La Défense européenne

[Analyse] Leçons d'Afghanistan pour l'Union européenne (septembre 2021)

Avec le spécialiste Emmanuel Dupuy, nous vous proposons un tour d'horizon des enjeux stratégiques en Afghanistan. A travers un dialogue d'une cinquantaine de minutes, l'IPSE - Institut Prospective & Sécurité en Europe - veut contribuer au débat de fond sur l'Afghanistan, après 20 années de guerre et d'efforts de stabilisation ayant coûté des centaines de milliards et de très nombreuses vies humaines. Quelles leçons devons-nous en tirer, notamment du point de vue européen?


[Visite] Arras, ville européenne meurtrie par la guerre (novembre 2019)

La ville d'Arras a payé un très lourd tribu à la Première Guerre mondiale. Détruite aux deux-tiers, elle vit son riche patrimoine d'ancienne cité prospère du Nord de la France en partie réduit à néant. Arras fut un haut lieu de la vaillance militaire et de la reconquête de nos libertés.

En secret, les Britanniques transformèrent les carrières de craie sous la ville en quartier général des 24 000 soldats nécessaires au bon déroulement de la bataille d'Arras du 9 avril 1917. Le site de la Carrière Wellington rappelle aujourd'hui cette série de faits qui font d'Arras l'un des deux théâtres majeurs de l'Offensive Nivelle.

Après la guerre, une partie de la ville a été reconstruite à l'identique. Arras permet de mesurer l'ampleur des dégâts et de vérifier l'assertion selon laquelle les guerres mondiales furent un véritable suicide européen.

Aujourd'hui, tout visiteur peut y affiner sa conscience. Et la ville est un lieu où tous les enfants de France devraient un jour passer pour apprendre et exercer son devoir de mémoire.


[Séminaire] à l'Institut des Hautes études de Défense nationale (IHEDN) sur la politique de Défense française et européenne (septembre 2019)

En septembre 2019, j'ai eu l'opportunité de participer à un séminaire de l'Institut des Hautes études de Défense nationale de par mes fonctions de conseiller parlementaire.

 

Cette session m'a permis d'interagir avec de hauts responsables de la politique de Défense et d'actualiser mes connaissances en matière d'enjeux stratégiques.

 

Des conférences, débats et visites de terrain ont fait de ce séminaire un expérience collaborative de réflexion mutuelle extrêmement productive.


[Publication] L'intérêt de la prospective pour la prévention des conflits (2016)

J'ai contribué à l'ouvrage Les lois de la guerre par l'écriture du chapitre sur l'intérêt de la prospective pour la prévention des conflits.

 

Retrouvez également dans ce livre les chapitres de Frédéric Ramel (Penser la guerre dans le nouveau siècle politique), de Vincent Desporte (De la guerre rêvée à la guerre réelle) ou encore de Jean-Baptiste Jeangène-Vilmer (Le droit international humanitaire).

 

[Visite] Maison natale de Charles de Gaulle à Lille (août 2015)

[Conférence] Agir pour une Europe de la défense (mai 2015)

Le parti centriste pro-européen, UDI Montréal organisait sa dernière conférence-débat de la saison, mercredi soir au restaurant français Plein Sud, sur l’avenue Mont-Royal. Le géopoliticien et spécialiste des affaires européennes et méditerranéennes, Benjamin Boutin, s’est exprimé sur le thème : « L’Europe de la défense ». L’occasion de revenir sur les enjeux sécuritaires qui concernent la France et ses voisins. Pour ce rendez-vous citoyen, les participants étaient appelés à s’exprimer sur le rôle de la France dans la construction d’une Europe de la défense, à l’heure où des actions conjointes entre les pays européens sont menées contre les passeurs en Méditerranée.


À l’heure où des enjeux de sécurité majeurs surgissent dans le voisinage méridional, oriental et arctique de l’Europe, en particulier avec le conflit ukrainien et la menace de l’État islamique aux portes de la Turquie, la construction d’une véritable Défense européenne est plus que jamais nécessaire. Où en est le projet d'Europe de la Défense ? Comment la France doit elle se positionner sur cette question ? L’UDI Montréal a le plaisir de vous inviter à une conférence présentée par Benjamin Boutin, expert en géopolitique, membre des clubs UDI Défense et UDI Montréal au restaurant Plein Sud, 222 Avenue du Mont Royal E, Montréal, QC H2T, Canada à 18:30. Cette conférence sera suivie d’une période d’échanges.

 

Un engagement nécessaire pour la sécurité et la défense

 

« Les États-Unis se désengagent partiellement aujourd’hui, ils ne seront pas toujours derrière nous », souligne d’emblée Benjamin Boutin. Pour son exposé, le jeune expert a souhaité susciter une réflexion sur les solutions que peut apporter la France en matière de défense européenne. Il a ainsi rappelé les différents traités qui ont jalonné la construction de l’Europe de la défense. Depuis la communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) à la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) du Traité de Lisbonne, ce fut l’occasion de revoir son histoire.

 

Selon M. Boutin, l’Europe doit viser plus haut en matière de sécurité et de défense. Dans un monde soumis à des conflits extérieurs mais aussi des menaces intérieures, les dirigeants européens doivent agir de concert pour répondre à des questions de sécurité communes. En somme, être plus efficaces ensemble qu’individuellement. « Toutes les forces militaires ne sont pas les mêmes mais il faudrait créer une culture opérationnelle commune et un plan d’action global », explique-t-il.

 

Défense de l’Europe par elle-même

"Plusieurs clauses, comme celle de solidarité, ont été laissées en jachère faute de volonté politique"

 

M. Boutin a aussi spécifié les nombreux défis pour une Europe de demain, forte et unie. « Tout d’abord, réaliser Lisbonne, pointe-t-il. Plusieurs clauses, comme celle de solidarité, ont été laissées en jachère faute de volonté politique. » Il déplore ainsi que la construction d’une Europe militaire ne soit pas encore dans tous les esprits. Actuellement, l’Europe se limite à la gestion internationale de crise, « mais elle est efficace tout de même », nuance M. Boutin. Malgré tout, selon le jeune homme, les défis sécuritaires à venir doivent mener à des décisions fortes.

 

Le géopoliticien note toutefois les progrès de la PSDC au cours des quinze dernières années, avec une trentaine de missions civiles et d’opérations militaires conduites par des pays européens. Un « plus » en termes de capacité d’intervention du vieux continent, selon l’expert, qui rappelle également que l’Union européenne a su développer la gestion des crises et apaiser des conflits à l’échelle internationale. « La France et la Grande Bretagne sont les pays qui investissent le plus, rappelle Monsieur Boutin. Avec 2,2% du PIB alloué à la défense, ce sont les deux plus gros contribuables. »

 

Fonder un socle commun

"Grâce à la France, on connaît les théâtres d’opération et son expertise est un atout pour l’Europe"

 

Coopération et solidarité sont les maîtres mots d’une telle entreprise, à l’échelle européenne. Pour Benjamin Boutin, que ce soit au niveau de l’industrie ou des technologies de pointe, la qualification de l’emploi en Europe a tout à gagner à être maintenu à son meilleur niveau. Les objectifs sont doubles : éviter la concurrence internationale et maintenir une base de défense performante.

 

Pour ça, mutualiser les ressources des pays et proposer un budget commun constituerait un plus. « Les dépenses administratives actuelles sont complexes, souligne Monsieur Boutin. Le député Jean Arthuis a récemment agité le chiffon rouge et parlé de la nécessité des synergies budgétaires indispensables pour la défense. » Aussi, en fusionnant les filières nationales concurrentes, l’Europe pourra agir par elle-même, sans agir en interdépendance avec d’autres puissances militaires, croit le géopoliticien.

 

Autre idée : « Créer un livre blanc européen de la défense. Cela permettrait de matérialiser l’idée d’une Europe de la défense et de réactualiser des décisions obsolètes, datant de 2003, expose l’expert. Les États pourraient accepter l’interdépendance entre eux et favoriser des actions communes. » Mais au fait, quid de l’OTAN ? Ce sont deux choses bien différentes, affirme le géopoliticien. « L’OTAN restera une alliance militaire forte si les défenses américaine, canadienne et européenne sont aussi fortes et unies »,  affirme-t-il. « L’Europe avance de crise en crise, à petits pas, mais il y a des acquis communautaires, les européens apprennent, assure Benjamin Boutin. Même si je ne peux pas donner de « deadline », ça viendra. » Et, selon lui, si la France décide de pousser cette politique européenne de défense, ses actions militaires constituent aussi un réel atout pour le reste des pays européens. « Grâce à la France, on connaît les théâtres d’opération et son expertise qui est un atout pour l’Europe. » conclut-il.

 

En attendant, Benjamin Boutin juge que c’est au tour des citoyens de faire pression auprès de leurs représentants. Dans la salle, un couple de français s’interroge sur l’absence des médias sur ces questions pro-européennes, en Europe…

[Publication] Le Secret du roi : un service secret au cœur des manigances européennes (2014)

 

J'ai contribué à l'ouvrage collectif Les Secrets du droit paru en 2014 par l'écriture du chapitre sur le Secret du Roi, l'un des premiers services de renseignement modernes, à l'époque de Louis XV. Cet exemple permet d'aborder des notions anciennes de confidentialité diplomatico-militaire.

 

Collection des Presses Universitaires de Sceaux.  

 

[Tribune] La Défense de l'Europe par elle-même (décembre 2014)

J'ai travaillé à la Représentation permanente de la France auprès de l'Union européenne auprès du représentant militaire de la France auprès des comités militaires de l'UE et de l'OTAN en 2009 - 2010, au moment de l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne. Cette expérience au cœur de la politique de sécurité et de Défense commune m'a permis d'acquérir une vision de ce que devrait être la Défense européenne.

 

A la veille du conseil européen de décembre 2014 consacré aux questions de Défense, la Revue Défense Nationale m'a fait l'honneur de publier mon article "La Défense de l'Europe par elle-même". Cet article a été diffusé, dans une forme légèrement différente, par l'Institut européen des relations internationales


[Visite] La Fondation Charles de Gaulle (21 avril 2013)

A l'invitation de M. Jacques GODFRAIN, ancien ministre français et président de la Fondation Charles de GAULLE, j'ai eu le privilège de visiter le bureau de l'homme du 18 juin, rue Solférino à Paris, le 21 avril 2013. Charles de GAULLE l'avait occupé de 1947 à 1958.

 

Le bureau est resté dans son état d'antan, avec ses grandes cartes et, sur le mur de gauche, la pendule électrique dont les aiguilles ont été arrêtées à l'heure du malaise qui devait entraîner la mort du Général une demi-heure plus tard, le 9 novembre 1970, en sa demeure de Colombey-les-deux-Eglises. Un lieu émouvant, empreint d'histoire et de la mémoire du grand homme.


Le nouveau contexte stratégique

Le 13 juillet 2011, Le Monde titrait en première page : « La France n’a plus les moyens militaires de ses ambitions politiques ». Tandis que 27.000 soldats étaient engagés dans le monde sous nos trois couleurs, le surcoût des opérations extérieures dépassait le milliard d’euros pour le budget français. Parallèlement, la crise de la zone euro, deuxième grand titre de l’actualité, semait la panique sur les marchés financiers. Les pays membres de l’Union monétaire s’affrontaient à Bruxelles sur les modalités d’un second plan d’aide à la Grèce. A l’autre extrémité du globe, sur fond de tensions en mer de Chine, le gouvernement de Taïwan s’inquiétait de l’entrée en service imminente du premier porte-avions chinois, un bâtiment de la marine soviétique racheté en 1998 à l’Ukraine. Le monde avait changé.