démocratie européenne

L'exercice de la démocratie nécessite l'engagement des forces vives, des corps intermédiaires, des associations et de chacun d'entre nous. De grands auteurs tels que Platon, Montesquieu, Sieyès, Tocqueville ou Constant ont contribué à forger nos modèles d'organisation sociopolitiques actuels. L'évolution des préoccupations sociales implique un travail et une vigilance permanents pour garantir des équilibres satisfaisants entre implication citoyenne directe et représentation (notamment parlementaire), entre désirs de sûreté et de liberté. La démocratie se nourrit du débat d'idées. Plus que jamais, il importe de soutenir le pluralisme politique, l'indépendance des médias, la lutte contre la corruption, la défense des libertés et la tolérance.

La finalité de l'action publique consiste à créer les conditions de la concorde et de l'épanouissement individuel et collectif. De plus, l'engagement citoyen peut emprunter plusieurs voies. Pour moi, il passe par l'écriture d'articles d'opinion, le soutien à l'action parlementaire et au mouvement coopératif et par l'engagement associatif pour la francophonie et le dialogue des cultures. Il peut aussi prendre des formes plus variées de mise à disposition de soi dans la réserve citoyenne, militaire, éducative, mais aussi de volontariat, de service civique, d'action politique, militante, artistique... La voie de l'association et de la coopération, celle de la non-violence, mène à l'épanouissement. Comme le disait Martin Luther King, "Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir ensemble comme des idiots". Engageons-nous !


[École d’automne] Chaire de recherche en études parlementaires de l’Université du Luxembourg

Cette École d'automne fut consacrée au thème : les Parlements aux prises avec la Souveraineté et la Subsidiarité, les 23 et 24 septembre derniers. À l'initiative du Professeur Philippe Poirier, avec l'aide de toutes celles et de tous ceux qui ont concouru à ce riche moment de partage - dont M. Stéphane Garon & Mme Laura Gil Besada -, cette école d'automne fut un véritable succès ! Parlementaires, universitaires, administrateurs, doctorants ont apporté des regards complémentaires sur un sujet qui touche directement nos démocraties et organisations fédérales.


[TV] Les GAFA face à la régulation européenne (16 juin 2020)

La Commission européenne a ouvert deux enquêtes sur la conformité d'Apple aux règles de concurrence européennes. Le géant américain du numérique imposerait des conditions illégales aux développeurs dans l'App Store et dans le service de paiements Apple Pay. Une commission de 30% est prélevée, captant une grande partie des marges économiques des acteurs de la diversité culturelle (livres, musiques, films...). Au-delà des aspects techniques et d'un probable abus de position dominante, l'Union européenne est dans son bon droit en demandant le respect des règles qui découlent de ses choix de société...


[Débat] Avoir vingt-ans en Europe en 2020 et s'engager pour l'éthique en politique (25 janvier 2019)

J'ai participé à un débat citoyen organisé par le collectif "L’éthique plutôt que l’étiquette" à Paris, place Saint-Germain-des-près intitulé "2O ans en 2020 en Europe" le vendredi 25 janvier 2019. L'accueil et l'animation de ce débat ont été assurés par Mme Françoise CAUWEL, fondatrice de l’Éthique plutôt que l’étiquette ainsi que par M. Olivier MOUSSON, Président de la Société d’Encouragement pour l’Industrie. Se sont exprimés M. Bertrand VITU, Mme Catherine SEXTON, M. Laurent BOCHET, M. Albert Jean MOUGIN, M. Vincent ANTOINE, M. Dominique BERTRAND et moi-même.

 

J'ai axé mon intervention sur le thème de l'initiation à la mobilité, à la citoyenneté et à l'interculturalité, rappelant par exemple que le programme Erasmus, très populaire parmi ses anciens participants (90% d'opinions favorables) avait concerné depuis 1987 quatre millions de jeunes européens, dont 675 000 Français ; qu'il existait également des dispositifs bilatéraux, à l'exemple de l'Office franco-allemand pour la jeunesse (neuf millions de participants de 3 ans à 30 ans depuis le traité de l’Élysée de 1963).


Afin de donner la possibilité aux jeunes d'être davantage partie prenante de la construction européenne, j'ai préconisé la création d'un service civique européen (projet porté par plusieurs collectifs), d'un Erasmus militaire ainsi qu'une plus grande ouverture des institutions européennes aux visites et aux stages.

 

Chaque européen devrait à mon sens être en mesure de parler au moins trois langues, de bénéficier de stages linguistiques et d'un renforcement de ses compétences interculturelles.

 

Selon Dominique Wolton, "dans un monde ouvert, le respect et la gestion des différences culturelles sont un facteur direct de paix".


[Rencontre] Le Secrétaire général de l'Office franco-allemand pour la jeunesse (2 octobre 2018)

L’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) / Deutsch-Französisches Jugendwerk (DFJW)) est une organisation au service de la coopération franco-allemande qui a pour mission d’encourager les relations entre les jeunes des deux pays, de renforcer leur compréhension et, par là, de faire évoluer les représentations du pays voisin. Depuis 1963, l'OFAJ a permis à près de 9 millions de jeunes Français et Allemands de participer à 360 000 programmes d’échanges. Il subventionne en moyenne chaque année 9 000 échanges auxquels environ 130 000 jeunes ont participé en 2019.


[Article] En Autriche, six ministres d’extrême droite aux commandes (18 décembre 2017)

Six ministères fédéraux autrichiens sur treize seront dirigés par des politiciens issus du parti d’extrême droite FPÖ. Qui sont ces ministres dotés des principaux leviers de l’État ?

1. Heinz-Christian Strache, vice-chancelier, ministre de la fonction publique et des sports. À 48 ans, ce prothésiste dentaire de formation au physique de gendre idéal est à l’aise aussi bien dans les boîtes de nuit et sur les réseaux sociaux que dans les arcanes partisans. Amateur d’échecs, « remarquable communiquant, il se distingue par son sens de la formule et par son talent d’appareil, estime Patrick Moreau, spécialiste de l’extrême droite au CNRS à Strasbourg. Il a progressivement adapté son discours au jeu démocratique, en choisissant des termes plus neutres et acceptables ».


[Entrevues] Élections présidentielles françaises (avril 2017)

Au Canada, en amont de la présidentielle française de 2017, j’ai eu l’occasion d’exprimer lors d'un débat organisé le 16 décembre 2016 mes quatre incompatibilités avec la candidature de François Fillon. Pour remporter la primaire de la droite, cet élu de la Sarthe et du 7e arrondissement de Paris, ancien Premier Ministre de Nicolas Sarkozy, n’avait pas hésité à endosser des positions extrêmement conservatrices sur des sujets de société pour s’attirer les voix du mouvement social de la Manif pour Tous. Son programme de rigueur me semblait par ailleurs contestable sur le plan de l’efficacité économique. La suite de l'élection présidentielle, marquée par le scandale François et Pénélope Fillon, ne me fit point regretter ces vues...


[Article] Le rêve européen du pape François (6 mai 2016)

Le chef de l'Église catholique a reçu le prix Charlemagne, qui récompense depuis 1948 les personnes « ayant œuvré pour l'unification européenne ». Il a livré un vibrant plaidoyer pour un nouvel humanisme européen, bienveillant à l'égard des migrants. Au Vatican, dans l'immense salle Regia, antichambre de la chapelle Sixtine, devant un parterre de dignitaires comprenant la chancelière allemande Angela Merkel, le premier ministre italien Matteo Renzi, le roi d'Espagne Felipe VI et les présidents des institutions de l'Union européenne, le souverain pontife a fustigé une Europe repliée sur elle-même, en train de « se retrancher », rappelant son discours Parlement européen.


[Expérience] La Simulation du Parlement européen Canada-Québec-Europe (août 2015)

Plus importante simulation francophone reproduisant le fonctionnement du Parlement européen, la SPECQUE réunit environ 180 jeunes francophones venant d'Europe, du Canada et d'ailleurs. En 2015, j'ai endossé le costume d'eurodéputé et débattu du détachement des travailleurs dans le cadre de la libre circulation des services ; de l'établissement d’un système européen de gardes-frontières ; de l’intégration des télécommunications sans-fil et de stratégie humanitaire européenne. Cette simulation, qui respecte le règlement et le protocole du Parlement européen et qui s’effectue du reste sous son haut patronage et avec le soutien de certains députés, permet de mieux appréhender le processus législatif européen.


[Article] Quelles sont les valeurs du centre? (10 août 2014)

Les valeurs du centre s'enracinent dans le terreau du libéralisme philosophique et de la démocratie d'inspiration chrétienne. A l'heure où l'excessive bipolarisation de la vie politique ne répond plus à l'exigence démocratique de représentativité pluraliste de l’opinion des citoyens, les valeurs centristes apparaissent comme des remparts face à la montée des extrémismes – notamment de l’extrême droite – et tracent une voie alternative aux politiques alternées de droite et de gauche. L’affirmation du centre participe ainsi à l'élargissement d'une offre politique bien trop contractée.

 

La liberté est au cœur du système de valeurs centriste

Dans une société, la liberté individuelle est gage de progrès collectif. Elle est la condition sine qua non du fleurissement des arts, des lettres, des sciences et des lois justes. Les hommes naissent libres, et doivent le rester. Libres de s'exprimer selon leur conscience. Libres de choisir leur culte et de le pratiquer. Libres de choisir leur vie et leurs partenaires. Libres d'entreprendre et de s'associer. Libres de prendre part aux décisions politiques dans les territoires de la République. La liberté est le combat permanent des centristes parce que celle-ci n'est jamais acquise, qu'il peut y avoir des retours en arrière et que, comme l'a dit Périclès, "il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage". Du point de vue de l'organisation de l’État, la liberté est mieux garantie s'il existe un système de contrôle constitutionnel indépendant, une séparation équilibrée des pouvoirs, une juste représentation des corps intermédiaires et une décentralisation qui permet de lutter contre le désintéressement des citoyens à l’égard de l’engagement public.

 

La forme républicaine du régime politique

Les centristes, notamment les radicaux, ont beaucoup œuvré pour que les valeurs républicaines s'imposent dans la conception générale de l'intérêt public. Attachés au rôle majeur de l'Ecole, intransigeants vis-à-vis d'un Etat qu'ils veulent impartial - c'est-à-dire ne confondant pas les intérêts publics, privés et partisans, composé d'institutions neutres et d'un pouvoir judiciaire indépendant -, ils refusent toute forme de discrimination, fidèles au préambule de la constitution de 1946 selon lequel "nul ne peut être lésé [...] en raison de ses origines, de ses opinions, de ses croyances". Pour eux, la laïcité est un principe fondamental sur lequel nul ne saurait transiger. La loi de 1905 concernant la séparation de l’Eglise et de l’Etat est claire : « La République assure la liberté de conscience et elle garantit la liberté de culte ». Dans la République, l'égalité des chances doit également être garantie, conformément à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 posant que « tous citoyens étant égaux [aux yeux de la loi], ils sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents ».

 

La tolérance

Accueillant la diversité comme une richesse, rejetant la démagogie, le centre ne cherche à stigmatiser ni exclure aucune catégorie d'individus pour d'hypothétiques succès électoraux. A l'inverse des extrêmes qui utilisent cette technique de l'exclusion pour fédérer les peurs et susciter une adhésion "par la négative" à leurs discours, le centre est inclusif et souhaite associer chacun au dessein national et européen de prospérité collective. Il s'oppose également aux fanatismes idéologiques et religieux en prônant une coexistence pacifique des cultures et des religions.

 

La solidarité

La préoccupation sociale, qui imprègne l'univers mental des centristes, favorise l'idée selon laquelle la démocratie doit être solidaire. La solidarité, ce sens de l'entraide, de la cohésion, de la coopération, est une valeur que le centre partage sans doute avec la gauche. Pour les centristes, elle doit être mise en œuvre non seulement par l'Etat, mais aussi par les corps intermédiaires telles que les associations, les syndicats, les églises, les familles, les mutuelles et les coopératives. Si la démocratie se doit d’être solidaire, l'économie doit aussi être au service de l'homme, concourir à la satisfaction des besoins humains, dans le respect de l'environnement.

 

L’écologie

Une montée en puissance de la préoccupation écologique parmi les cercles de pensée centristes s’observe depuis les années 1970, corrélativement à une tendance générale de la société française. Les centristes considèrent que le combat pour le développement durable ne saurait être l’apanage d’un parti écologiste, qui plus est rangé à gauche. L’UDI et le Modem sont des partis qui développent une vision et des prises de positions politiques responsables sur le plan environnemental. Fondateur de l’UDI, Jean-Louis Borloo incarne cette conscience centriste de l’écologie responsable.

 

L'Europe comme projet de civilisation

Historiquement, la construction européenne s'est faite dans l'intérêt de la paix. Dès l'entre-deux-guerres, les démocrates chrétiens Robert Schuman, Konrad Adenauer et Alcide de Gasperi nouent des contacts utiles au sein du Secrétariat international des partis démocratiques d'inspiration chrétienne, créé à Paris en 1925. Pendant la guerre, les centristes s’engagent en nombre dans la Résistance, à l'exemple de Gilbert Dru, mort fusillé par la Gestapo, ou de Georges Bidault, président du Conseil national de la résistance et fondateur du Mouvement républicain populaire (MRP, parti majoritaire en France en 1946). C'est à Georges Bidault et Robert Schuman que l'on doit l'initiative de la réconciliation franco-allemande et le lancement du Conseil de l'Europe à Strasbourg en mai 1949 puis de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) le 9 mai 1950. D'après René Rémond, "c'est l'Europe unie qui fut - et reste pour l'histoire - la plus grande gloire du MRP, héritier de la Résistance au nazisme. C'est une sorte de miracle que ce moment de l'Histoire, au début des années 1950, où se concentraient trois grands démocrates européens (Schuman, Adenauer, de Gasperi) pour construire, sous l'inspiration de Jean Monnet, une Communauté européenne du Charbon et de l'Acier, prototype de l'Union européenne". Plus tard, ce sera un autre centriste, Valéry Giscard d'Estaing qui, avec Raymond Barre comme premier ministre, inventera le Conseil européen et décidera de l'élection des députés européens au suffrage universel direct.

 

A présent, les centristes appellent de leurs vœux une Europe politique, économique, sociale et culturelle capable de porter un espoir pour la jeunesse dans une mondialisation caractérisée par une reconfiguration géopolitique de la puissance des nations et des ensembles régionaux. La construction européenne, qui fait partie du "rêve centriste", reste un grand projet collectif permettant de mutualiser des moyens de production (industriels, énergétiques, artistiques...), de lancer des programmes de recherche et de développement d’envergure internationale, de gérer les grands enjeux régionaux (immigration, environnement, sécurité, défense...) et de peser davantage sur la scène mondiale.

 

Pour autant, loin d'être satisfaits par l'organisation actuelle de l’UE, les centristes travaillent, en particulier de façon assidue au Parlement européen, à ce que leur rêve d'union démocratique et sociale des peuples européens, véritable projet de civilisation, devienne une réalité au XXIème siècle.

[Engagement] Élections européennes (2014)

La première université de rentrée de l'Union des Démocrates et Indépendants a eu lieu à Poitiers les 14 et 15 septembre 2013, occasion de faire le point sur la première année de ce mouvement fondé par Jean-Louis Borloo et de participer à de nombreux ateliers thématiques stimulants. A cette occasion, j'ai participé à des ateliers destinés à élaborer le projet européen de l'UDI. Quelques mois plus tard, ces propositions ont été mises en forme et on nourri le programme politique pour les élections européennes.


 

Voici quelques unes des propositions formulées par l'UDI et le Modem à l'occasion des élections européennes de 2014 :

 

  1. - Création d'un Erasmus de l'apprentissage et du premier emploi ;
  2.  - Diffusion d'une liste noire européenne des paradis fiscaux ;
  3.  - Mise en place d'une taxe carbone aux frontières extérieures de l'Union, réduisant l'avantage compétitif des entreprises non européennes qui ne respectent pas les normes environnementales ; 
  4.  - Instauration d'une communauté européenne de l'énergie, coopération renforcée de pays européens volontaires, orientée vers la diversification des sources d'approvisionnement et la montée en puissance des énergies renouvelables, avec un mécanisme d'assistance mutuelle en cas de pénurie d'électricité ;
  5.  - Lancement d'une politique européenne de protection des données personnelles au niveau intérieur comme au niveau extérieur, en renforçant le cadre juridique existant, en faisant pression sur les Etats et en sanctionnant les entreprises récalcitrantes.  
  6.  - Renforcement de la politique extérieure et de Défense, en mutualisant certains services diplomatiques, en désignant un haut représentant de poids dans les relations internationales, en renforçant la capacité de financement des intervention militaires communes, menées au titre de la PSDC et en favorisant l'émergence d'un marché européen des équipements de Défense ;
  7.  - Impulsion d'une politique européenne migratoire, reposant sur une évaluation des besoins démographiques et de compétences de chaque Etat-membre, en contrôlant cette politique de façon concertée, en créant un corps européen de garde-frontières, en orientant plus intelligemment notre aide au développement vers le voisinage méridional et oriental de l'Europe. Extraits du Document de travail de l'UDI intitulé "Nos valeurs partagées pour l'Europe".

[Manifestation] devant le siège de la radio "Europe 1" pour réclamer plus de débats européens (2014)

La France souffre d'une offre politique trop contractée. Les médias accordent une place insuffisante aux discours et aux propositions des partis minoritaires, notamment centristes et écologistes. Inaudibles parce qu'on ne leur accorde pas la parole, ils ne sont pas en mesure de proposer aux Français une alternative.

 

Lors de la campagne des Européennes en France en 2014, avec les Jeunes Démocrates et les Jeunes UDI des départements franciliens, nous sommes allés manifester notre mécontentement contre les médias (LCI, Europe 1 et Le Figaro) qui organisaient l' "Eurodébat" entre les trois "gros partis", PS, UMP et Front national, sans permettre à un vrai parti européen de le contredire. Cette action a été relayée sur les réseaux sociaux et par le Huffington Post.

[Conférence-débat] L'identité française selon Marcel Gauchet (26 mars 2014)

A l’occasion d’une conférence que je co-animais à Sciences Po le 26 mars 2014, le philosophe et historien Marcel GAUCHET s’est exprimé sur sa conception de « la crise de l’identité française ».

 

Élève de Claude LEFORT et admirateur de Pierre CLASTRES, rédacteur-en-chef de la revue Le Débat, Marcel GAUCHET est l’auteur de plusieurs ouvrages de référence (Le Désenchantement du monde, 1985 ; La condition historique, 2003 ; L’avènement de la démocratie, t. 1, 2, 3, 2007 – 2010). 

D’après Marcel GAUCHET, la France a mal négocié le tournant des années 1970, marquées par le choc pétrolier de l’automne 73, les réformes néolibérales et libre-échangistes, l’extraversion des économies et l’individualisation des sociétés. « La France est mal à l’aise dans ce changement de monde qui contrevient à son identité », a-t-il soutenu. Il a comparé cette situation avec celle des Trente Glorieuses, durant lesquelles la France était « à l’aise ou à peu près… », tandis que l’action d’un État social et régulateur organisait la reconstruction et la modernisation du pays et que le contexte international de la Guerre Froide permettait à la France de rayonner par une politique d’indépendance.

 

Au tournant des années 1975, la conception du rôle de l’État a changé. L’économie a pris le pas sur le politique, le contrat sur la loi, le commerce sur l’ingénierie, le privé sur le public, les sciences appliquées sur les sciences pures, tous domaines où les Français excellaient. Ceux-ci ont vécu la mondialisation, ce nouvel univers culturel, comme une défaite, d’où le malaise actuel, selon Marcel GAUCHET. Le mirage de la société post-industrielle a conduit à la désindustrialisation française ; on s’est imaginé que l’on pouvait, avec la répartition internationale des tâches, se réserver la R&D et « laisser aux pauvres la production industrielle ». L’Allemagne a vu le caractère factice de cette théorie. La « malheureuse Allemagne des années 1990 » a pris un avantage compétitif. Dans le même temps, Marcel GAUCHET juge que l’élargissement européen a été une « fuite en avant » et un « enlisement », preuve de l’incapacité des pays européens à se projeter. La financiarisation de l’économie et l’explosion des nouveaux outils financiers ont mené à la catastrophe de 2008.  Après avoir énoncé sa lecture de l’histoire récente, l’intellectuel a dénoncé de la déroute des élites dirigeantes du pays, dont le bilan est, selon lui « accablant ». Ces élites politiques ont divorcé avec le peuple. Il y a eu une fracture et la montée des protestations et du FN traduisent un désespoir politique. Pour surmonter la crise actuelle, il faut d’abord être lucide sur l’état des lieux. Croyant qu’« aucun pays n’abandonne ce qu’il est », Marcel GAUCHET a appelé les jeunes à élaborer « un nouveau projet, adapté à la France et à son héritage historique ».

[Visite] La Cour européenne des droits de l'homme et le Parlement européen (2013)

[Éclairage] Les ressorts de l'extrême droite (2012)

Le texte ci-dessous est remarquable dans le sens où il explique bien, dans une langue accessible, les principaux ressorts de l'extrême droite et les éléments qui étayent son discours. Ces extraits sont issus de l'ouvrage de François Reynaert et Vincent Brocvielle, Nouveau manuel de culture générale, Paris, JC Lattès, 2012, p. 260-263