La relation franco-québécoise et canadienne est riche d'un imaginaire commun, nourri par des références culturelles multigénérationnelles. Il existe de multiples courants d'échanges artistiques entre les deux rives de l'Atlantique, notamment dans les domaines de la musique et des arts vivants. Voici un petit tour d'horizon de ces échanges féconds... Le Québec et le Canada offrent une variété d'expériences artistiques et culturelles pour tous les publics, sur leur territoire et au-delà de leurs frontières.
Avant même de poser le pied sur le tarmac de l’aéroport Dorval (devenu l'aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal), c’est par la culture que j’ai abordé le Québec. Et ce parce qu’il existe, entre le Québec et la France, un courant d’échanges artistiques qui féconde un imaginaire culturel commun.
La France, terre d’adoption des artistes canadiens francophones
Si l’on ne saurait résumer le rapprochement culturel franco-québécois à une simple logique marchande, il ne faudrait pas négliger le fait que la France offre un débouché naturel aux artistes québécois francophones. Ceux-ci se sentent parfois à l’étroit dans un marché domestique de 8,5 millions d’habitants. De fait, le public français est réceptif : il nourrit un intérêt, une curiosité voire un attachement aux artistes québécois.
La France a été et continue d’être une terre d’adoption pour ces artistes. Elle a donné sa chance à plusieurs d’entre eux, parfois avant même leur reconnaissance outre-Atlantique. Ce fut le cas du chansonnier et poète Félix Leclerc, à qui la Bibliothèque nationale de France a rendu hommage en 2014 soulignant les cent ans de sa naissance.
La France (avec la Belgique et la Suisse) représente un tremplin pour la carrière de nombreux créateurs et interprètes québécois. C’est dans la capitale française qu’eurent lieu les premières des comédies musicales Starmania (1978) et de Notre-Dame de Paris (1998). Ces succès internationaux nés de la coopération franco-québécoise entre Luc Plamondon, Michel Berger et Richard Cocciante révélèrent notamment Fabienne Thibaut.
C’est de son studio des Champs-Élysées que Michel Drucker présenta une jeune québécoise originaire de Charlemagne à la télévision française : « Retenez bien son nom : Céline Dion » (1983). Celle-ci est passée en France et en Suisse (où elle remporta l’Eurovision) du statut de vedette nationale à étoile montante de la francophonie, avant de se lancer à la conquête du marché américain et planétaire avec son gérant et futur époux René Angélil. La collaboration de la Québécoise avec des auteurs-compositeurs français tels qu’Eddy Marnay (qui avait écrit pour Édith Piaf) et Jean-Jacques Goldman engendra de grands succès, dont D’eux, l'album francophone le plus vendu dans l’histoire de la musique.
Plusieurs générations de Français aiment les chanteuses et les chanteurs québécois, particulièrement Félix Leclerc, Robert Charlebois (auteur de l'incontournable Je reviendrai à Montréal), Fabienne Thibeault, Diane Tell, Ginette Reno, Garou, Isabelle Boulay, Céline Dion, Fred Pellerin (conteur et chansonnier), Cœur de Pirate, Pierre Lapointe ou encore Gregory Charles. A l’inverse, les artistes français qui arrivent à percer outre-Atlantique sont plus rares dans la nouvelle génération (citons toutefois Eddy de Preto ou Stromae, de nationalité belge). La chanson française intemporelle, d’Édith Piaf à Charles Aznavour en passant par Renaud et Francis Cabrel, continue d’être appréciée.
Des arts vivants qui nous relient
Au Québec, au Canada comme en France, les arts vivants ont une grande importance et contribuent à l'art de vivre en général. Les spectacles d'improvisation et d'humour, les carnavals et les festivals comme les Francofolies de La Rochelle et de Montréal égayent nos vies. Il y a là un côté latin partagé sur les deux rives de l'Atlantique. Dans le domaine du cirque, chacun a en tête le succès du Cirque du Soleil et reconnaît le talent des compagnies circassiennes comme Les 7 Doigts. J'ai eu le plaisir d'assister à quelques exercices de haute voltige de leur part à la Tohu (lieu de création et de diffusion des arts du cirque à Montréal dirigé par Stéphane Lavoie) aussi bien qu'à la Villette, près de Paris, lorsque le Québec y était invité d'honneur en novembre 2017.
Dans le domaine de l'art dramatique, la relation franco-québécoise donne lieu à des collaborations exceptionnelles, comme celle entre Ariane Mnouchkine et Robert Lepage. Dans un tout autre registre, j'ai eu un coup de cœur pour Les lettres d'amour adaptées d'Ovide par Evelyne de la Chenelière et mises en scène par David Bobée, avec Macha Limonchik et Anthony Weiss, à l'Espace GO à Montréal. Le Québec est un lieu idoine pour innover en matière théâtrale, dans un esprit de liberté transdisciplinaire. Pelléas et Mélisande et Amsterdam au théâtre du Nouveau-Monde l'ont prouvé, tout comme la performance de Robert Lepage dans Quills (de Doug Wright) à l'Usine C. Autre illustration parlante de ces circulations franco-québécoises, l'artiste libano-québécois Wajdi Mouawad a été nommé en 2016 par le Président de la République française directeur du prestigieux théâtre de la Colline à Paris.
Le Québec vibre aussi par ses nombreux orchestres, qu'ils soient amateurs ou professionnels. Ceux-ci mériteraient d'être davantage connus en France, à l'instar de l'Orchestre de la francophonie dirigé par Jean-Philippe Tremblay et qu'a présidé pendant dix ans Jacques Robert, mais aussi de l'Orchestre philharmonique des musiciens de Montréal, dirigé par Philippe Ménard et présidé par Serge Malaison (j'ai également fait partie du conseil d'administration) et bien sûr du fabuleux Orchestre symphonique de Montréal dont j'ai eu le privilège d'être l'un des jeunes ambassadeurs.
En février 2020 au théâtre des Champs-Élysées à Paris, le chef québécois Yannick Nézet-Séguin, directeur artistique de l'Orchestre métropolitain de Montréal et du Metropolitan Opera de New-York, a séduit d'un même mouvement le public et la critique en dirigeant l’œuvre de Richard Strauss La femme sans ombre. Le Québec compte de grands chanteurs lyriques à l'exemple de Marie-Nicole Lemieux, très appréciée en France, que j'ai eu le plaisir d'écouter à l'Opéra de Paris. Pour ma part, j'aime écouter les chanteurs lyriques de la relève aussi bien que les artistes plus confirmés tel le ténor Guy Bélanger, dont les chants de Noël illuminent les flocons de neige.
La consécration d'un double ancrage
Le festival de Cannes a auréolé de gloire le jeune cinéaste talentueux québécois Xavier Dolan, récipiendaire en 2014 du Prix du jury. Il lui a donné une tribune mondiale pour exprimer son message de création, d'audace et de persévérance : « je pense que tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n'abandonne jamais ! ». Avant lui, d'autres réalisateurs québécois avaient été primés à Cannes, comme Michel Brault (1975), tandis que Denys Arcand avait remporté le César du Meilleur réalisateur pour Les Invasions barbares (2004).
Plusieurs films québécois ont été très appréciés ces dernières années, à l'exemple de C.R.A.Z.Y. de Jean-Marc Vallée (2005). D'autres pépites mériteraient d'être connues comme Guibord s'en va-t-en guerre, réalisé par Philippe Falardeau (2015), une comédie politique qui ouvre une belle fenêtre sur l'Abitibi. Je recommande aussi l'adaptation de la bande dessinée Paul à Québec (2015), sur le thème de la fin de vie, avec l'excellente actrice Julie Le Breton. Une plateforme a d'ailleurs été mise en ligne en 2020 pour mieux faire connaître le cinéma québécois en France.
À Montréal, le Festival de films francophones CINEMANIA fait briller depuis 1995 les films et les auteurs de langue française. En novembre 2019, ce festival chers aux montréalais (dirigé par
Guilhem Caillard) a séduit 28 000 spectateurs par sa riche programmation de films en langue française comme Portrait de la jeune fille en feu, Les Misérables, Papicha, La Vérité, Les
Hirondelles de Kaboul.
Enfin, les liens littéraires entre la France et le Québec sont forts. Des influences croisées existent naturellement depuis le début de l'aventure américaine française au XVIe siècle jusqu'à aujourd'hui. De canadienne-française, la littérature est devenue québécoise, avec ses propres thèmes reflétant sa réalité sociologique spécifique. Celle-ci pourrait être mieux connue par le grand public si des auteurs comme Michel Tremblay entraient dans le programme du baccalauréat français. Les autrices et les auteurs du Québec trouvent en France un lectorat attentif.
C'est également le cas des poétesses et des poètes comme Helène Dorion que j'ai croisée au Marché de la poésie à Paris. La librairie du Québec à Paris, la librairie Gallimard à Montréal et quelques éditeurs comme Anne Sigier, pilier de la communauté française de Québec, font un travail remarquable de mise en lumière croisée des œuvres littéraires françaises et québécoises. Tout comme les prix littéraires France-Québec et Québec-France (j'ai fait partie du comité de lecture de ce-dernier) qui permettent de faire découvrir de nouvelles plumes. J'apprécie particulièrement celle de Christian Guay Poliquin dans Le Poids de la neige. Ce sont quelques uns ces auteurs de talent que Jo Ann Champagne promeut avec succès en France.
Le pays de Molière et d'Aimé Césaire a même consacré l'écrivain québéco-haïtien Dany Laferrière en l'élisant à l'Académie française (plus ancienne institution créée par Richelieu). Espérons que celui-ci sera suivi sous la coupole par d'autres auteurs représentatifs de la beauté de la francophonie, comme la Québécoise d'origine vietnamienne Kim Thúy.
Ainsi, la France et le Québec ont-ils en commun d'être des puissances culturelles dont l'influence dépasse de loin le nombre de leurs habitants. Nos deux nations sœurs travaillent de concert à valoriser une culture plurielle et plurilingue dans le monde, comme en 2005 en favorisant l'adoption de la Convention pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles à l'UNESCO.
Les poètes québécois étaient à l'honneur au 36e Marché de la poésie de Paris, du 6 au 10 juin 2018. Sur la place Saint-Sulpice, les kiosques des maisons d'édition présentaient les œuvres d'une dizaine d'entre eux (Louise Dupré, Nicole Brossard, Claude Beausoleil...).
A signaler, "Le temps du paysage" (Druide), récit méditatif de la poétesse Helène Dorion (photo ci-contre à droite), convie le lecteur à la contemplation et à la transformation intérieure. Hélène Dorion a écrit plus de trente livres (récits, poésie, essais, album jeunesse), qui ont été traduits et publiés dans une quinzaine de pays. De surcroît, l'académicien Dany Laferrière a été la vedette d'une discussion passionnante sur la culture et la poésie québécoise, dont il a lu de larges extraits en public.
En somme, ce marché de la poésie a offert une belle vitrine aux poètes et écrivains québécois, dont certains étaient représentés en France par la talentueuse Jo-Ann Champagne, figure de proue de Québec Éditions en France. Frédérique Filatrault (au centre de l'image) représentait pour sa part la Fédération France-Québec / francophonie. L'auteur et académicien Dany Laferrière a livré une brillante conférence sur les poètes québécois.
Récipiendaire en 2019 du prix Athanase-David, plus haute distinction du Québec en littérature, Hélène Dorion a fait paraître plus de trente-cinq ouvrages. Poésie, romans, essais, albums jeunesse, ses livres sont publiés dans une quinzaine de pays et lui ont valu plusieurs distinctions, dont le prix du Gouverneur général du Canada.
Artiste multidisciplinaire, elle a écrit avec Marie-Claire Blais le livret de l’opéra Yourcenar – Une île de passions présenté par l’Opéra de Montréal et l’Opéra de Québec en 2022. Elle expose régulièrement de ses photographies, conçoit et présente des concerts littéraires, en plus de collaborer avec des compositeurs et d’écrire des textes de chansons. Elle est aussi l’auteure d’une quinzaine de livres d’artistes. Hélène Dorion a fait partie de la rédaction de plusieurs revues et a collaboré, à titre de critique, à diverses publications culturelles et littéraires. Elle a été directrice littéraire des Éditions du Noroît de 1991 à 2000 et a réalisé une série d’enregistrements audio de poésie et musique. Elle a tenu des chroniques dans divers magazines et radios. Chevalière de l’Ordre national du Québec et Officière de l’Ordre du Canada, elle est membre de l’Académie des lettres du Québec et fait partie du jury permanent du prix de poésie francophone Louise-Labé.
Pour la première fois, une poétesse vivante - qui plus est québécoise - entre au programme du baccalauréat français ! Un « immense honneur » pour cette auteure que je lis et suis depuis plusieurs années (depuis ma rencontre avec elle en 2018 au marché de la Poésie à Paris), fière d'être étudiée par des millions d’élèves : « une occasion unique de transmettre ce que peut être l’expérience immédiate de la poésie, comme une expérience de langage qui nous déplace, qui nous fait voir les choses un peu différemment. »
Mes forêts sont de longues tiges d'histoire
elles sont des aiguilles qui tournent
à travers les saisons elles vont
d'est en ouest jusqu'au sud
et tout au nord
mes forêts sont des cages de solitude
des lames de bois clairsemées
dans la nuit rare
- Éditions Bruno Doucey, 2023
Romancière, poétesse et nouvelliste, Madeleine Monette est originaire de Montréal et vit à New York, sa ville d'adoption. Elle est l'auteure de cinq romans : Le Double suspect (1980), Petites Violences (1982), Amandes et Melon (1991), La Femme furieuse (1997) et Les Rouleurs (2007). En 2000, Le Double suspect a été traduit en anglais sous le titre Doubly Suspect. Un premier recueil de poésie, intitulé Ciel à outrances, est paru en 2013. Nominée pour de nombreux prix littéraires dont le Prix Marguerite Yourcenar (États-Unis), le Prix France-Québec (France), le Grand Prix des lectrices d'Elle Québec, les Prix Molson et Ringuet de l'Académie des lettres du Québec, elle a été romancière en résidence à l'Université du Québec à Montréal en 1993-94 et a obtenu en 1994 la première bourse d'écriture Gabrielle-Roy. Plusieurs de ses textes ont été publiés dans des recueils collectifs et lus à la radio ; d'autres sont parus dans des publications littéraires au Québec, au Canada anglais, aux États-Unis, en Italie, en France, en Roumanie, en Martinique et au Maroc. Madeleine Monette est membre de l'Académie des lettres du Québec et du Parlement des écrivaines francophones.
L'AMÉRIQUE EST AUSSI UN ROMAN QUÉBÉCOIS avec Madeleine Monette, romancière, poétesse, essayiste née à Montréal, qui habite Manhattan depuis la fin des années 1970 et d'où elle continue à écrire en français. Car, explique-t-elle, « l'écriture s'accommode du dépaysement, de lieux et de langues qui aident le moi à se dénouer ou à se désassembler, à se "déprendre de lui-même" selon la formule de Michel Foucault. »
De sa fenêtre du 11e étage, regardant la ville-monde, écoutant tonner ses éclairs précurseurs, elle continue d'être la petite fille et la jeune femme de son Québec natal. Mais en ayant embrassé son destin de déplacée volontaire, elle a trouvé sa juste place pour écrire. Je ne peux m'empêcher de replacer ce destin littéraire dans la saga collective des francophones d'Amérique. Sans cesse tiraillée entre son « Américanité » et sa « Francité », Madeleine Monette me conforte dans mon idée que la langue française n'est pas une langue étrangère aux États-Unis.
En effets, les millions de francophones qui ont contribué et contribuent encore à bâtir ce pays ne doivent pas être effacés. La plupart de leurs descendants ne parlent plus notre langue, mais il reste des racines, des histoires, un substrat culturel. N'oublions pas non plus que cette « américanité » fut aussi, à l'origine, un rêve européen qui s'est enrichi de l'apport d'autres migrants [À ce sujet, voir les écrits de Dean Louder sur la Franco-Amérique].
Quand Madeleine Monette écrit : « aujourd'hui, je sais que la langue française est ce par quoi s'affirme mon américanité, qu'elle est ma façon de m'inventer sur le continent américain au carrefour d'autres cultures », je repense à cette déclaration d'amour de Gilles Vigneault : « La langue française, c'est le pays de l'intérieur, le pays invisible, spirituel, mental, moral qui est en chacun de vous. »
Par leur justesse, ces « Vues de l'intérieur » de Madeleine Monette s'inscrivent dans la grande littérature. Par ses thèmes, ses analyses, ses réflexions sensibles, c'est un livre que j'attendais. Je vous conseille de vous procurer cet ouvrage paru aux Éditions Nota bene, dans la collection La ligne du risque dirigée par Étienne Beaulieu.
Pour ne rien gâcher, Madeleine (que j'ai eu le bonheur de rencontrer à Paris il y a peu) est une personne charmante. Elle était de retour du Liban, où le Parlement des écrivaines francophones l'avait emmenée à la rencontre de ses lecteurs (dans le cadre du festival Beyrouth Livres). Dans un établissement scolaire libanais, elle eut la surprise de découvrir une citation de l'un de ses livres : « Il n'y a que la littérature pour contourner, tout en les déplaçant, les interdits dont sont frappés nos rêves et nos désirs »... De son exil new-yorkais, elle propose un regard sur la littérature du Québec, qui « devient un lieu plus actif de transferts culturels, d'échanges obliques ou de contrastes éclairants », notamment grâce à l'apport d'auteurs essentiels nés hors Québec comme Kim Thúy et Dany Laferrière. Ces auteurs « rendent le connu méconnaissable et l'inconnu attrayant, nous éveillent aux douleurs et aux conflits d'une humanité élargie, soulèvent une folle envie d'être bienveillants. »
Que dire de plus ? Peut-être que « la littérature est par bonheur un lieu d'identités en devenir, de glissements de territoires et de cultures, de fusions d'histoires d'avant et de maintenant, d'ici et d'ailleurs, et qu'elle peut rendre sensible le bel inconfort des différences. » Merci, Madeleine Monette !
Robert Charlebois triompha au Grand Rex à Paris, les 1er et 2 avril 2023. Son spectacle CharleboisScope, véritable kaléidoscope musical sur plusieurs décennies, met en exergue son entrain, son humour, son brin de folie et bien sûr son talent musical. Figure de la chanson québécoise depuis les années 1960, chanteur extra-"Ordinaire" contrairement à sa chanson titre, Charlebois est devenu une légende.
Ce poète psychédélique aime rire et chanter, danser et défier les conservatismes. En 47 ans de carrière, ce chanteur iconique parvient à réunir toutes les générations ! Monument sympathique de la chanson française et du lien culturel Québec-France, Charlebois l'inimitable offrit au public du Grand Rex 100 minutes d'énergie musicale pétillante !
Le patrimoine québécois est un trésor à préserver pour les prochaines générations. Le Québec jouit d'une offre muséale très riche et variée. Voici un tour d'horizon assez personnel de quelques lieux marquants (musées et sites patrimoniaux) à Montréal et à Québec principalement...
Les musées
J'aime la plupart des musées du Québec, du plus petit au plus grand. Combien de fois ais-je été impressionné par la qualité de la muséographie au Musée des Beaux Arts de Montréal ? Les expositions Rodin, Pompéi, Mugler, Picasso et l'Afrique m'ont marqué. Je garde aussi des souvenirs extraordinaires des expositions permanentes et temporaires à Pointe-à-Callières qui réussit une synthèse parfaite entre l'archéologie, l'art et la vulgarisation de la connaissance. Les expositions sur les reines d'Egypte, Agatha Cristie, la gastronomie, etc. m'ont enthousiasmé, de même que plusieurs expositions photographiques au musée Mc Cord et scientifiques à la Biosphère, musée de l'environnement.
Du côté de la région de Québec, le Musée des civilisations présente d'excellentes expositions, dont une permanente sur l'histoire de la vieille colonie et des expositions temporaires de grande qualité sur la danse, la peinture, l'évolution du monde, etc. Le Musée national des Beaux-Arts de Québec offre un cadre idéal de sérénité pour apprécier les chefs d’œuvres des grands peintres québécois comme Riopelle et Lemieux, mixés avec des œuvres plus contemporaines et de superbes œuvres d'art autochtones. A noter aussi la vivacité des galeries d'art du Québec qui exposent les travaux d'artistes vivants. J'ai un faible pour les magnifiques portraits créés par Louis Boudreault.
Le patrimoine et le matrimoine
Les sites patrimoniaux et matrimoniaux du Québec me passionnent et m'émeuvent, tels que la maison de Marguerite Bourgeoys, celle de Dorimène et d'Alphonse Desjardins à Lévis, le jardin-château Ramezay, le musée Stewart sur l'île Sainte-Hélène, le Centre d’histoire de Montréal dont les expositions sur la pègre et l'émigration haïtienne restent dans les annales...
Le traces archéologiques des Montréalistes, fondateurs de Ville-Marie (devenue Montréal) et leurs restes dans la nécropole de Pointe-à-Callières me fascinent, d'autant que parmi leurs noms de famille figure celui de ma mère. A Neuville, c'est le nom de mon père qui est associé à la fondation de cette charmante petite ville située près de Québec. Il y aurait tant d'autres sites à évoquer, comme les chapelles du Calvaire d’Oka, le moulin à vent de Pointe-aux-Trembles, Habitat 67, le Manoir Hovey niché sur les rives du lac Massawippi, les remparts de Québec, les maisons et les auberges ancestrales, les cathédrales, les monastères et les églises...
En juillet 2022, j'ai visité avec l'historien Roger Barrette la chapelle de Tadoussac (dite chapelle des Indiens) dans la région de la Côte-Nord, au Québec. Bien qu'une première chapelle d'écorce ait été érigée à Tadoussac dès 1615, celle-ci date de 1747. Elle fut un lieu de rencontre et d'interactions important entre les premiers Canadiens français et les Innus (Montagnais). Tadoussac fut le premier poste de traite (des fourrures) permanent entre les Français et les Autochtones. Ce village est aujourd'hui prisé par les touristes français, qui viennent y voir les baleines.
C'est une œuvre majeure que je vais voir à chacun de mes passages dans la belle ville de Québec !
L'hommage à Rosa Luxemburg de Jean-Paul Riopelle fut réalisé en 1992 lorsque le peintre québécois apprit la mort de son ancienne compagne, la peintre américaine Joan Mitchell. Ce tryptique de 30 mètres de longueur, jaillissement émotionnel, a été admirée au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), depuis son acquisition en 1996, par près de 1 500 000 visiteurs. C'est la plus grande œuvre jamais réalisée par l'artiste !
Lorsqu’il apprend la mort de Joan Mitchell (1925-1992), sa compagne pendant vingt-cinq ans, Riopelle décide de lui consacrer un immense triptyque composé de trente peintures qu’il intitule L’Hommage à Rosa Luxemburg. L’œuvre, qui se décline comme une « une succession de tableaux animaliers », n’est pas peinte à la spatule, un outil largement associé à Riopelle, mais à la bombe aérosol, une technique qui marque sa fin de carrière, selon l'historien d'art François-Marc Gagnon, qui explique : « L’artiste crée son œuvre en posant ses panneaux à plat, sur une table, l’un après l’autre. Pour produire L’Hommage à Rosa Luxemburg, une œuvre de plus de 10 mètres de long, il utilise trois rouleaux de toile qu’il déroule au fur et à mesure pour y peindre. Sur la toile, il pose divers objets de la vie courante, certains plus inusités que d’autres, allant des volatiles morts à des fers à cheval, des ventilateurs de radiateur, divers outils, des boulons, des clous et des vis. Riopelle projette sa peinture à la bombe aérosol sur chaque objet et obtient ainsi de vraies empreintes, laissant sur la toile des silhouettes ou des taches. Cette évocation des objets par leur absence est particulièrement significative lorsque l’on considère que l’œuvre est peinte dans le contexte du deuil d’un être cher. »
L’été 2023, la Fondation Marguerite et Aimé Maeght a présenté une exposition monographique consacrée à l’immense artiste Jean Paul Riopelle dans le cadre de “Riopelle 100”, année du centenaire de sa naissance. L’exposition a montré l’œuvre de Riopelle – peinture abstraite et figurative, sculpture, céramique, tapisserie, gravure – grâce à de nombreux prêts exclusifs et au commissariat de sa fille, Yseult Riopelle. Cette exposition a donné lieu à une programmation estivale riche : concerts, projections de films en plein air, ateliers pour enfants… Elle a marqué aussi le grand retour de la danse à la Fondation Maeght avec « Passages » de Noé Soulier dans des décors que Riopelle avait imaginés pour Merce Cunningham en 1967.
Riopelle en Provence, c'est toute une émotion ! La Fondation Maeght à Saint-Paul de Vence, sur les hauteurs de Nice, présente une sublime exposition sur Jean Paul Riopelle! Ce peintre canadien de renommée internationale aurait eu 100 ans cette année ! L'occasion d'une riche programmation orchestrée par la Fondation Riopelle, en partenariat avec TV5MONDE. Vernissage hier en présence de l'ambassadeur du Canada en France, des familles Maeght et Riopelle ainsi que des représentants diplomatiques, artistiques et associatifs dont Louise Chalifour, Rita Karam Paoli et Pierre Chaplain. Découvrez jusqu'au 12 novembre 2023 cette exposition qui retrace toutes les périodes de ce peintre majeur du XXe siècle, au cœur d'un lieu exceptionnel qui fait encore plus aimer l'art !
Ami du fondateur de La Maison autochtone, le peintre sculpteur André Michel, l'artiste Jean-Paul Riopelle a soutenu de son vivant la création de La Maison autochtone. À la fin de sa vie, il a créé la sérigraphie originale « Oie aux herbes sauvages » et fait don de la série à l'institution pour aider à son fonctionnement.
Riopelle aimait les grands espaces sauvages nordiques mais surtout les Autochtones qui y cohabitaient avec les animaux depuis des siècles. Le « Salon Riopelle » permet de voir et d'admirer quelques-unes de ses œuvres mais aussi les objets autochtones qu'il affectionnait tels que son canot en écorce de bouleau fabriqué par César Newashish de la Nation Atikamekw, sa veste en peau de caribou, son tambour et un récipient de lave-glace, modifié pour recueillir l'eau d'érable, décoré par l'artiste.
À l'occasion de la Fête nationale du Québec, le 24 juin 2023, je suis allé sur les traces du grand peintre québécois Jean Paul Riopelle (1923-2002), dont on célèbre en 2023 le Centenaire ! Peintre de renommée internationale né à Montréal, il fut longtemps le compagnon de Joan Mitchell avec qui il vécut à Vétheuil. Dominique Herpin-Poulenat, mairesse de cette charmante commune du Val-d'Oise en Île-de-France nous reçut devant l'établissement scolaire nommé en l'honneur de Jean Paul Riopelle en 2003. Roxane Fossé, présidente des Amis de Vétheuil m'a fait découvrir l’église de Vétheuil classée aux monuments historiques, immortalisée par Monet et Riopelle ! Une belle façon de célébrer la Saint Jean-Baptiste et les liens croisés artistiques France-Québec-Canada !
Débarquant en Normandie dans la France en ruine le 24 août 1946, Riopelle tombe sous le charme de la lumière irisée des rives de la Seine, où l’impressionnisme est né. «J’ai décidé que c’était en Île-de-France, là où la lumière est la plus belle, que je vivrais.» Quelque vingt ans plus tard, la chance qui mit Giverny sur la route de Monet joue en sa faveur. La compositrice Betsy Jolas annonce à Jean-Paul et Joan Mitchell, compagnons de vie depuis 1958, qu’une propriété est à vendre dans le village de Vétheuil, à 60 kilomètres de Paris. Sise sur deux acres, elle comprend un bâtiment principal baptisé la Tour, une dépendance en pierres idéale pour l’installation d’un atelier, et en contrebas des jardins, donnant sur la route, la maison du jardinier et de la cuisinière, celle-là même que loua Claude Monet en janvier 1878 et qu’il dut quitter en 1881, par défaut de paiement.
Contrairement à lui, riches et célèbres, Jean-Paul et Joan (qui vient d’hériter de sa mère, veuve fortunée à Chicago) décident en 1967 d’acheter la Tour, enchâssée dans un site admirable. Au pied d’un terrassement de la route coule la Seine, parsemée d’îles, où circulent péniches et chalands. Des coteaux relèvent la ligne d’horizon, sur laquelle se dresse, dominant le village du haut de ses cinquante marches irrégulières, la silhouette imposante de l’église Notre-Dame. D’où que l’on regarde, la vue enchante, mais la perspective privilégiée par Riopelle marie l’espace et le temps, le paysage et l’Histoire, dans la verticalité de son architecture édifiée du XIIe au XVIe siècle. S’il déplore dès son arrivée que « le Français n’est certainement plus un constructeur de cathédrale », c’est précisément parce qu’il admire les bâtisseurs et les artisans de telle bible de pierres.
Monet vénérait au fil des heures et des saisons « sa » cathédrale de Rouen, Riopelle adore « son » église de Vétheuil. Il lui consacre quantité de dessins, de lithographies, de fragments et de collages, et même après avoir quitté Joan et la Tour, d’autres clochers en d’autres lieux le ramèneront à elle(s), en des variantes pour lesquelles il retrouve sa manière délicate, son trait subtil et broussailleux, l’impression réanimée par le souvenir à la recherche du temps perdu. Dès 1970, il produit de l’église sa représentation la plus reconnaissable, déclinée en quatre versions. La lithographie en couleurs Vétheuil détaille la topographie du lieu et l’architecture. La façade Renaissance orientée à l’Ouest arbore un portail en plein cintre surmonté d’un fronton triangulaire et de balustres, ses niches latérales vidées de leurs statues par la Révolution...
Joan Mitchell aimait à dire qu'elle peignait pour survivre ; qu'elle peignait pour elle... et pour ses chiens ! « La peinture, c'est l'inverse de la mort », croyait-elle. Influencée par Matisse, Cézanne, Monet, Van Gogh, l'artiste américaine trouva à Paris la liberté de développer son style. Elle y rencontra Jean-Paul Riopelle, peintre canadien qui deviendra son compagnon, avec qui elle partagea son atelier. L'été en Méditerranée, les fins de semaine à Vétheuil en Normandie, cette compositrice de la couleur et de la lumière décela sur les eaux de la Seine les reflets du Lac Michigan de son enfance.
La Fondation Vuitton met ses œuvres en dialogue avec celles de Monet. Bien vu ! On relève notamment les thèmes communs de l'eau et des jardins, les effets de miroitement, d'ondulation, de végétation... Ces toiles sont les projections de leurs émotions face à des paysages mémorisés. On qualifia la peinture de Mitchell d'expressionnisme abstrait. Toujours est-il qu'elle inventa son vocabulaire pictural propre pour retranscrire sur la toile ses émotions ("feelings"), parfois même ses hantises, tout en légèreté, en couleur, en poésie. Même diminuée par le cancer durant les dernières années de sa vie, elle garda une gestualité expressive, puissante et thérapeutique tout à fait remarquable.
Les expositions « Monet - Mitchell » mettent en scène un dialogue inédit entre les œuvres de deux artistes exceptionnels, Claude Monet (1840-1926) et Joan Mitchell (1925-1992). Ce « Dialogue Claude Monet - Joan Mitchell » est introduit par l'exposition « Rétrospective Joan Mitchell » qui permet la découverte de l'œuvre de Joan Mitchell par le grand public français et européen. Une exposition en collaboration avec le Joan Mitchell Center situé à La Nouvelle-Orléans !
Résumé : « On dit de la peintre Joan Mitchell qu'elle entrait dans une pièce comme Katharine Hepburn franchissait la porte d'un saloon ! Une allure, une présence et du bruit. Et c'est de façon tonitruante que "Big Joan", comme elle se surnommait elle-même, est entrée dans ma vie, par le biais d'un tableau. Cette impression d'être immergée sans oxygène devant la profondeur d'un diptyque de Joan Mitchell, je l'ai vécue pour la première fois au MoMA de New York il y a une dizaine d'années. J'ai été foudroyée par l'énergie du coup de pinceau, éblouie par la puissance des couleurs, sans comprendre ce qui m'arrivait. Et depuis la violence de ce choc sensoriel, je n'ai plus quitté ni la peintre, ni la femme. Quelle a été la vie de cette Américaine au caractère imprévisible, de cette héroïne, alcoolique et colérique, fascinante et effrayante, puissante et si fragile qui a choisi de vivre en France ? Née en 1925 à Chicago dans une famille de la haute société, morte à Paris en 1992, Mitchell a su s'imposer comme figure majeure de l'abstraction dans un monde alors presque exclusivement masculin. Ce récit est une enquête sur une femme libre... »
Le vernissage de l'exposition D'une Montagne à l'Autre (Mont Saint-Hilaire / Sainte-Victoire) eut lieu le 1er juillet 2022 au Musée des Beaux-Arts de Mont Saint-Hilaire.
Selon NéoMédia Chambly, « En présence des artistes et de dignitaires, deux cents convives ébahis par la qualité des œuvres et de la présentation, ont participé à l’ouverture de l’exposition du dimanche 19 juin. Madame Maryline Nadeau, mairesse de St-Jean-Baptiste et préfète de la MRC de La Vallée-du-Richelieu a pris la parole pour réitérer l’importance de préserver le Mont-Saint-Hilaire et sa réserve naturelle, comme le mentionne son texte dans le catalogue de l’exposition. Ensuite, c’est M. Benjamin Boutin, directeur exécutif de l’Association France-Canada, qui a fait une allocution sentie sur la richesse des échanges culturels entre les deux pays et sur la beauté de la montagne qu’il découvre durant son séjour dans la région. M. Boutin s’est réjoui que les visiteurs du MBAMSH puissent découvrir la Sainte-Victoire cet été, en attendant de pouvoir accueillir les artistes de Mont Saint-Hilaire et leur montagne à l’été 2023. »
L'exposition sera présentée à Aix-en-Provence de fin juin à septembre 2023, en partenariat avec l’Association Nationale France-Canada !
André Michel, peintre franco-québécois proche des communautés autochtones, fondateur de plusieurs institutions muséales au Québec (dont la Maison Amérindienne de Mont Saint-Hilaire), ouvrit les portes de son atelier à notre délégation France-Canada le 19 juin 2022. Un moment privilégié dans l'antre de l'artiste !
À Aix-en-Provence, vernissage de l'exposition "D'une montagne à l'autre" - fruit d'un échange artistique international parrainé par France-Canada ! Découvrez à la galerie de la Manufacture cette magnifique exposition jusqu'au 16 septembre 2023. Le 30 juin, j'ai animé la conférence inaugurale en présence des 3 artistes de France Ninon Anger, Don Jacques Ciccolini, Isabelle Litchig - qui ont collaboré avec 3 artistes du Canada, Réal Calder, Tania Lebedeff et André Michel.
Bravo aux artistes de nous offrir un autre regard sur le Mont Saint-Hilaire et la Sainte Victoire et de contribuer ainsi aux échanges France-Québec-Canada !
Le catalogue de l'exposition
Louis Boudreault est né le 24 septembre 1956 aux Îles de la Madeleine. Après des études en lettres et en théâtre, il part en France, à Paris où il entre à l’école du Louvre. En sortant de l’école du Louvre, il est conseiller en œuvres d’art pendant 6 ans et contribue à la construction d’importantes collections. Dès le début des années 90, il délaisse le marché de l’art pour se consacrer pleinement à sa passion : peindre. Il est aujourd'hui un artiste extrêmement reconnu au Québec.
J'ai rencontré Louis Boudreault en mars 2023, après plusieurs années d'intérêt pour ses œuvres. Il me fit visiter son atelier montréalais, et nous échangeâmes sur son amour des lettres françaises, sur ses projets outre-Atlantique ainsi que sur sa nouvelle série botanique. Nous évoquâmes le rayonnement international de son œuvre en France et dans la francophonie.
De passage à l'Hôtel Château Laurier Québec, établissement pionnier en matière de « francoresponsabilité » (organsations exemplaires en matière de langue française et de Francophonie), membre associé de Francophonie sans frontières, je redécouvris la magnifique série de portraits d'enfance « Destinées » signée du peintre Louis Boudreault.
Une œuvre inédite de l’artiste canadien Louis Boudreault figure en couverture du nouveau roman de Kim Thuy, Em, paru en 2020 au Québec et publié en France, comme les précédents, par les éditions Liana Levi.
Comme l'explique Camille Laurens dans Le Monde, « Il ne s’agit pas d’une simple illustration mais d’un travail en commun, l’artiste ayant réalisé son dessin, selon le souhait de l’écrivaine, après la lecture de son texte.
L’œuvre brodée représente un carton d’où sortent des fils qui s’emmêlent et s’effilochent dans différentes directions. Elle renvoie à l’une des images les plus fortes du roman, elle-même inspirée, ainsi que l’a confié Kim Thuy, d’une célèbre photographie réalisée à Saïgon en 1973 par le reporter Chick Harrity. On y voit un bébé recroquevillé dans un carton posé sur un trottoir et, à ses côtés, un jeune garçon endormi qui lui tient la main. »
Dans ce roman, l’écrivaine vietnamo-québécoise raconte la guerre, des années 1950 aux années 1970, et c’est en partie son histoire !
Au nombre de ces personnalités marquantes, citons entre autres Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Marguerite Duras, Gandhi, James Joyce, Anne Frank, Émile Nelligan. Issus, pour la plupart, d’une série intitulée Destinées, présentée à Paris, Londres, New York et Hong Kong, ces portraits furent présentés dans l’espace musée de Québecor par le commissaire d’exposition Esteban Dravet.
Écrits et pensées fut le 3e volet d’une vaste exposition de Québécor, grande entreprise québécoise, consacrée à l’œuvre de Louis Boudreault.
À travers Voix d’ici et Voix d’ailleurs, les deux expositions précédentes, le peintre avait présenté 44 portraits de personnalités québécoises ou étrangères appartenant toutes au XXe siècle. Écrits et pensées s’attachait à mettre en lumière 28 visages d’enfants, choisis parmi les grands écrivains ou penseurs qui ont influencé notre société.
Il est un savoir-faire qui, poussé à l'excellence, confine à l'art : la création culinaire. Malgré les clichés dont elle pâtit, la cuisine québécoise et canadienne est extrêmement créative et gustative. Grâce à des terroirs bien valorisés, les chefs disposent de produits de qualité qu'ils accommodent finement, en les accordant avec des vins...
De terre et de mer, traditionnelle et inventive, à l'image d'un peuple convivial, simple et sophistiquée, la cuisine au Québec et au Canada sait jouer sur différents registres et accords. Elle est synonyme de plaisir autour de plats fermiers parfumés à l'érable, de saumons, anguilles et homards, de tourtes à la viande ou de tartes au sucre.
Penser au Québec, c'est se ressouvenir d'excellentes tablées, de l'érablière du Sanglier à l'Auberge Saint-Antoine, de Chez Boulay à Toqué! De nombreux restaurants sont tenus par de jeunes chefs inventifs qui réinventent sans cesse les accords culinaires et œnologiques. Les cuvées du Québec sont plus rares qu'en France mais j'ai eu la chance de parcourir le vignoble du Cep d'Argent sur la route des vins de l'Estrie et de découvrir le vignoble de Ste-Pétronille, sur l'île d'Orléans.
C'est d'ailleurs sur cette île, berceau de la Nouvelle-France, que l'agrotourisme offre son meilleur jour. Ce "jardin du Québec" sait valoriser ses savoir-faire agricoles, viticoles et artisanaux depuis Jacques Cartier qui la surnomma "l'île de Bacchus". Le délicieux vin de glace, produit avec des raisins ayant gelé, est un nectar concentré en sucre qui aurait certainement plu au dieu grec... Au vignoble Isle de Bacchus, on a surnommé l'un de ces vins Le Jardin de Givre, en référence à un poème de Nelligan, Soir d'hiver.
Les ingrédients locaux - pommes, framboises, fraises, cassis, groseilles, bleuets, citrouilles, produits à l'érable... - se dégustent en confitures et en gelées, cidres, liqueurs et vinaigres, et desservent les excellentes tables qui jalonnent un parcours fait de magnifiques paysages bucoliques et de villages où s'élèvent "maisons de bois, maisons de pierre, clochers pointus", comme le chantait Félix Leclerc. Non loin de là à vol d'oiseau, à Wendake, village des Hurons-Wendat riche d'un musée et des sites traditionnels, le restaurant La Traite est probablement l'endroit où j'ai le mieux mangé au Québec.
Au cœur de l'automne, lorsque les arbres s'embrasent, il est difficile d'égaler le bonheur pour les papilles, les yeux et l'esprit qu'une journée à Wendake procure.
Le Chêne et l'érable est un cycle de dialogue et de rencontres franco-québécois et et canadien francophone, organisé par l'association Francophonie sans frontières depuis le début de l'année 2018.
Ces soirées de réseautage visent à entretenir et développer l'amitié franco-canadienne, notamment chez les jeunes. Elles permettent de mieux se connaître, de partager des informations et des conseils, de manière conviviale.
Les premières et deuxièmes soirées de réseautage Le Chêne et l’Érable de Francophonie sans frontières (FSF) furent lancées à Paris les 26 janvier et 29 mars 2018 en présence d'une trentaine de personnes, dont Jo Ann Champagne, représentante de Québec Éditions en France, Tristan Landry et Gabriel Jean Simon, diplomates à l'Ambassade du Canada en France. Des échanges conviviaux ponctuèrent ces échanges d'expériences et de points de vue sur la situation des expatriés français au Québec mais aussi de la communauté québécoise et canadienne francophone à Paris.
Une troisième soirée de réseautage FSF fut organisée par Francophonie sans frontières à Ottawa, le 9 mai 2018, à l'occasion de la journée internationale de l'Europe. Portant sur le thème La francophonie, trait d'union entre le Canada et l'Europe, elle réunit une trentaine de personnes autour de Brice de Schietere, chef-adjoint de la Délégation de l'Union européenne au Canada, ainsi que Ferry de Kerckhove, ancien représentant personnel du Premier ministre canadien pour la francophonie. Je fis le déplacement à Ottawa aux côtés de Justine Lemoine, équipière FSF, et de plusieurs francophones français, québécois, belges, camerounais et libanais. Francophonie sans frontières, en partenariat avec Écologie Ottawa, organisa également à Ottawa le 28 juin 2018 une soirée dans un parc afin de célébrer l’été !
La quatrième soirée de réseautage Le Chêne et l'Érable eut lieu le 31 mai 2018 à Paris en présence du président de la Fédération France Québec / francophonie (FFQ / f), Dominique Rousseau, ainsi que du représentant de Desjardins en France, Rémy Paris. Plusieurs Français intéressés par le Québec purent s'informer sur la mobilité au Québec, tandis que de nombreux Québécois étaient présents pour échanger autour d'un verre.
La cinquième soirée de réseautage FSF rencontra un grand succès à Montréal, le 5 juillet 2018. Une centaine de personnes y participa, dont une dizaine d'invités spéciaux parmi lesquels Michel Robitaille, PDG de LOJIQ, Dominique Lebel, administrateur de la Chambre de commerce Canada-France, Nathalie Simon-Clerc, rédactrice-en-cheffe de L'Outarde libérée, Jacques Robert, président de la Société d'Entraide des membres de la Légion d'honneur, Dorothy Alexander, professionnelle de la communication, Ismaël Coulibaly, directeur des partenariats du Réseau d'affaires des entrepreneurs africains, Carol Jolin, président de l'Assemblée des francophones de l'Ontario et Maja Vodanovic, mairesse de l'arrondissement de Lachine.
Le 6 septembre 2018 à Paris, en partenariat avec la FFQ/f, notre sixième soirée de réseautage ludique a eu pour thème l'été indien. Étudiants et travailleurs intéressés par la mobilité franco-canadienne et expatriés de la Belle Province se sont rencontrés et ont profité d'animations diverses telles qu'une performance de slam et de chant. Ils ont tenté leur chance à un questionnaire ludique sur le Québec et la francophonie, gagnant ainsi plusieurs lots, et ont étoffé leur réseau. Des jeux étaient à leur disposition pour fêter la rentrée dans l'esprit de l'été indien ! Nicolas George, journaliste à TV5 Monde, et Valérie Lion, journaliste à L'Express ont évoqué leur parcours et leur rapport avec avec le Québec et la francophonie.
Le 19 juin 2019, s’est tenu le 1er Apéro-France à Québec. A Québec, la capitale de la francophonie des Amériques, FSF a
organisé son premier 5 à 7 réseautage convivial. Il fut suivi deux jours plus tard, le 21 juin 2019, s’est tenu à Bordeaux, la soirée : Bordeaux fête le fleuve : escale au Québec. En marge des célébrations exceptionnelles de Bordeaux fête le fleuve (marquées par de nombreuses animations et la présence des deux plus grands voiliers du monde !), cap sur le Québec ! Nous avons proposé une soirée de rencontres et d'échanges, en présence de plusieurs invités spéciaux : Ann Champagne, déléguée nationale du prix littéraire France-Québec, figure de proue de la culture québécoise en France et cheffe d'entreprise, elle a publié en 2017 « Une incorrigible passion » chez Fides ; Éric Plamondon, écrivain québécois habitant la région de Bordeaux, est le récipiendaire du prix littéraire France-Québec. De nombreux concerts ont ponctué l'incontournable fête de la musique. FSF a ainsi mis les voiles sur le Québec, en profitant des courants et des vents favorables entre la Gironde et le Saint-Laurent !
Le 4 décembre 2019, s’est tenu un 5 à 7 de réseautage convivial des professionnels et amoureux de la francophonie dans la Capitale nationale du Québec. À travers cette soirée, nous souhaitions connecter les francophones, décloisonner le travail pour la francophonie et pourquoi pas susciter des ambitions professionnelles.
Le 27 février 2020, s’est ténu notre soirée incontournable, la soirée de réseautage le Chêne et l’Érable à Paris. Parmi les participants, nous avons eu le plaisir d'accueillir une délégation faisant la promotion de la diversité dans l'espace francophone : Eric Pineault, président de Fierté Montréal / Montréal Pride ; Jean-Sébastien Boudreault, vice-président de Fierté Montréal ; Carlos Idibouo, membre fondateur de la Maison de la Culture et des Diversités Humaines (Côte d'Ivoire) ; Etienne Gignac, co-président 2020 de Fierté Val d'Or (Québec) ; Bruno Boileau, président Diversités, Arts & Cultures à Montpellier (France).
Ces soirées furent interrompues avec la pandémie et relancées après elle par la nouvelle équipe dirigeante de FSF !
Cet orchestre réunit de jeunes musiciens talentueux et passionnés issus des meilleures institutions d’enseignement en musique du Grand Montréal. Je fus élu secrétaire de son conseil d'administration en 2016.
Le 4 décembre 2016, l'OPMEM offrit une prestation au Complexe Desjardins dont il assura l'animation. L'occasion d'interpréter de magnifiques pièces du répertoire de Noël, de faire deviner aux
enfants les instruments par grandes familles (cordes, bois, cuivres, percussions) représentés dans l'ensemble et de leur faire passer le message que l'harmonie naît du jeu collectif. Un moment festif et convivial que je garde précieusement en mémoire.
L'Orchestre symphonique de Montréal représente l'excellence québécoise ouverte sur le monde !
L'ensemble, dirigé en 2015 par un perfectionniste venu du Soleil Levant, maestro Kent Nagano, n'hésite pas à sortir de ses murs de bois clair à l'acoustique remarquable, la Maison symphonique - pour donner des concerts dans la ville, notamment dans le métro ou le stade olympique, et à sortir des frontières du pays pour effectuer des tournées américaines et mondiales.
J'apprécie particulièrement les efforts de l'OSM de se rapprocher d'un public jeune voire très jeune, à travers des concerts
dédiés, des tarifs attractifs et des événements exclusifs. C'est ainsi que j'ai eu la chance en 2015 d'être l'un des jeunes ambassadeurs de l'OSM. Ce fut une très belle expérience
!
À l’occasion du centenaire de la naissance de ce grand ambassadeur du Québec et de la langue française, la Délégation générale du Québec à Paris et la Bibliothèque nationale de France organisèrent un concert événement le 19 juin 2014 dans le Grand Auditorium de la Bibliothèque nationale de France, site François Mitterrand.
Se produisirent six jeunes artistes (Albin de la Simone, 3 Minutes sur Mer, Jipé Dalpé, Vincha, Benoit Doremus et Ivy) qui ont revisité les chansons de Félix à leur manière. J'assistai à ce concert et fus emballé par la performance de 3 minutes sur Mer qui reprit le titre "La mort de l'ours".
Félix Leclerc eut certainement été touché par l'hommage de ces jeunes artistes.
Parallèlement, la Bibliothèque nationale de France organisa dans ses locaux une exposition d'archives retraçant les tournées françaises de l'artiste aux cent cinquante chansons originales.
Né en 1914, Félix Leclerc, grand chansonnier, poète et dramaturge, a marqué l’identité collective québécoise au point qu’il ait été désigné « Personnage historique du Québec ». Son histoire personnelle est aussi liée à celle de la France. En 1950, l’impresario parisien Jacques Canetti, directeur artistique des Disques Philips, le découvre lors d’une audition à Montréal. Il lui fait enregistrer ses premières chansons et organise une série de spectacles à Paris, suivie d’une tournée dans le pays. Devenu une vedette en France, le chansonnier retourne au Québec en 1953 et partage alors sa carrière musicale entre sa terre natale et l’Europe francophone.