du monde si nous savons faire dans les prochaines décennies". Ce présage plein d'optimisme, formulé par Emmanuel Macron le 28 novembre dernier lors de son discours à Ouagadougou, au Burkina Faso, repose sur une logique implacable. Sur les 274 millions de francophones à travers le monde, plus de la moitié viennent d'Afrique. Et la croissance démographique du continent est telle qu'en 2050, quelque 700 à 800 millions de personnes pourraient parler la langue de Molière. Mais encore faut-il de la volonté politique. C'est là tout l'enjeu du plan présenté par le chef de l'État mardi à l'Institut de France, à l'occasion de la Journée internationale de la francophonie.

 

Le français peut-il devenir la première langue mondiale ? Selon l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le français est actuellement la cinquième langue la plus parlée sur la planète, derrière le mandarin, l’anglais, l’espagnol et l’arabe ou l’hindi, suivant les estimations prises en compte. Voilà pour aujourd'hui. Car selon une étude de la banque d'investissement Natixis, datant de septembre 2013, elle pourrait bien occuper la première place du classement à l'horizon 2050.La réalité s'avère toutefois un peu plus complexe. Le rapport détermine d'ailleurs comme francophone tous les habitants des pays dont la langue officielle est le français. Or, la République démocratique du Congo a beau être le plus grand pays francophone du monde - devant la France -, tous ses habitants ne parlent pas français, préférant souvent le lingala. A priori, Shakespeare peut donc dormir tranquille.

 

Reste que le nombre de francophones devrait tripler d'ici trente ans, et notre idiome devenir la deuxième ou troisième langue internationale. Selon l'OIF, on comptera ainsi quelque 715 millions de locuteurs du français en 2050, soit 8% de la population mondiale, contre 3% actuellement. L'institution prévoit même 760 millions de francophones en 2060. Pourquoi une telle évolution ? D'abord parce que le français est la deuxième langue la plus apprise dans le monde, y compris aux États-Unis, après l’espagnol. Mais aussi et surtout parce que la population africaine devrait passer de 800 millions d'individus en 2010 à 4,5 milliards en 2100, selon les projections de l'Institut d'études nationales démographiques (INED). En 2050, 85% des francophones à travers le monde devraient donc être africains. Compte tenu des dynamiques démographiques, le continent comptera même plus de 90% des jeunes francophones de 15 à 29 ans à cette date. Un coup de pouce bienvenu alors que le français, autrefois langue diplomatique par excellence, se trouve menacé dans les institutions internationales telles que l'Union européenne ou l'ONU.

 

En quoi la politique a-t-elle un rôle à jouer ?Ces prévisions ne seront néanmoins réalisables qu'à certaines conditions. La principale d'entre elles est que l'Afrique francophone continue d'utiliser le français dans la scolarisation des enfants au cours des prochaines années. En Afrique, "les systèmes éducatifs, bien que rencontrant des difficultés de nature quantitative et qualitative, continuent d’accorder une place privilégiée au français" mais ces pays "sont de plus en plus engagés dans une course de vitesse entre croissance démographique et scolarisation de qualité", prévenait à cet effet Abdou Diouf, ancien secrétaire général de la Francophonie (2003-2015), dans le dernier rapport de l'OIF.

 

Dans un autre, intitulé "La francophonie et la francophilie, moteurs de croissance durable" remis en août 2014 à François Hollande, Jacques Attali se voulait encore plus cinglant dans son avertissement. "En l’absence d’infrastructures scolaires permettant de scolariser la majorité de la population, et de maintenir un enseignement du et en français, les générations africaines à venir ne parleront plus français", lançait-il alors. "Il faut que la France fasse le nécessaire en matière d'éducation, d'envoi de professeurs de français en Afrique, alors même que les budgets des instituts français baissent", souligne aussi auprès d'Europe1.fr Hervé Bourges, auteur de Pardon my French. La langue française, un enjeu du 21ème siècle et du Dictionnaire amoureux de l'Afrique.

 

Dans une tribune publiée dans La Croix mardi, Benjamin Boutin, auteur du rapport "L'Élan de la francophonie" met cependant en garde contre tout ethnocentrisme : "La francophonie est intrinsèquement polycentrique. Et elle n'est pas que du ressort des États, mais aussi des acteurs économiques, des universités, des médias, etc.", écrit-il.

 

Quel français parlera-t-on ? C'est bien connu : le français est une langue en perpétuelle évolution. Qui plus est en Afrique, où il cohabite déjà souvent avec des langues locales. C'est notamment le cas au Sénégal, avec le "francolof", au Cameroun avec le "camfranglais", ou encore en Côte d'Ivoire avec le "nouchi", qui a même amené plusieurs de ses termes dans les dictionnaires français, comme par exemple "faroter", synonyme de frimer, ou "s'enjailler", qui signifie "s'amuser, faire la fête". Les mots "ambianceur" ("personne qui aime faire la fête"), "enceinter" ("rendre enceinte"), essencerie ("station-service") ont eux aussi leur place dans la nomenclature du Petit Robert, importées par les Africains émigrés en Europe.Mais il reste "pas mal de chemin à parcourir pour que le français soit une langue plus africaine, wallonne, québécoise...

 

Pour que le français soit plus francophone", estime à l'AFP le linguiste Michel Francard, professeur émérite de l'Université catholique de Louvain, en Belgique. "Le poids du français 'africain' - mieux encore, des variétés du français en Afrique - n'est pas proportionnel à son importance démographique. Dans les représentations linguistiques, le 'français de référence' reste souvent associé aux Français de l'Hexagone : les francophones 'périphériques' souffrent d'un déficit de légitimité linguistique par rapport à eux", observe le spécialiste, qui conclut : "la situation pourrait changer avec les communautés africaines qui vivent sur le continent européen, mais à condition que celles-ci ne restent pas confinées dans un ghetto linguistique, et social".

 

Par Thibauld Mathieu

Le français, langue étrangère

 

20/03/2018 
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Le français langue etrangere.mp3
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C’est la Journée internationale de la francophonie, Emmanuel Macron présente aujourd’hui un « plan d’ensemble pour le français et le plurilinguisme dans le monde », avec le soutien à l’éducation, notamment en Afrique, qui devrait connaître la plus forte croissance du nombre de locuteurs en français.

 

274 millions de personnes dans le monde parlent français, d’après le Rapport de l’Observatoire de la langue française, « ce qui fait de la langue de la Franco-Marocaine Leïla Slimani, de l’Haïtien Dany Laferrière, du Congolais Alain Mabanckou ou de l’Ivoirienne Tanella Boni la cinquième la plus parlée sur la planète, et peut-être d’ici à 2050 la deuxième, si l’on se fie aux projections démographiques » souligne l’édito de Courrier international, qui consacre un dossier à l’événement. 

La première ville dans le monde où l’on parle français ne s’appelle plus Paris mais Kinshasa, avec ses 12 millions d’habitants.

La France est en train de le comprendre, la francophonie n’est plus son apanage, mais un formidable outil partagé, au service – notamment – de l’éducation, de l’économie et de la culture. » 

Francophonie et Françafrique

L’hebdomadaire rassemble, de l’Afrique du sud – où le français n’est plus la langue de la France – au Royaume-Uni, où les ambitions de Macron – faire du français la première langue d’Afrique et “peut-être” du monde – suscitent le doute, une sélection d’articles qui reflètent l’ambivalence à l’égard d’une Organisation de la francophonie tentaculaire, aux objectifs mal définis et trop souvent court-circuités par les intérêts de la France, notamment en Afrique. Sur le site Middle East Eye, l’écrivain algérien Adlène Meddi perçoit même des relents de néocolonialisme dans le volontarisme de Macron. Dont il estime par ailleurs qu’il ne se donne pas les moyens de ses ambitions, « alors que le gouvernement français a annulé 60 millions d’euros du programme “Diplomatie culturelle et d’influence”, fait baisser de 11 % les subventions des Alliances françaises tout en réduisant la voilure budgétaire des établissements d’enseignement du français à l’étranger ». S’il est vrai qu’en Roumanie le français reste une langue plus vivante que jamais, comme l’affirme Matei Martin dans le magazine culturel Dilema Veche, comment la France pourrait-elle « exporter » par sa langue les valeurs de la culture politique et civiques qui sont les siennes et convaincre, « alors que si elle milite, à l’extérieur, pour la diversité, elle peine tant à la défendre sur son propre territoire ? » Au Liban, en revanche, « la francophonie perd pied » comme le déplore Elie Fayad. L’éditorialiste du très francophone L’Orient-Le jour s’attriste même « du processus par lequel une nation peut, en silence, perdre petit à petit une partie de son âme. Car à côté de l’héritage arabo-levantin, duquel les Libanais n’ont guère à rougir, leurs aïeux ayant grandement contribué dès le XIXe siècle à sa renaissance et à son éclat dans les arts et les lettres, la francophonie fut aussi pendant longtemps et reste une autre manière d’être libanais, nullement en rupture avec la première. »

"Monsieur Macron, libérez la francophonie du Quai d’Orsay !" 

Le débat se poursuit dans La Croix, où Benjamin Boutin estime que la France ne doit pas prendre « les rênes de la francophonie ». L’auteur du rapport sur L’élan de la francophonie rappelle que « Longtemps une idée franco-française et autocentrée de la francophonie a prévalu. Or il n’y a pas une France au centre entourée d’une périphérie francophone. La francophonie est intrinsèquement polycentrique, tel un archipel planétaire. Et elle n’est pas que du ressort des États, mais aussi des acteurs économiques, des universités, des médias… »

« Monsieur Macron, libérez la francophonie du Quai d’Orsay ! » entonnent à l’unisson des blogueurs dans les pages idées de Libération. Habari, de RDC et Yaga du Burundi, deux plateformes qui racontent la vie quotidienne dans ces pays déchirés par des crises politiques à répétition et où le fantôme de la Françafrique rôde encore. « Nous, blogueurs congolais de Habari, si nous parlons et écrivons lingala, tshiluba, ou swahili à la maison ou dans nos quartiers, nous communiquons en français d’ouest en est de la RDC. C’est dans cette langue que, du Kasaï au Katanga, nous faisons connaître au monde une jeunesse congolaise vibrante ». Avec plus de 300 ethnies et autant de langues réparties sur quelque 2,3 millions de kilomètres carrés,

Le français est notre trait d’union, la seule langue (officielle) qui unit les Congolais sans les renvoyer à leurs origines ethniques ou tribales, sans les diviser

affirme Christian Kunda, professeur de français à l’université de Lubumbashi. 

"De l'universalité de la langue française"

« Parler français, c’est faire société », confirme sur un tout autre plan Bernard Cerquiglini, qui se réfère à la capacité historique de la langue de Rivarol à tisser des réseaux dans l’Europe des Lumières envers et contre la détestation du monarchiste à l’égard des salons éclairés. Aujourd’hui, selon le linguiste, dans l’ouvrage collectif coédité par Le1 et Philippe Rey - Le Français a-t-il perdu sa langue ? - le français est resté une langue de réseaux universitaires ouverts au plurilinguisme : l’Amérique latine, où le Brésil a dépassé la Russie pour la production scientifique, l’Inde, ou la Chine demain… La « biodiversité des savoirs », levier majeur du développement des pays émergents, s’enrichit désormais de la liberté d’expression linguistique.

Par Jacques Munier

La langue française, un trait d’union à adapter aux nouvelles technologies

 

20 mars 2018


 

La 20ème édition de la Journée internationale de la Francophonie célébrée ce 20 mars 2018, a pour thème: « la langue française, notre trait d’union pour agir ». Plus de 1500 évènements sont organisés dans 70 pays. Selon une indiscrétion d’Europe 1 / Le JDD, le président Emmanuel Macron devrait prononcer un « discours fondateur » devant 300 élèves et étudiants des cinq continents à l’occasion de cette journée.

Par Nathalie Simon-Clerc

 

« La langue française, il faut se battre pour elle », avait déclaré le Premier ministre du Québec, Philippe Couillard, lors de sa visite à l’Élysée. Quant au président de la République française, Emmanuel Macron, il dit vouloir faire « de la promotion de la langue française et de la Francophonie une priorité ». Mais pour lui, la langue française s’inscrit dans le plurilinguisme et l’échange avec les autres langues. « Je ne fais pas partie des défenseurs grincheux, je suis un défenseur conquérant et ambitieux », a-t-il déclaré le 12 mars dernier en compagnie de Philippe Couillard.

 

Un plan français de promotion

 

D’ailleurs, c’est ce 20 mars que le plan français de promotion de la langue française et du plurilinguisme est annoncé à Paris. Emmanuel Macron devrait prononcer « un discours fondateur » sous la Coupole, devant 300 élèves et étudiants des cinq continents.

Selon le JDD, « Des mesures seront annoncées pour renforcer l’usage de la langue française dans les enceintes internationales, les médias, sur internet et dans le monde de l’économie et de l’innovation. » C’est vers l’Afrique, l’avenir de la Francophonie, que se concentreront les efforts notamment en éducation.

 

« Les nouvelles technologies bouleversent l’environnement linguistique »

 

Selon Benjamin Boutin, président de l’association Francophonie sans frontières et auteur de « L’élan de la Francophonie: une communauté de langue et de destin » et « L’élan de la Francophonie: pour une ambition française » (téléchargement gratuit), « Les nouvelles technologies bouleversent l’environnement linguistique et culturel mondial. Dans ce contexte, l’avenir d’une langue semble conditionné aux opportunités qu’elle offre à ses locuteurs, aux mobilités qu’elle favorise, aux innovations qu’elle véhicule. »

 

Le Québec sur grand écran

 

Du côté de la belle province, 34 films québécois seront présentés lors des 154 projections prévues à travers le monde. Ce sont 142 projections de longs métrages et 12 projections de courts métrages qui seront ainsi diffusées dans 20 pays : Allemagne, Brésil, Chine, Colombie, Côte d’Ivoire, Cuba, Espagne, États-Unis, Inde, Irlande, Islande, Italie, Japon, Mexique, Principauté d’Andorre, Royaume-Uni, Sénégal, Suède, Suisse et Vietnam. « Au Québec, nous avons un savoir-faire qui sort de l’ordinaire. En cette journée où tous les francophones célèbrent leur langue, les Québécois marqueront leur place par la projection d’œuvres cinématographiques démontrant que la culture québécoise rayonne à l’international une fois de plus. », a justifié Christine St-Pierre, ministre des Relations internationales et de la Francophonie du gouvernement du Québec.

 

Le français, 5ème langue du monde

 

Le français, deuxième langue la plus apprise dans le monde, avec près de 125 millions d’élèves et environ 900 000 professeurs de français à l’étranger, est la deuxième langue d’information internationale dans les médias, la troisième langue du monde des affaires et la quatrième langue d’Internet. Partagée par 274 millions de personnes dans le monde, cinquième langue la plus parlée sur la planète, le français est, avec l’anglais, la seule langue présente sur les cinq continents.

 

Les activités du 20 mars 2018 dans le monde: http://20mars.francophonie.org/

Benjamin Boutin est l’invité du 64 minutes sur TV5 Monde ce mardi 20 mars 2018 à partir de 18h (heure de Paris)

France-Québec Mag (mars 2018)

France-Québec Mag, édition de mars 2018
France-Québec Mag, édition de mars 2018