éducation, emploi, mobilité


L'Assemblée parlementaire de la Francophonie ouvre ses portes à la jeunesse francophone citoyenne et engagée

Discours à l'Assemblée nationale française, 30 mars 2022

 

A l'occasion de la fin du mois de la Francophonie 2022,  Benjamin Boutin s'est exprimé en qualité de président de Francophonie sans frontières à l'Assemblée nationale française lors d'un événement organisé par les parlementaires francophones. Retrouvez ici son discours sur la société civile, la jeunesse et l'engagement !


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Le mouvement francophone est né grâce aux associations : les Alliances françaises, d’abord, puis les associations internationales d’écrivains, de journalistes… autour d’un élément fédérateur, la langue française. Ces associations ont précédé les institutions que l'on connait aujourd'hui sous les noms de Confemen, Confejes, OIF, tandis que certaines associations, celles des parlementaires et des universitaires, ont été institutionnalisées. Aujourd’hui, ma conviction est que nous devons tous regarder dans la même direction. La Francophonie doit être, avant tout, un grand mouvement populaire !

 

Francophonie civile et institutionnelle : main dans la main

 

Si les institutions demeurent nécessaires pour structurer, impulser, accompagner, elles ne peuvent plus agir seules ou en silo. Le peu de moyens dont elles disposent (ce n’est pas un tabou) devrait les inciter à constituer des alliances, ce que j’appelai en 2018 des coalitions sectorielles associant ONG, fondations, bailleurs de fonds, collectivités, etc., par exemple en matière d’éducation, qui est le défi prioritaire de la francophonie. 

 

N’ayons pas peur d’encourager les initiatives privées et associatives et rassemblons nos forces pour que la Francophonie civile et institutionnelle agisse main dans la main. Ayons la lucidité de reconnaître que sans les associations, sans les citoyens, notre communauté internationale perdrait de sa vigueur, de son dynamisme mais aussi une partie de son essence et de sa raison d’être ! 

 

Recherchons les complémentarités, les synergies, entre les Alliances françaises, les fédérations de professeurs de français, les instituts et les lycées français, les représentations diplomatiques des pays francophones et les médias qui représentent autant de forces cruciales pour l’avenir de la langue française, son apprentissage et son attractivité ! 

 

 Une grande famille, des enjeux communs

 

Nous formons tous une même famille, reliée par un réseau d’action, de partenariats, de solidarité. Nous devons faire bloc pour que la Francophonie soit audible dans le concert international, qu’elle continue de peser dans le nouveau paysage géo-linguistique mondial redessiné par les technologies, les évolutions sociologiques et la tectonique géopolitique.

 

La jeunesse a un rôle décisif à jouer, car c’est elle qui est démographiquement majoritaire dans l’espace francophone. La grande consultation jeunesse réalisée l’an dernier par l'OIF a mis en exergue ses trois grandes attentes, du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest :

 

 -        Recevoir une éducation de qualité ;

 -        Accéder à l'emploi ;

 -        Évoluer dans un environnement sain.

 

J’ajouterai un quatrième enjeu : la mobilité, qui est un facteur de cohésion majeur dans la francophonie. C’est pourquoi, depuis 2017, nous plaidons avec Louise Beaudoin pour la création d’un Office francophone de la jeunesse (sur le modèle de l’Office franco-québécois pour la jeunesse). Nous espérons que la volonté politique sera un jour au rendez-vous ! Cet office pourrait impulser des programmes d’échanges et de mobilité autour de thématiques mobilisatrices, favorisant le partage de bonnes pratiques et l’autonomisation des jeunes. Cela permettrait de stimuler le sentiment d’appartenance à la francophonie !

 

Les Jeunes Ambassadeurs francophones (JAF) s’inscrivent dans cet esprit. Nos associations et institutions, réunies au sein du comité francophone au CESE présidé par Marie-Béatrice Levaux, ont concouru à la genèse de ce programme, dont il faudra préserver l’agilité ! C’est en effet l'agilité qui caractérise le monde associatif francophone et qui fait aussi sa valeur ajoutée. C'est l'une des forces de Francophonie sans frontières !

 

Francophonie sans frontières : une si belle aventure collective

 

Pour ma part, je peux témoigner du fait que dix ans d’engagement bénévole pour la Francophonie – engagement commencé très jeune - m’auront fait grandir et me sentir utile. La création de FSF, une organisation non-gouvernementale (ONG) interculturelle et intergénérationnelle née il y a cinq ans entre le Québec et la France, fut une démarche murement réfléchie, afin de contribuer à faire émerger, à souder et animer une grande société civile francophone !  

 

Cette ONG rassemble à présent une centaine de volontaires dans 38 pays et une communauté de plus de 15 000 abonnés. Même si cela demande beaucoup d'implication et d’efforts de mobilisation, quelle satisfaction que de voir ses idées se concrétiser, ses projets prendre leur envol ! Grâce à une dynamique collective.

 

En cinq ans, FSF a pu réaliser beaucoup de magnifiques projets : colloque, école d’été, États généraux de la diplomatie culturelle, soirées littéraires, Matins francophones, Coulisses de la francophonie, interventions dans les universités, cinquantaine d’émissions radio, conférences sur la francophonie sud-américaine, indo-pacifique, sur l’économie sociale et le développement durable, sur le plurilinguisme et la traduction, sur la créativité, les sciences, le numérique, ici en France, mais aussi au Togo, au Canada, en Équateur, en Australie, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en RDC…

Je veux rendre hommage aux volontaires qui ont permis ces réalisations, je dirai même cette prouesse ! A notre prochaine Assemblée générale prévue à Québec le 8 juillet prochain, j’aurai le sentiment du devoir accompli.

 

La francophonie est intergénérationnelle

 

Le 20 mars à Dubaï, Francophonie sans frontières a co-animé l’Agora francophone de l’Exposition universelle. Quatre jeunes ambassadeurs francophones étaient présents. Je veux citer leur exemple :

 

Rebecca, 24 ans, qui organise des ateliers de lecture dans des écoles camerounaises ;

Anastasia, 24 ans, qui sensibilise le réseau français des clubs Unesco à l’importance du français comme langue de travail ;

Yvan Brice, 23 ans, qui mène au Cameroun le projet « ma planète francophone » autour de solutions de recyclage ;

Marie, 26 ans, qui s’implique dans le mouvement olympique et qui sera attentive, comme nous, à la place du français aux JO de Paris 2024 !

 

Comme l’a bien exprimé Jean-Baptiste Lemoyne et Jacques Krabal ce matin, l’engagement francophone est une affaire intergénérationnelle. C’est aussi une affaire de cœur, comme le dit joliment Hélène Carrère d'Encausse. La francophonie est une matière vivante que nous avons tous le pouvoir de modeler, par nos actions.

 

En définitive, le message que je veux faire passer à cette relève que nous voyons émerger est le suivant : ne vous demandez pas ce que la francophonie peut faire pour vous mais ce que vous pouvez faire pour la francophonie !  De sa vivacité dépendra une part de notre avenir, de notre identité, de notre cohésion sociale et de notre épanouissement collectif.

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stimuler l’Entreprenariat des Femmes et des Jeunes

Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, juillet 2021

En marge des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence 2021, j'ai eu le plaisir de m'entretenir avec le ministre sénégalais Papa Amadou Sarr. Cet entretien autour du soutien à l’entrepreneuriat, de la francophonie économique, de la circulation des personnes et des échanges internationaux a été retranscrite.


éducation, emploi, développement durable : les priorités de la jeunesse francophone

Restitution de la grande consultation jeunesse de la Francophonie


Faire grandir le modèle coopératif dans la Francophonie

L’initiative Horizon 2030 s’inscrit dans l’axe 5 des actions de Francophonie sans frontières (FSF). Elle est centrée sur la résolution des défis (éducation, accès à l’emploi, développement durable), la promotion des échanges et la coopération dans l’espace francophone. FSF espère ainsi créer une dynamique partenariale pour contribuer à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations unies d’ici 2030, particulièrement en Afrique francophone. Cette initiative permet le partage de connaissances, la mise en valeur d’initiatives sociales, coopératives, durables et inclusives dans une perspective de coopération francophone.


Lancement du projet Horizon 2030, juillet 2019 à Korhogo en Côte d'Ivoire

En juillet 2019, l'Université Peleforo Gon Coulibaly a accueilli la première édition du projet Horizon 2030 de Francophonie sans frontières qui vise à l'atteinte des objectifs du développement durable des Nations-Unies et plus particulièrement à stimuler l'entrepreneuriat collectif, durable et inclusif des jeunes.



La francophonie, un levier pour la jeunesse et l'entrepreneuriat

Conférence à Aix-en-Provence, septembre 2018

Les 13 septembre 2018, une conférence sur le thème de la francophonie, un levier pour la jeunesse et l'entrepreneuriat, eut lieu à Sciences Po Aix-en-Provence à l'initiative de Benjamin Boutin et a réuni Vanessa Lamothe Matignon, Ambassadrice d’Haïti en France et présidente du Groupe des Ambassadeurs Francophones de France (GAFF) ; Bassirou Sene, Ambassadeur du Sénégal en France ; Ghazi Gherairi, Ambassadeur de Tunisie auprès de l'UNESCO ; Fabienne Reuter, Déléguée générale de la Fédération Wallonie-Bruxelles en France ; Line Beauchamp, Déléguée générale du Québec en France et à Monaco. Pour l'organisation, Benjamin Boutin, président de Francophonie sans frontières fut assisté par Mélanie Zittel.


mobilité : le rôle de l'Office franco-québécois pour la jeunesse

L'OFQJ fête ses 50 ans au Quai d'Orsay, le 8 mars 2018

Facilitateur de mobilité qui met en œuvre des programmes d'échanges pour les jeunes (18-35 ans), l'OFQJ, depuis sa création en 1968, a permis à plus de 170 000 participants de traverser l'Atlantique ! L’OFQJ se recentre sur le développement et le perfectionnement professionnels des jeunes. En effet, l'entrepreneuriat est souvent au cœur de ses missions de prospection, de réseautage et de partage de bonnes pratiques. Capable de soutenir des projets qui enrichissent la formation, l’expérience professionnelle ou la pratique citoyenne des participants, l'Office joue également un rôle de conseil, d’accompagnement et d’intermédiaire entre les collectivités territoriales ainsi qu’entre les acteurs de la société civile. Il entreprend des activités de coopération franco-québécoise avec des pays tiers ou des organisations internationales. Ainsi des missions franco-québécoises peuvent-elles s'effectuer en tandem dans des pays tiers, comme ce fut le cas au Costa Rica pour deux jeunes en insertion professionnelle, un Français et un Québécois, chargés d'effectuer un diagnostic touristique.  


La mobilité, facteur de cohésion majeur dans l'espace francophone

Entretiens francophones de Valois, 25 septembre 2017 à Paris


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La mobilité est un sujet majeur pour la cohésion du monde francophone. Il existe parmi les Francophones une très forte aspiration à la mobilité, notamment chez les jeunes qui représentent 60% de la population des pays-membres de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF). L'avenir de la langue française dépend non seulement de notre capacité à instruire en français, mais aussi à donner la possibilité à ces jeunes de se déplacer pour renforcer leur réseau, pour entreprendre et pour créer

 

La mobilité, fut-elle géographique ou professionnelle, démultiplie les opportunités économiques, de même que la langue française, parlée par 274 millions de locuteurs et apprise sur les cinq continents, constitue un facilitateur transactionnel puissant. Pourtant, les obstacles à la mobilité demeurent. Considérer que la Francophonie puisse devenir du jour au lendemain un espace de libre circulation est à l'évidence une vue de l'esprit. Les frontières sont des zones de porosité entre les cultures mais aussi des lignes de démarcation. Les crispations identitaires et les flux migratoires mal contrôlés, de même que les problèmes récurrents de visas sont autant de freins et d'entraves à la mobilité, notamment du Sud vers le Nord.

 

Or, si nous voulons avancer sur ce sujet de la mobilité dans la Francophonie, il nous faut travailler par catégorie de population comme les gens d'affaires, les chercheurs, les artistes, et en priorité les jeunes. C'est pourquoi nous avons cosigné une tribune dans Le Devoir pour appeler à la création d'un Office francophone de la jeunesse, sur le modèle de l'OFQJ. Il serait porteur, à l'occasion du cinquantenaire de l'OFQJ en 2018, de lancer un signal positif en partageant avec d'autres États et gouvernements membres de la Francophonie cette expertise franco-québécoise extraordinaire qui a permis à quelques 170 000 jeunes depuis sa création de traverser l'Atlantique. Nous appelons également de nos vœux la mise en œuvre d'un programme - que l'on pourrait appeler non pas Erasmus mais Senghor – de mobilité étudiante et doctorale.

 

Historiquement, la société civile francophone a un rôle majeur à jouer pour le développement de la francophonie. Jean-Marc Léger ne nous contredirait pas, qui a créé en 1961 l'association qui allait devenir l'Agence universitaire de la Francophonie. C'est dans cet esprit d'initiative qu'est née Francophonie sans frontières (FSF), association internationale, pôle de réflexion et d'action dans le domaine de la mobilité, des échanges et du codéveloppement dans la Francophonie.

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Encourager la relève francophone et plurilingue dans les organisations internationales

Plaidoyer pour la création d'un programme de stages, janvier-mars 2017

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Nous voulons offrir à dix jeunes francophones d’origines et de milieux variés la possibilité d’effectuer une semaine de stage de haut niveau au sein d’organisations internationales. Ces jeunes seront sélectionnés sur la base de leurs talents et acquerront une expérience sur-qualifiante, tout en incarnant la diversité linguistique et culturelle au sein de plusieurs organisations internationales partenaires. L'usage croissant d'une langue unique dans les enceintes de décision internationales nuit au dialogue entre les cultures et affecte la qualité des normes internationales qui encadrent nos modes de vie et d'échange. A travers cette initiative, nous voulons encourager une relève d'administrateurs internationaux francophones ayant à cœur de participer à l'élaboration de politiques internationales respectueuses des équilibres linguistiques et culturels.

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Les quatre défis de la Francophonie du XXIe siècle

Tribune collective publiée dans le Huffington Post, 20 mars 2015

Alors que la Francophonie représente aujourd'hui près de 40% des membres de l'ONU et que la France préside le Conseil de sécurité des Nations-Unies, il convient de donner un nouveau souffle à ce moteur essentiel d'influence et de solidarité.