J'ai organisé avec Loutchka Télémaque une table ronde sur les droits linguistiques et la vitalité culturelle des Francophones au Canada le 16 mars 2026. Cette table ronde a réuni plusieurs partenaires : l'Observatoire des droits humains à l’ONU, Francophonie sans frontières, le Collège des Chaires de recherche sur le monde francophone, et l'Institut des langues officielles et du bilinguisme (Université d’Ottawa), où s'est tenue la rencontre. Vous pouvez réécouter les échanges dans la vidéo ci-après.
A la Chambre des communes du Canada, j’ai eu l’honneur d’assister à l’audition de la ministre des affaires étrangères Anita Anand. Cette audition a permis d’identifier les trois priorités structurantes de la politique étrangère canadienne:
1️⃣ La protection de la souveraineté
2️⃣ Une économie forte et résiliente
3️⃣ La promotion des principes et valeurs
Face aux perturbations du (dés)ordre international, l’approche est résolument pragmatique : « Nous abordons le monde tel qu’il est, et non tel que nous aimerions qu’il soit », a souligné la ministre.
Le Canada souhaite se doter de nouveaux outils juridiques pour faire face à la coercition économique, aux ingérences étrangères, ainsi qu’aux risques pesant sur ses industries, ses ressources naturelles et sa propriété intellectuelle. Dans un contexte de relations commerciales plus complexes avec le voisin du Sud, Ottawa entend diversifier ses partenariats, s’inspirer des législations étrangères pour mieux encadrer certaines importations et exportations, et renforcer son régime de sanctions. À cet égard, l’instrument anti-coercition de l’Union européenne pourrait constituer une source d’inspiration intéressante.
Interrogée par les parlementaires sur les droits humains, notamment dans le cadre du rapprochement économique avec la Chine, la ministre a affirmé ne pas vouloir choisir entre valeurs (droit international, inclusion, démocratie…) et intérêts. Les droits humains demeurent une priorité affirmée. Le Canada suit de près la situation en Haïti, soutient les manifestants iraniens face au régime en place à Téhéran, reste pleinement engagé pour l’intégrité territoriale de l’Ukraine et du Groenland : « Protéger la souveraineté de notre pays est plus important que jamais, y compris en Arctique », a rappelé la ministre. Le Canada investira 80 milliards de dollars supplémentaires dans saDéfense. Dans ce domaine, comme dans bien d’autres, la coopération avec Paris et Londres est essentielle.
Grande nouvelle ! Le Canada souhaite accueillir le Sommet de la Francophonie, à la suite du Cambodge, en 2028. Simon Deschamps, journaliste à Radio-Canada, a sollicité ma réaction et mon commentaire sur cette candidature, pour son article écrit et pour le Radiojournal du 8 décembre, 13h.
Un Sommet à Ottawa - Gatineau serait l'occasion de créer des opportunités économiques, de consolider des réseaux internationaux et de renforcer les communautés francophones. Vingt vingt-ans après le Sommet de Québec (2008), cet événement international permettrait au Canada de diversifier ses partenariats politiques, diplomatiques, économiques, scientifiques, culturels et médiatiques, à l'heure où il en a tant besoin.
Soyons donc toutes et tous au rendez-vous de cette ambition !
Le vendredi 8 novembre 2025, l’Hôtel de Ville d’Ottawa a accueilli un événement marquant de la vie culturelle francophone : le Gala du 120e anniversaire de l’Alliance Française (AF) d'Ottawa. Cette soirée prestigieuse a réuni partenaires, membres et amis de l’Alliance autour d’un moment de célébration, de culture et de solidarité. Les invités ont assisté à une performance artistique de la danseuse algonquine Josée Bourgeois et du Eagle River Drum Group, avant de savourer une part du gâteau d'anniversaire imaginé par Le Cordon Bleu. La soirée s'est déroulée dans une ambiance musicale élégante assurée par le Pocket Jazz Band. J'étais heureux de retrouver plusieurs amis engagés pour la Francophonie, dont Josée Colas (Francophonie sans frontières Canada Québec), Christophe Brayet (AF Montréal), Lydie Belporo (Observatoire des droits humains à l'ONU), Catherine Zerki (AF d'Ottawa) et de faire la connaissance des membres et amis de l'AF.
Au-delà de l’expérience festive, ce gala a porté une mission essentielle : soutenir le programme de bourses de l’Alliance Française Ottawa, afin de permettre à des apprenants à faible revenu d’accéder gratuitement à des cours de français et de renforcer l’inclusion linguistique au sein de la communauté. Grâce à la mobilisation des partenaires, des participants et de l’équipe de l’Alliance Française Ottawa, ce 120e anniversaire s’est imposé comme un moment fort et porteur de sens pour la francophonie ottavienne.
Dans le cadre de la 8e édition du Salon du livre afro-canadien présentée par Radio-Canada, Mosaïque interculturelle a organisé le 25 octobre une soirée de poésie au Centre national des Arts à Ottawa à laquelle prirent part des poètes et poétesses confirmés comme Évelyne Trouillot mais aussi des auteurs plus novices. Le micro a été ouvert à différentes voix francophones, ce qui m'a incité de lire l'un de mes poèmes, Les varechs d'Argyle, écrit en Nouvelle-Écosse lors du Congrès mondial acadien 2024.
La célébration du 50e anniversaire du drapeau franco-ontarien devait donner lieu à un tintamarre, suivi du lever officiel du drapeau franco-ontarien, mais la météo en décida autrement ! C'est à l'Agora du Centre universitaire Jock Turcot que ce moment spécial de célébration eut lieu, en présence de la rectrice de l'Université d'Ottawa.
Le drapeau vert et blanc des Franco-Ontariens a été hissé pour la première fois il y a 50 ans, le 25 septembre 1975, sur le site de l'université de Sudbury. Il symbolise l'héritage, la solidarité et la vitalité de femmes et d'hommes qui perpétuent leur langue et leur culture, qui les transmettent aux prochaines générations.
Connectés à la Francophonie canadienne et internationale, ils et elles sont certes en situation minoritaire en Ontario mais représentent la plus grande communauté francophone au Canada hors Québec. Cette communauté historique qui accueillent de nouveaux arrivants francophones avec hospitalité !
Ce drapeau vert et blanc suscite l'engagement et la fierté. Je souhaite aux Franco-Ontariennes et aux Franco-Ontariens de le lever avec la même ferveur et le même esprit fédérateur chaque année, tous les 25 septembre, et pour les siècles à venir ! Vous êtes. Vous serez.
En cette rentrée parlementaire à Ottawa, deux grandes associations francophones (FCFA, Société nationale de l'Acadie) ont fait savoir au Premier Ministre Mark Carney qu'il était essentiel de maintenir les budgets alloués à la Francophonie canadienne et d'augmenter les cibles en immigration francophone. Ces revendications concernent aussi le financement du Congrès mondial acadien ou encore la présence de Radio-Canada en Acadie.
Après avoir enseigné deux ans à l'Institut international pour la Francophonie à Lyon, je suis ravi de rejoindre le Collège des Chaires de recherche sur le monde francophone de l'Université d'Ottawa, sous la direction du Professeur Jonathan Paquette. Le Collège (CCRMF) rassemble une équipe pluridisciplinaire animée par la passion de la science en français, à l'intersection de mes sujets d'intérêt fondamentaux : la diplomatie culturelle, la gouvernance, l’éducation, le plurilinguisme et bien sûr la Francophonie. Celle-ci est au cœur de l'Université d'Ottawa. Depuis mon arrivée, je relève avec joie les atouts de notre communauté francophone vibrante, au sein de cette institution, plus grande université bilingue au monde ! Cette nouvelle étape me permettra de consolider mon expertise et de contribuer activement aux réflexions et initiatives en faveur d’une Francophonie moderne, vivante et influente sur la scène canadienne et internationale.
Le Manitoba compte soumettre une demande pour rejoindre les rangs de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à l’occasion du prochain Sommet de la Francophonie, qui aura lieu en 2026 au Cambodge. La province marche sur les traces de la Nouvelle-Écosse et de l'Ontario, membres observateurs depuis respectivement 2024 et 2016. A la demande de Radio-Canada, je donne mon avis sur cette procédure, sur les gains de l'adhésion et la manière pour le Manitoba de contribuer à orienter certaines actions internationales vers la Francophonie des Amériques.
Les francophones et francophiles sont souvent à la recherche d’expériences de mobilité et de rencontre. Dans cet esprit, le Centre de la francophonie des Amériques a pour mission de favoriser les échanges, les partenariats et le développement de réseaux.
Il soutient des projets structurants liés aux enjeux de société et diffuse de l’information liée à la francophonie. Son rôle est à mon avis indispensable pour l’avenir de la francophonie dans les Amériques.
D'après Statistiques Canada (2011), près de 10 millions de Canadiens, soit près 1 Canadien sur 3 sait parler en français. Néanmoins, seuls 37 à 47 % des francophones déclarent utiliser uniquement le français dans leur vie quotidienne.
Images : à gauche avec le PDG du Centre de la Francophonie des Amériques (2011-2019), M. Denis Desgagné.
A droite avec la Présidente-directrice-générale du CFA (depuis 2019), Mme Johanne Whittom et Joanie Dionne Rhéaume, équipière de Francophonie sans frontières au Québec.
Les francophones sont majoritaires au Québec, minoritaires dans les autres provinces. Hors Québec, le Canada compte 2,6 millions de locuteurs du français. Le Nouveau-Brunswick est la seule province à avoir le statut officiel bilingue. Les francophones y représentent un tiers de la population. A l'extérieur du Québec, la proportion de francophones était de 6,1 % en 1971. Aujourd’hui, elle est environ de 4 %. Près de la moitié des enfants dont un des parents au moins est de langue maternelle française se sont vus transmettre seulement l'anglais comme langue maternelle…
La pérennité du français au Canada passe par des réseaux, des politiques publiques, des initiatives citoyennes, par une immigration choisie et instruite en français. De nombreux Canadiens se battent pour garder leur langue, la transmettre à leurs enfants, et la conserver vivante dans l'espace public, en contexte minoritaire. Ils ont compris que plus ils réussiront à développer des espaces de vie en français comme des centres communautaires, parascolaires, des espace culturel pour les jeunes, des hôpitaux, des garderies, des théâtres, plus ils pourront s’assurer que le réseautage se fasse en français.
En Ontario, par exemple, les écoles jouent un rôle clé dans la transmission culturelle et la valorisation de la francophonie. Dans plusieurs régions, l’école est le lieu par excellence où la communauté se rassemble. Il faut également assurer un service médiatique et d’information en français (une des demandes récurrentes de l’Assemblée des francophones de l’Ontario). Dans les différentes régions du pays, des alliances institutionnelles comme celle du Manitoba et du Québec, et la création du Réseau des Villes francophones et francophiles sont importantes, de même que les initiatives de la société civile.
Quelques organismes importants de la Francophonie canadienne :
- Fédération de la jeunesse canadienne française
- Fédération culturelle canadienne française
- Assemblée de la Francophonie de l'Ontario
- Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada
- TFO, Télévision francophone de l'Ontario, etc.