· 

Le Canada veut accueillir le Sommet de la Francophonie à Ottawa en 2028

Le Canada sera candidat pour accueillir le Sommet de la Francophonie dans la région de la capitale nationale en 2028. Le premier ministre du Canada, Mark Carney, en a fait l'annonce lundi matin au Centre Rogers d'Ottawa, lors du petit-déjeuner du maire d'Ottawa, Mark Sutcliffe, un événement de réseautage qui se tient plusieurs fois par année et qui réunit des gens d'affaires et des leaders communautaires.

 

Le premier ministre du Canada Mark Carney s'adresse au public lors d'une conférence.

Le premier ministre du Canada, Mark Carney, en a fait l'annonce lors du petit-déjeuner du maire d'Ottawa, lundi.

Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby



  

Selon le premier ministre, la candidature du Canada renforcera les liens avec 90 pays et mettra en valeur l'identité francophone du Canada, notamment les cultures québécoise, franco-ontarienne et acadienne, a-t-il dit dans son discours­.

Le Sommet de la Francophonie permettra au Canada d’approfondir les échanges commerciaux et culturels au sein d'un réseau de pays francophones, a poursuivi M. Carney au sujet de la tenue de cet événement phare de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

 

Ce ne serait pas la première fois que la région de la capitale nationale serait l'hôte d'un événement de l'OIF. En 2001, les Jeux de la Francophonie ont eu lieu pour la première fois en Amérique, à Ottawa et à Gatineau.

Quant au Sommet de la Francophonie, il a déjà eu lieu trois fois au Canada - à Québec, en 1987, à Moncton, en 1999, et à Québec, en 2008 - mais jamais en Ontario.

 

Le Canada est un membre fondateur de l'Organisation internationale de la Francophonie et son deuxième bâilleur de fonds. Le pays avait versé plus de 42 millions $ en 2024-2025, selon le gouvernement.

 

Une grande fierté pour la FCFA

 

La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) se réjouit à l'idée que la région de la capitale nationale accueille cet événement d'envergure.

 

C’est une très grande fierté d’apprendre cette nouvelle parce que nous avons fait des efforts, au cours des derniers mois, pour encourager le gouvernement fédéral à présenter la candidature du Canada, souligne la présidente de l'organisme porte-parole des francophones en contexte minoritaire, Liane Roy.

D'être capable d'être les hôtes, en quelque sorte, d'un sommet en  2028, c'est nous ouvrir la porte à 350 millions de locuteurs francophones, ajoute-t-elle. C'est vraiment diversifier les marchés.

L'Organisation internationale de la Francophonie compte 93 États membres. Un total de 56 membres le sont à part entière, dont le Canada, le Québec et le Nouveau-Brunswick. De plus, 32 États sont observateurs, parmi lesquels on retrouve entre autres l'Ontario, depuis 2016, et la Nouvelle-Écosse, depuis 2024.

 

La ministre des Affaires francophones de l'Ontario, Caroline Mulroney, indique sur X que son gouvernement salue avec enthousiasme l'annonce de la candidature du Canada pour accueillir le Sommet de la Francophonie de 2028 en Ontario.

 

La ministre des Affaires francophones de l'Ontario, Caroline Mulroney.

La ministre des Affaires francophones de l'Ontario, Caroline Mulroney (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Olivier Plante

 

Cette décision reflète le dynamisme, le talent et l'engagement de la communauté franco-ontarienne, dont le profil s'est affirmé au fil des nombreuses initiatives menées au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie, écrit-elle. Qu'il s'agisse de la première mission de l'OIF en Amérique du Nord ou la rencontre des ministres de la Culture, l'Ontario a su saisir plusieurs occasions de faire rayonner la francophonie ontarienne sur la scène internationale.

 

De bonnes chances pour le Canada

 

Selon le chercheur au Collège des chaires de recherche sur le monde francophone de l'Université d'Ottawa et président d'honneur de l'organisme Francophonie Sans Frontières, Benjamin Boutin, le Canada a toutes ses chances d'accueillir le Sommet.

 

Le dernier sommet a eu lieu à Villers-Cotterêts, avant ça, il y a eu Djerba, en Tunisie et, en 2026, ce sera au Cambodge. Du point de vue de la rotation géographique, ce serait bien que le Sommet revienne en Amérique du Nord. Ce serait une belle occasion pour le Canada pour montrer la diversité et la vitalité de ses communautés francophones, dit-il.

Le Canada a toutes ses chances parce qu'il jouit quand même d'une bonne image dans l'espace francophone. Ça fait des décennies que le Québec, le Canada et d'autres provinces, comme l'Ontario, s'impliquent pour la francophonie. [..] Ils ont toujours été considérés comme des moteurs [pour la Francophonie].

Une citation de Benjamin Boutin, chercheur au Collège des chaires de recherche sur le monde francophone de l'Université d'Ottawa et président d'honneur de l'organisme Francophonie Sans Frontières
Benjamin Boutin photographié devant un fond noir.

Benjamin Boutin est président d'honneur de francophonie Sans Frontières et chercheur à la chaire de recherche sur le monde francophone de l'Université d'Ottawa. (Photo d'archives) Photo : Benjamin Boutin

 

M. Boutin salue d'ailleurs la proactivité du Canada pour accueillir cet événement, alors que la décision de l'emplacement du Sommet de 2028 sera décidée lors de celui de novembre prochain.

 

On est quand même presque un an avant pour commencer à infuser l'idée auprès des pays francophones [membres de l'OIF], dit-il.

 

Une vitrine pour la région et le pays

 

Autant le maire d'Ottawa que la mairesse de Gatineau ne cachent pas leur enthousiasme à l'idée que la région de la capitale nationale accueille le Sommet de la Francophonie.

 

[Ce serait] une opportunité formidable pour la région de la capitale nationale, pour la Ville d'Ottawa, d'accueillir 90 nations, réagit Mark Sutcliffe. Pour la communauté francophone, ce serait une occasion de souligner tout ce qu'ils ont fait et de souligner le caractère bilingue de la ville.

On sait que ces événements-là attirent beaucoup de gens, donc les retombées économiques sont importantes. On sait aussi que ces événements-là peuvent avoir des legs importants sur la ville, souligne Maude Marquis-Bissonnette.

 

Le maire d'Ottawa Mark Sutcliffe et le premier ministre du Canada, Mark Carney se serrent la main lors du petit-déjeuner du maire d'Ottawa.

Le maire d'Ottawa Mark Sutcliffe et le premier ministre du Canada, Mark Carney

Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby

 

Benjamin Boutin souligne les bénéfices touristiques que pourrait tirer la région en termes de nuitées d'hôtel, de transport et de restauration.

 

Ça va être une manière de valoriser la beauté des sites naturels, ça va être l'occasion de valoriser le patrimoine, le système canadien, ses atouts économiques. Et ça va créer effectivement une envie de retourner sur place, dit-il.

Outre ces retombées économiques, les effets seraient beaucoup plus à long terme en termes de réputation du pays et de crédibilité diplomatique, ajoute M. Boutin.

On va être heureux de démontrer comment Ottawa fait du bilinguisme une force.

Une citation de Jérôme Miousse, directeur des affaires publiques, Tourisme Ottawa

Le directeur des affaires publiques de Tourisme Ottawa, Jérôme Miousse, voit aussi d'un bon œil cette candidature.

Pour nous, le travail commence. On est optimiste. On va se présenter là où il faut avec nos partenaires pour présenter une candidature forte et dans notre rôle de logistique pour organiser quelque chose si le Sommet a lieu à Ottawa, dit-il.

 

Avec les informations de Camille Cusset et La Presse canadienne