France-Québec


La relation entre France et le Québec est d'une grande richesse. Si la dynamique des sociétés civiles et la volonté politique continuent d'être au rendez-vous, il ne fait aucun doute que cette coopération bilatérale plurielle, transatlantique et francophone représentera un atout différenciateur et mutuellement bénéfique pour les deux nations.

«

La relation franco-québécoise est privilégiée grâce aux liens affectifs qui unissent nos deux peuples. Par des échanges politiques, économiques, culturels, universitaires, scientifiques, etc., les Français et les Québécois apprennent à mieux se connaître mutuellement et, dans une certaine mesure, à mieux se connaître eux-mêmes.

 

L'histoire, la proximité généalogique, linguistique et culturelle, les intérêts économiques et politiques réciproques ont forgé cette relation d'une rare densité, à laquelle aucun domaine d'activité n'échappe. Un courant d'échanges relie les deux rives de l'Atlantique, sans cesse vivifié par la mobilité réciproque. Aussi, peu de nations entretiennent-elles une relation aussi forte et fraternelle que la France et le Québec.

»

une coopération inter-gouvernementale privilégiée

Au niveau gouvernemental et administratif, un dialogue privilégié s'opère, d’État à État, entre la France et le Québec. Depuis les années 1970, les premiers ministres français et québécois se rencontrent dans le cadre de visites alternées qui permettent de réactualiser les priorités politiques de cette relation. De très nombreuses ententes bilatérales ont ainsi été signées et une commission structurée permanente franco-québécoise soutient chaque année une centaine de projets de coopération.


La Délégation générale du Québec à Paris

Le Québec dispose d'une délégation générale à Paris, inaugurée le 5 octobre 1961, qui jouit des privilèges et immunités habituellement accordées aux ambassades.

 

Véritable « vaisseau amiral » du dispositif diplomatique québécois, opérateur majeur de cette relation privilégiée, la délégation générale à Paris assure les communications avec le gouvernement français et la société civile.

 

Plateforme de promotion de l'économie et de la culture québécoises en France, à Monaco et par extension en Europe, la délégation générale joue un rôle irremplaçable pour valoriser les atouts du Québec à l'international.

Le Consulat général de France à Québec

La France dispose de deux consulats généraux au Québec, l'un à Montréal et l'autre à Québec. C'est particulièrement le consulat à Québec qui est chargé d'assurer les communications de gouvernement à gouvernement. Présent depuis 1858, ce consulat assume non seulement des fonctions consulaires mais aussi politiques. Ce statut particulier lui permet d’entretenir des relations directes avec le Quai d’Orsay, sans passer par l’ambassade de France au Canada, tenue informée des correspondances échangées.

 

La communauté française établie au Québec est estimée à 120 000 personnes, soit plus des deux tiers des Français installés au Canada, selon le consulat. Parmi eux figurent un grand nombre d’étudiants français qui sont une chance pour l'économie du Québec.


L'Office franco-québécois pour la jeunesse - OFQJ

Créé en 1968 par les gouvernements français et québécois, l'Office franco-québécois pour la jeunesse est un facilitateur de mobilité qui met en œuvre des programmes d'échange pour les jeunes (18-35 ans). Au Québec, l'OFQJ fait partie des Offices jeunesse internationaux du Québec. Depuis sa création en 1968, l'OFQJ a permis à plus de 170 000 participants de traverser l'Atlantique : une immense réussite !

 

L’OFQJ évolue et ses programmes se recentrent aujourd’hui sur le développement et le perfectionnement professionnels des jeunes. L'entrepreneuriat est souvent au cœur de ses missions de prospection, de réseautage et de partage. Capable de soutenir des projets qui enrichissent la formation, l’expérience professionnelle ou la pratique citoyenne des participants, l'Office joue un rôle de conseil, d’accompagnement et d’intermédiaire entre les collectivités territoriales ainsi qu’entre les acteurs de la société civile.

 

Des missions franco-québécoises peuvent s'effectuer en tandem dans des pays tiers, comme ce fut le cas au Costa Rica pour deux jeunes en insertion professionnelle, un Français et un Québécois, chargés d'effectuer un diagnostic touristique. 


France-Québec : un lien indéfectible

Tribune de Louise Beaudoin et Benjamin Boutin, 28 janvier 2019

Louise Beaudoin fut ministre des Relations internationales et de la Francophonie de 1998 à 2003.


«

La semaine dernière à Paris, le premier ministre François Legault a démontré sa volonté d’assurer la continuité et la prospérité de la relation franco-québécoise. Il faut s’en réjouir. Mais au-delà de l’aspect économique qui est mis en avant comme le mantra de cette coopération renouvelée, nous avons à cœur de redire notre attachement à une relation complète, moderne et efficace entre le Québec et la France, sans esprit d’exclusive.

 

Sur le plan économique, François Legault a raison de vouloir redoubler d’ambition. En annonçant la mise en place de missions commerciales ciblées, de filières d’excellences et de grappes industrielles franco-québécoises, sa volonté de décupler les échanges commerciaux entre le Québec et la France va dans le bon sens. 

D’autres initiatives en matière d’économie sociale et d’environnement seraient les bienvenues, tandis que les groupes de travail communs sur l’électrification des transports, la science et les données ouvertes ne sauraient être négligés.

 

La France représente le deuxième investisseur au Québec, où il existe plus de 300 filiales d’entreprises françaises. Des milliers d’étudiants et de travailleurs qualifiés contribuent également à la prospérité du Québec. Cet attrait — qu’aurait pu partiellement décourager la hausse des droits de scolarité — ne se dément pas.

 

Lever les obstacles à la mobilité

 

Le gouvernement français s’est montré quant à lui désireux d’accueillir davantage d’étudiants québécois. Afin de faciliter cette mobilité, entravée par le coût du logement dans les métropoles françaises, pourquoi la Caisse de dépôt et placement du Québec n’investirait-elle pas dans la construction de résidences étudiantes en France ? Un placement qui s’avérerait aussi judicieux financièrement que socialement utile.

 

L’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ) demeure un formidable générateur de possibilités. Toutefois, les frais excessifs de permis d’étude et de travail pratiqués par le Canada sont inéquitables vis-à-vis des jeunes Français. Comment justifier les discours prônant le libre-échange des marchandises si, dans le même temps, le Canada prélève une rente sur la mobilité humaine ? Selon un principe de réciprocité avec la France, il serait juste qu’Ottawa abaisse ces tarifs.

 

Renforcer le dialogue

 

La coopération décentralisée, scientifique et universitaire est l’un des points forts de notre relation. Plusieurs accords de partenariat ont été signés ces dernières années. L’Institut maritime franco-québécois à Rimouski est un bel exemple de ce que nous pouvons faire en commun. Cette coopération scientifique pourrait être encore plus ambitieuse si des équipes de recherche communes travaillaient sur des projets majeurs concernant, par exemple, la maladie d’Alzheimer ou le cancer.

 

Sur le plan sociétal, au miroir de nos expériences respectives, nous pouvons co-élaborer des solutions intelligentes aux défis communs de nos sociétés (vieillissement de la population, robotisation, gestion durable des ressources…) et même les transcrire dans nos lois par l’entremise de la commission interparlementaire franco-québécoise. Les associations qui participent à ces échanges d’idées et d’expertises doivent être soutenues. Elles contribuent à faire vivre la dimension citoyenne de notre relation.

 

D’un point de vue politique, notre relation bilatérale a vocation à demeurer « directe » en évitant les intermédiaires, « unique » par les affinités qui nous lient et « stratégique » pour renforcer notre capacité d’action commune dans la francophonie et dans le monde. Les rencontres alternées des premiers ministres, lancées en 1977 par René Lévesque et Raymond Barre, pourraient donner lieu, tous les ans, à un Conseil des ministres commun.

 

Encadrer les GAFA

 

Mais le sujet stratégique sur lequel une initiative franco-québécoise forte est requise de toute urgence concerne la fiscalité appliquée aux géants du numérique, les fameux GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon et autres). En France, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a annoncé qu’un projet de loi visant à imposer ces entreprises à hauteur de 3 % minimum de leur chiffre d’affaires dans l’Hexagone sera présenté « en Conseil des ministres d’ici à la fin février », avant d’être « rapidement soumis au vote du Parlement ». La contribution fiscale des services numériques est « un enjeu majeur du XXIe siècle » et « une question de justice et d’efficacité », a estimé le ministre.

 

Cette initiative française découle d’une absence de consensus au niveau européen. De la même manière, le Québec est le seul État au Canada qui ose faire bouger un tant soit peu les lignes avec une taxe de vente adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale en juin dernier et entrée en vigueur depuis janvier 2019. En somme, devant cette évolution nécessaire de notre fiscalité, les Européens hésitent et le Canada résiste. Le Québec et la France ont donc toute légitimité pour porter cette mesure sur la scène internationale, comme ils ont su si bien le faire ensemble au moment de la négociation de la Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle, adoptée en 2005.

 

En définitive, la relation entre France et le Québec n’est pas vouée à la banalisation ni au cantonnement à un seul domaine. Si la dynamique des sociétés civiles et la volonté politique sont au rendez-vous, il ne fait aucun doute que cette coopération bilatérale franco-québécoise plurielle, transatlantique, en langue française, continuera de représenter un atout différenciateur et mutuellement bénéfique pour nos deux nations.

»

Une relation citoyenne féconde en quête de relève

Le réseau associatif franco-québécois

Parmi les organismes associatifs qui font vivre les échanges entre la France et le Québec depuis plusieurs décennies se trouvent la Fédération France-Québec / francophonie et le Réseau Québec-France.

Créée en 1968, ouverte à tous sans distinction, l’Association France-Québec regroupe une cinquantaine d’associations en régions et approche les 3000 membres « tombés en amour » avec le Québec. Le 11 décembre 2015, l’Association France-Québec a tenu à Paris une assemblée générale extraordinaire pour modifier ses statuts et devenir la Fédération France-Québec / francophonie. Faire connaître et aimer le Québec en France, développer l’amitié et les liens entre les deux pays : telle est la raison d’être du réseau-passion qu’est France-Québec. La Fédération organise diverses activités comme un concours culinaire, une tournée de cinéma québécois, un prix littéraire, une dictée francophone, des conférences, un concours de slam, etc.

Fondée en 1971, Québec-France compte 2000 membres répartis dans 19 associations régionales. Spécialisée dans la relation franco-québécoise de citoyens à citoyens, elle se veut utile pour intégrer socialement les Français qui émigrent au Québec grâce aux activités qu’elle organise (voyages, soupers historiques, forums, congrès, prix littéraire, Francofête, concours de slam...). Depuis 1982, l’AQF a donné l’opportunité à 4000 jeunes québécois de découvrir la France le temps d’un été avec le programme d’échange Intermunicipalités et vendanges. Les bénévoles qui la constituent, amoureux de l’art de vivre français, sont des témoins de notre culture commune en Amérique du Nord et souhaitent transmettre cet amour aux nouvelles générations.


Consultation sur l'avenir de la Fédération France-Québec / francophonie, juin 2019-2020

En juin 2019, élu vice-président de la Fédération France-Québec / francophonie, Benjamin Boutin a réuni un comité stratégique pour dégager de grands constats sur l'évolution de la relation France-Québec et avancer des propositions concrètes en matière de jeunesse, d'économie et de culture. Se sont joints à la réflexion Caroline Rauzy, secrétaire-générale-adjointe, Marc Pinelli, délégué jeunesse et francophonie, Louis Duvernois, sénateur honoraire et président de l'ADIFLOR Marthe Nagels, chargée de projets à l'OFQJ, Laurent Veyssière, co-président de la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs, Marie Christine Abiska, déléguée générale de Jeunesse et Reconstruction, Pascal Dujardin, directeur de PHD Interactif, Joséphine Lucas, présidente de Guyane-Québec. De nombreuses personnes ont été auditionnées en interne et dans la sphère de la relation France-Québec, de la francophonie et du monde associatif. 

 

Dans cette entreprise de réflexion stratégique, Benjamin Boutin et Marc Pinelli ont également réuni en octobre 2019 les partenaires historiques de la Fédération : Délégation générale du Québec à Paris représentée par M. Jean-François Normand et Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ) représenté par Mme Armelle Dugué. L'importance de mieux ancrer notre action dans (et avec) les collectivités territoriales a été rappelée par la présence de M. Bernard Rullier, conseiller au Sénat et de M. Quentin Delorme, conseiller à l'Association des maires de France et des présidents d'intercommunalité, Rachelle Sorin, directrice générale de la BNC et administratrice du CDEFQ. Charlotte Debray, déléguée générale de la Fonda a élaboré avec ce comité stratégique une grande consultation qui a permis d'avoir l'heure juste sur les défis de la Fédération.

Congrès Territorialis à Arras, octobre 2019

Cette mission imposait également de se rendre à la rencontre des acteurs de la relation franco-québécoise, par exemple au Congrès Territorialis à Arras en octobre 2019 pour participer à de beaux échanges France-Québec-Afrique avec Christophe Verger, vice-président du Syndicat National des directeurs généraux des collectivités territoriales ainsi qu'avec Claude Perinet, président de l'Association des directeurs généraux des municipalités du Québec.

 

Les collaborations internationales entre cadres dirigeants nourrissent les réflexions sur les enjeux d'administration publique, permettent d'échanger des bonnes pratiques et d'aboutir à des actions concrètes d'amélioration du bien-être des populations. 


Hommage à l'ancien Premier ministre Bernard Landry, novembre 2018

La Délégation générale du Québec à Paris a mis en place un registre de condoléances pour rendre hommage à l'ancien Premier ministre du Québec (2001-2003) Bernard Landry. Benjamin Boutin a tenu à partager ce message.

«

Les mots d’intégrité, de compétence, d’humanisme, de patriotisme, de hauteur de vue ont été prononcés à juste titre pour qualifier son action d’homme d’État et ses qualités humaines. A mon sens, Bernard Landry, ancien Premier ministre du Québec (2001-2003), représentait le meilleur versant du patriotisme, à savoir l’amour des siens. Bernard Landry aimait le Québec de tout cœur. Il a contribué par cet amour et la vivacité de son intelligence à construire le Québec contemporain. Il aurait voulu pousser le Québec un peu plus haut, un peu plus loin ! Et même si son rêve d’indépendance ne se sera point réalisé de son vivant, il aura inspiré de nombreuses générations et participé à l’émancipation socio-économique et politique de son pays tant aimé ! Bernard Landry était par ailleurs un amoureux de la France. A Verchères, chaque souvenir, chaque objet évoquait cet amour. Il était convaincu que les destins de la France et du Québec étaient intimement liés. Nations inséparables par l’histoire, le présent et l’avenir. Il l’avait encore démontré l’été dernier quand, affaibli, il avait tout de même tenu à visiter une ultime fois les châteaux de la Loire, patrimoine emblématique qu’il chérissait. Merci à ce grand ami de la France, à ce bâtisseur d’un Québec fort au sein d’une francophonie accueillante et fraternelle.

»


Dialogue France-Québec : comment éviter les les malentendus ?

Francophonie sans frontières a diffusé le jeudi 29 novembre 2018 une conférence-débat en ligne sous forme de dialogue entre d'un côté Jean-Benoît Nadeau et Julie Barlow (anciens expatriés québécois en France et auteurs de l'ouvrage Ainsi parlent les Français, Robert Laffont, 2018) et de l'autre Marie-Astrid Berry et Benjamin Boutin (fondateurs de Francophonie sans frontières) sur le thème des différences linguistico-culturelles entre Français et Québécois.

 

Avec humour, bienveillance et autodérision, les débatteurs ont abordé les codes et les bonnes pratiques pour éviter tout quiproquo dans nos conversations franco-québécoises afin de mieux nous comprendre ! Le débat fut animé par Romain Lambic, administrateur de FSF et journaliste.


Congrès Québec-France, octobre 2018

La Fédération France-Québec Francophonie et le Réseau Québec-France ont tenu leur Congrès commun au Centre des congrès de Québec, sous le patronage de l’académicien Dany Laferrière, du 5 au 8 octobre 2018.

 

La fédération France-Québec / francophonie célébrait son 50e anniversaire, à l’instar de l’Office franco-québécois pour la jeunesse au Québec, avec des festivités exceptionnelles. Réseau Québec-France et Fédération France-Québec / francophonie sont à l’œuvre notamment dans les secteurs culturel, social et économique et comptent respectivement environ 1250 membres au Québec et 2750 membres en France. De nombreuses activités sont régulièrement menées en collaboration avec l’OFQJ.

 

Un « atelier jeunesse » a été organisé, mobilisant 10 jeunes français et 10 jeunes québécois sélectionnés pour réfléchir au rôle des jeunes dans la relation franco-québécoise et à une meilleure intégration de ceux-ci dans les deux réseaux. Benjamin Boutin faisait partie des jeunes leaders sélectionnés. L’animation de cet atelier a été confiée à Vincent Lacharité-Laframboise de l’Institut du Nouveau Monde. Il a permis de faire émerger des propositions pour répondre aux questions suivantes : comment recruter et impliquer les jeunes dans ces mouvements associatifs, et définir une stratégie de renouvellement des bénévoles ? Quels types d’activités sont les plus attractives pour un public jeune?


A l’occasion de la plénière de clôture, les participants ont présenté leurs recommandations à l’ensemble des adhérents : développer les échanges scolaires ou extra-scolaires sous différentes formes (épistolaires, voyages, projets communs) ; recenser et démarcher des structures locales (villes jumelées, écoles, associations étudiantes) pour construire de nouveaux projets jeunesse ; mettre en place des ambassadeurs jeunesse ; systématiser la représentativité des jeunes dans les instances de décision ; mentorer les jeunes québécois arrivant en France afin que les associations soient un vecteur d’intégration pour les nouveaux arrivants ; recruter des jeunes dans les structures scolaires et étudiantes ; valoriser la littérature jeunesse et impliquer des jeunes dans des comités de lecture d’un Prix « jeunesse » Marie-Claire Blais.

 

Benjamin Boutin s'est exprimé comme rapporteur de l’atelier : « Nous sommes parvenus à des propositions solides qui ne sont pas là pour être imposées mais que nous aimerions voir discutées et appropriées par la Fédération France-Québec / francophonie et le Réseau Québec-France. Nous espérons qu’un véritable pacte intergénérationnel pourra être conclu à la suite de ce congrès et que certaines de ces propositions seront développées. »

Discours à l'Assemblée nationale du Québec, juillet 2018

Organisé en partenariat avec l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, le Parlement francophone des jeunes des Amériques (PFJA) est l’occasion de réunir francophones et francophiles autour d’objectifs communs : travailler à la pérennité de nos institutions parlementaires et contribuer à la mise en valeur d’une Francophonie unie par sa langue française, sa diversité culturelle et son engagement citoyen.

Du 8 au 15 juillet 2018, Benjamin Boutin a pris part au PFJA. Cet événement international, organisé par le Centre de la francophonie des Amériques (CFA) à Québec, berceau de la francophonie américaine, réunit des personnalités engagées « dans une démarche de réflexion et de co-construction d’un monde meilleur, plus juste et plus inclusif de nos différences », selon le président-directeur général du Centre, Denis Desgagné. Cette rencontre d’entrepreneurs sociaux, venus partager des expériences et des connaissances, s’accompagne d’un exercice de simulation parlementaire favorisant l’interaction entre l’organe politique, la société et les médias. Benjamin Boutin a travaillé pour sa part sur le projet de loi relatif à la sécurité et à l’ordre public.



Regard croisé franco-québécois sur la francophonie économique, mai 2018

Le 25 mai 2018, Benjamin Boutin organisa et anima une table-ronde sur le thème de la francophonie économique au siège de France-Amériques à Paris qui a réuni Marianne Condé Salazar, directrice des relations internationales de l'enseignement à la Chambre de commerce et d'industrie de Paris Ile-de-France et Christophe Fortier Guay, expert à l'Organisation de Coopération et de Sécurité en Europe et ancien conseiller ministériel au Québec.


L'OFQJ souffle ses 50 bougies au Quai d'Orsay, 8 mars 2018


Conférence avec Louise Beaudoin au Cercle France-Amériques, à Paris, 22 novembre 2017

Le 22 novembre 2017, une conférence sur l'avenir des relations France-Québec organisée et animée par Benjamin Boutin au siège de France-Amériques à Paris a mis en vedette Louise Beaudoin, ancienne ministre des relations internationales et de la Francophonie du Québec. Cet événement a rassemblé une cinquantaine de personnes et a fait l'objet d'articles de presse. Elle a accueilli des représentants de la Délégation générale du Québec à Paris, de la Fédération France-Québec / francophonie ou encore du Comité d'action politique France-Québec. Maxime Daeninck, président de Débattre en Sorbonne, y a également contribué.


C'était il y a 50 ans : "Vive le Québec libre !" Et maintenant ?


«

Il y a cinquante ans jour pour jour, Charles de Gaulle, Président de la République française et héros de la Résistance, prononçait un discours historique depuis le balcon de l'Hôtel de ville de Montréal, devant une foule de 15 000 Montréalaises et Montréalais en liesse.

 

Un geste politique et symbolique fort

 

Il s'agit de l'un des discours majeurs de l'homme du 18 juin sur le thème de la liberté et de l'identité, comparable par sa portée et son caractère subversif aux discours de Brazzaville du 30 janvier 1944 et de Phnom Penh du 1er septembre 1966.

Les conséquences de cette déclaration et de son fameux "Vive le Québec libre !" furent incommensurables, tant sur le plan politique intérieur québécois et canadien que sur le plan international. La province du Québec a acquis du jour au lendemain une notoriété planétaire. Et le mot Québec est apparu en mandarin !

 

Cette notoriété s'est amplifiée avec l'Exposition universelle concomitante à Montréal - Expo 67 - 50 ans. Les deux événements ont eu le mérite de placer le Québec sur la carte du monde. Depuis, la société québécoise a affirmé sa singularité et son identité avec force en Amérique du Nord et dans le monde. Fort de leur expansion sur la scène culturelle et diplomatique mondiale, les Québécois ont tissé au fil des ans des liens étroits avec d'autres peuples, d'autres nations, d'autres continents. La construction de la Francophonie institutionnelle a constitué un tremplin pour amplifier cet élan. La relation France-Québec est entrée dans l'ère de la modernité et des rapports équilibrés, réciproques et solidaires.

 

Un héritage à porter collectivement

 

Aujourd'hui, il importe de faire vivre cet héritage et de le faire prospérer. Au-delà du travail indispensable des gouvernements et des administrations, en particulier de la Délégation générale du Québec à Paris et du Consulat Général de France à Québec et à Montréal, la perpétuation de l'exceptionnelle relation entre la France et le Québec dépend de la mobilisation de tous, de chaque côté de l'Atlantique. Il ne tient qu'à nous de développer des projets en commun, de partir ensemble à la conquête de nouvelles frontières scientifiques, économiques, sociales et culturelles.

 

Avec l'Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ) en France (LOJIQ - Les Offices jeunesse internationaux du Québec), dont se sont dotés les deux gouvernements dans le sillon de la visite du président de Gaulle en 1967, un outil formidable est entre nos mains pour développer de tels projets. L'intérêt croissant des étudiants et jeunes professionnels français pour le Québec est également une opportunité à saisir pour intéresser les nouvelles générations à cette relation historique et la propulser vers l'avenir. En France, les universités et les grandes écoles devraient ouvrir leurs portes aux étudiants québécois pour qu'ils viennent en plus grand nombre. La présence de Montréal Bleu blanc tech constitue également un levier de nouvelles coopérations franco-québécoises dans le domaine technologique et entrepreneurial. De surcroît, je plaide en faveur d'une imbrication de nos regroupements coopératifs respectifs.

 

Reconnaissance et engagement

 

Depuis plusieurs années, j'ai eu la chance de dialoguer avec des femmes et des hommes exceptionnels qui sont les véritables artisans de la relation franco-québécoise ; des personnes avec qui j'ai tissé des liens intellectuels et affectifs parfois très forts. Je pense à l'ambassadeur Bernard Dorin (assistant du général de Gaulle, il a préparé sa visite au Québec en 1967 et lui a suggéré la création de l'OFQJ), qui m'a honoré d'une invitation à son domicile pour évoquer en tête à tête l'avenir de cette relation. Je pense aussi à Bernard Landry, qui m'a reçu chez lui, au bord du Saint-Laurent, en compagnie de Nathalie Simon-Clerc pour un entretien filmé ; à Louise Beaudoin, avec qui j'ai consigné une tribune dans Le Devoir, et à tant d'autres personnalités brillantes et attachantes comme Clément Duhaime, Jean-Louis Roy, Lucien Bouchard, Nicolas Chibaeff, Michel Robitaille, Jacques Chagnon ou encore Claude Bédard. Il serait trop long de les citer tous mais je veux leur rendre hommage parce qu'ils sont les passeurs, les grands témoins et les acteurs de notre histoire partagée.

 

Et demain ?

 

Aujourd'hui, 50 ans après le discours de Charles de Gaulle, nous devons affirmer notre détermination, en France et au Québec, à poursuivre cette magnifique histoire de fraternité entre deux peuples libres et égaux. Je pense aux jeunes (comme Stéfanie Tougas, Stephane Stril, Laurie Bouchard, Marie-Astrid Berry ...) qui s'y engagent au niveau économique, social et politique. Le programme d'échanges croisés du CAP-FQ - Comité d'action politique France-Québec (auquel j'ai participé à l'automne 2014) est un autre outil important pour sensibiliser les futurs décideurs au caractère mutuellement profitable de ce partenariat. A l'heure où la compétition internationale fait rage, chérissons cet héritage et sublimons-le par notre énergie, notre volonté et nos initiatives. Ensemble, nous pouvons conjuguer et démultiplier nos forces en Europe, en Amérique et dans le monde. Vive la relation d'amour entre la France et le Québec !

»

 

La relation franco-québécoise à l'aube du 375e anniversaire de la fondation de Montréal

Entrevue sur radio Tandem FM, Montréal, le 24 juin 2017

Le 24 juin 2017, à l'occasion de la fête nationale du Québec, Benjamin Boutin fut invité à partager son opinion sur l'état de la relation France-Québec. L'émission éducative Canevas, diffusée sur Radio Tandem FM, diffusa cette entrevue qui porta principalement sur la coopération franco-québécoise et le 375e anniversaire de la fondation de Montréal.


Le Québec dans le monde

Le Québec, État fédéré de 8,1 millions d'habitants, a démontré qu'il pouvait exercer une influence sur la scène mondiale, en particulier pour mobiliser la communauté internationale dans certains domaines, développer ses réseaux d'affaires, promouvoir sa culture et être un acteur important de la francophonie...

Conversation avec Bernard Landry, ancien Premier Ministre du Québec, mai 2017

A Verchères, sur la rive Sud du fleuve Saint-Laurent, dans sa très belle maison patrimoniale, Bernard Landry, Premier ministre du Québec de 2001 à 2003 a reçu Benjamin Boutin et Nathalie Simon-Clerc en mai 2017 pour converser sur le passé, le présent et l'avenir des relations internationales.

«

En 2017, le passé se rappelle à nous par plusieurs grands anniversaires : les 60 ans du traité de Rome, de la visite du Général de Gaulle au Québec, de l'Expo 67 et de la signature de la première entente internationale du Québec ; les 50 ans de la création du Ministère des relations internationales du Québec ; les 40 ans de la Charte de la langue française. Le présent nous interpelle aussi, dans le contexte de l'élection de Donald Trump, de la montée des populismes, de la remise en cause du libre-échange et des présidentielles françaises. L'avenir, enfin, doit se construire pour permettre à la relation France-Québec d'aller plus loin, à la Francophonie - notamment celle des Amériques et du continent africain - de s'épanouir sans entraves et à la nation québécoise de trouver enfin un point d'équilibre entre forces politiques antagonistes pour faire valoir sa langue, sa culture et sa singularité dans le monde.

»


L'action du Ministère des relations internationales et de la Francophonie du Québec - MRIF

Benjamin Boutin échangeant avec Christine St-Pierre, ministre des relations internationales et de la francophonie du Québec en 2017
Benjamin Boutin échangeant avec Christine St-Pierre, ministre des relations internationales et de la francophonie du Québec en 2017

Depuis que le vice-premier ministre Paul Gérin-Lajoie a acté le prolongement international des compétences internes du Québec en 1965, cet État fédéré de 8,1 millions d'habitants a démontré qu'il pouvait exercer une influence sur la scène mondiale. En particulier, il a su mobiliser la communauté internationale pour faire adopter à l'UNESCO en 2005 la Convention internationale sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

 

Le Québec exprime ses positions dans les forums internationaux lorsque ses compétences (culture, santé, éducation, environnement...) sont concernées. Il est aussi en droit de participer à l'élaboration des positions canadiennes dans les négociations internationales. Les accords de commerce, par exemple, touchent certains champs de responsabilité du gouvernement québécois, tels que les marchés publics, les normes du travail, les services, la formation ou les équivalences professionnelles.

 

Dans le domaine de l'environnement, le Québec a joué un rôle majeur à la COP 21 pour rassembler les entités infra-étatiques, les régions et les États fédérés autour d'objectifs communs. En 2014, il s'est montré pionnier en créant le plus grand marché du carbone transfrontalier en Amérique du Nord. En outre, le Québec entretient des relations bilatérales avec 18 pays. Celles, privilégiées, avec la France, ont atteint un degré de densité incomparable. Le gouvernement prend appui sur sa Délégation générale à Bruxelles pour nouer des contacts étroits avec les institutions européennes. Les États-Unis, le Japon et le Mexique sont également des partenaires de longue date. Le gouvernement dispose aussi d'un représentant en Chine. Au total, le réseau diplomatique québécois compte une trentaine de représentations à l'étranger.

L'action du Québec à l'international prend différentes formes. Par exemple, la ministre des relations internationales et de la francophonie Christine St-Pierre a impulsé la tenue d’une grande conférence internationale intitulée Internet et la radicalisation des jeunes : prévenir, agir et vivre ensemble. La représentante du gouvernement du Québec au sein de la Délégation permanente du Canada auprès de l’UNESCO Line Beauchamp a précisé que cette conférence réunira plusieurs centaines d’experts mondiaux sur la radicalisation, dossier sur lequel le Québec se positionne de façon crédible en prenant appui sur son plan d’action gouvernemental 2015 – 2018 contre la radicalisation, ainsi que sur le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV) basé à Montréal, mis sous le feu des projecteurs par la visite du Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon. Cette conférence s'inscrit dans la continuité de la conférence internationale de l’UNESCO organisée en juin 2015 à Paris intitulée Les jeunes et l’Internet : combattre la radicalisation et l’extrémisme, qui avait réuni des participants de 70 pays et abouti à un cadre d’action intégré visant à partager des politiques pour contrer l’usage d’Internet comme outil de radicalisation des jeunes.

Focus sur l’action du Québec au Royaume-Uni

Le Délégué général du Québec au Royaume-Uni,  John Anthony COLEMAN, a invité Benjamin Boutin à partager une discussion lors de son passage à Londres, le 27 juillet 2018. Leurs échanges ont porté sur la métropolisation des relations internationales, sur les liens entre la Francophonie et le Commonwealth ainsi que sur l’action du Québec au Royaume-Uni et dans les pays nordiques, particulièrement en ce qui concerne la promotion des départements d’études québécoises dans les universités de ces pays et la mise en relation des jeunes.

 

Au Royaume-Uni, l’action du Québec se concentre sur les relations politiques, institutionnelles, économiques et culturelles. La Délégation générale du Québec à Londres coopère pour cela depuis plusieurs années avec la Chambre de commerce Canada-Royaume-Uni, le cercle de réflexion Chatham House, le British Council. La tradition veut que le ministre des Finances se rende à Londres annuellement pour y rencontrer des gens d’affaire et prononcer un discours dans la City. Il est aussi de coutume que le ministre québécois de l’Économie et de l’Innovation se rende, tous les deux ans, au Salon aéronautique de Farnborough.

La délégation générale agit également à titre d’interface lors des visites officielles de personnalités québécoises au Royaume-Uni et dans les pays nordiques et de personnalités britanniques au Québec (ministres, premiers ministres, parlementaires, membres de la famille royale, etc.). Le 17 septembre 2008, le haut-commissaire du Royaume-Uni au Canada Anthony Cary a remis au président de l’Assemblée nationale et à la ministre des Relations internationales un fac-similé de l’Acte de Québec de 1774, legs du gouvernement britannique à l’occasion du 400e anniversaire de la ville de Québec. Un programme d’échange d’assistants de langue a été mis en œuvre en 1980. Celui-ci prévoit qu’une soixantaine de Québécois et Britanniques sont affectés chaque année à des postes de soutien en enseignement du français et de l’anglais langue seconde au Royaume-Uni et au Québec.


Focus sur la diplomatie municipale de Montréal

Dominique Poirier, Commissaire aux relations internationales de Montréal, ancienne sous-ministre au gouvernement du Québec, a présenté les grands axes de son action, lors d’une activité organisée par Connexion Internationale de Montréal à laquelle Benjamin Boutin a participé en 2017. Dans un contexte de remise en cause partielle du système westphalien, les grandes métropoles peuvent être considérées comme de petits pays, selon elle. C’est un peu le cas de Montréal, qui pèse pour génère la moitié du PIB québécois. Il existe une coopération infra-étatique entre les collectivités, les villes et gouvernements locaux et régionaux ; il serait même permis de dire qu’aux relations internationales classiques se superposent des relations inter-municipales de plus en plus dynamiques.

 

Les villes s’épaulent beaucoup et se constituent en réseaux. Montréal appartient ainsi aux réseaux suivants : Métropolis, ICLEI, AIMF, SCN, Réseau des villes créatives de l’UNESCO et, depuis peu, au Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique. Elle se positionne en particulier sur les thématiques du développement durable et du développement social, de la francophonie, du vivre-ensemble et de la diversité. Ce positionnement résulte de sa composition : 120 communautés culturelles vivent en relative harmonie à Montréal. Cette-dernière est active au sein de la commission du vivre-ensemble de l’Association des maires francophones (AIMF) et dispose de son propre Observatoire du vivre ensemble, qui est une plateforme web, ainsi que d’un centre de prévention de la radicalisation menant à la violence.

Par un double mouvement de représentation à l’étranger et d’accueil des étrangers chez soi, la ville se projette en constituant des délégations d’élus en visite à l’étranger (le Maire est l’ambassadeur de Montréal) et accueille de la même façon des délégations étrangères de diplomates, de ministres, de maires, etc. L’attraction des grands congrès comme le Gsef (Global Social Economic Forum – Forum mondial de l’économie sociale) en septembre 2016 fut également un enjeu stratégique pour le positionnement de Montréal.

 


Quelques Acteurs de la relation franco-québécoise

Au cours de ses années de vie au Québec, que ce soit à l’École nationale d'administration publique du Québec, à Radio-Canada, à l'Orchestre symphonique de Montréal ou dans d'autres contextes, Benjamin Boutin a rencontré de nombreux acteurs engagés dans la vie québécoise. Florilège.

23 octobre 2019
23 octobre 2019

Louise BEAUDOIN

 

Figure majeure de la vie politique et médiatique québécoise, Louise Beaudoin fut successivement ministre déléguée aux Affaires intergouvernementales canadiennes, ministre de la Culture et des Communications responsable de la Charte de la langue française, ministre des Relations internationales, et de la Francophonie et ministre d'État aux Relations internationales. Elle fut également été déléguée générale du Québec en France. Auteure de Plaidoyer pour la diversité linguistique (2008), elle collabora à plusieurs ouvrages et fut membre associée au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal. Officière de l’Ordre national du Québec et grande officière de la Légion d’honneur, elle assume actuellement la présidence du conseil d’administration du Regroupement des événements majeurs internationaux et s’est jointe au journal Le Devoir à titre de chroniqueuse politique en septembre 2017. « Elle est à mon sens la femme politique la plus brillante de sa génération », dit d'elle Benjamin Boutin.

Alexandre CLOUTIER

 

Jeune député de Lac-Saint-Jean élu à 30 ans, Alexandre CLOUTIER a été ministre délégué aux Affaires intergouvernementales de 2012 à 2014, au sein du gouvernement de Pauline MAROIS. Par sa formation, il maîtrise particulièrement le droit constitutionnel et le droit international public, ce qui fait de lui une tête pensante du Parti québécois. Lors de la dernière course à la chefferie de ce parti en mai 2015, il a terminé deuxième avec plus de 29% des votes, derrière Pierre Karl PELADEAU. Depuis la démission de ce-dernier, Alexandre CLOUTIER a fait partie des trois candidats pressentis pour être chef - avec Véronique HIVON et Jean-François LISEE - pour prendre la tête du parti. Lors de cette campagne, il avait promis de lancer huit grands chantiers sectoriels de réflexion sur l'opportunité de l'indépendance. Finalement, c'est M. LISEE qui l'a emporté ; toutefois, Alexandre CLOUTIER n'a pas dit son dernier mot.

Philippe COUILLARD

 

Philippe Couillard est arrivé au pouvoir en 2014. Sa mère, Hélène Yvonne Pardé, est française. Il a la double nationalité canadienne et française. Lorsque je l'ai rencontré, nous avons abordé la question des frais universitaires et de la réciprocité dont bénéficient les étudiants québécois lorsqu’ils sont accueillis dans les universités et grandes écoles françaises. Mesurant la connaissance poussée du Premier ministre de l’histoire de France, je lui ai donné mon avis sur les proximités et les variations culturelles entre Français et Québécois. Pour l’avenir d’une relation aussi spéciale, directe et privilégiée que la nôtre, nous avons relevé l’importance stratégique des projets de développement communs, tel celui portant sur l’électrification des transports. J’ai interrogé le Premier ministre sur sa vision de la francophonie au Québec et au Canada, et je lui ai fait part de certaines de mes préoccupations en la matière.

 

Le 9 octobre 2014, rencontre avec Philippe COUILLARD, accompagné par la présidente (section Québec) du Comité d’action politique France-Québec, Laurie BOUCHARD

Jacques ROBERT

 

Ses années vécues au Québec dépassèrent celles passées en France, où il naquit. Jacques Robert émigra dans la Belle Province et y construit sa vie, entre mode, photographie, musique, implication sociale et goût de l'amitié. Ce pilier de la communauté française de Montréal fut pendant une décennie le président de l'Orchestre de la francophonie. Il présida également la Société d'Entraide des Membres de la Légion d'Honneur à Montréal. « J'ai eu le bonheur de le compter parmi mes plus fidèles amis. Doté de rares qualités humaines et artistiques, Jacques fut un facilitateur qui créait du lien partout où il passait. Tous appréciaient ses valeurs, sa générosité, sa grande courtoisie et sa culture. »

Michel ROBITAILLE

 

Ce diplomate québécois à la carrière exemplaire a développé quarante années d'expérience dans les affaires internationales, notamment américaines, européennes et francophones. Cet homme qui fut directeur général de l'Association Québec-France, premier PDG du Centre de la francophonie des Amériques (il préside actuellement son conseil d'administration), délégué général du Québec à New-York puis à Paris, représentant personnel du Premier ministre du Québec pour la Francophonie, PDG des Offices jeunesse internationaux du Québec, est un véritable pilier de la relation franco-québécoise, reconnu par la République française qui lui a décerné la Légion d'Honneur.

« J'ai connu Michel dans divers contextes et j'ai toujours été frappé par son dynamisme, son jugement sûr, son entregent et ses qualités humaines. »

Louis SABOURIN

 

 « La leçon que son brillant parcours nous inspire est que l’exemplarité d’un seul homme peut avoir une grande incidence dans son milieu et dans le monde. », témoigne Benjamin Boutin. Louis Sabourin a marqué l’histoire de l’institution universitaire québécoise. René Lévesque le sollicita pour doter le Québec d’une filière de formation en études internationales. Bâtisseur du Québec, il contribua à sa projection hors de ses frontières. Ce « Félix Leclerc de l’international », formule empruntée à Pierre Lemonde, président-directeur général du Conseil des relations internationales de Montréal (un organisme que Louis Sabourin a fondé il y a trente ans) fit non seulement le tour de l’île, mais aussi le tour du monde, en œuvrant pour la coopération et l'éducation, particulièrement en Afrique francophone.

Monique CORMIER

 

Vice-rectrice associée à la langue française et à la Francophonie, Monique Cormier gère la politique linguistique de l'Université de Montréal et valorise la langue française sur le campus. Elle joue un rôle décisif dans le positionnement de l'Université de Montréal parmi les plus importantes institutions francophones d'enseignement supérieur dans le monde. Titulaire d'un doctorat en traduction de l'Université Sorbonne Nouvelle–Paris 3, elle est une enseignante-chercheuse et une gestionnaire de talent, reconnue internationalement pour ses travaux en terminologie et en méta-lexicographie. Sa carrière a été couronnée par la plus haute distinction du gouvernement du Québec, soit le Prix Georges-Émile-Lapalme. Elle est chevalière dans l’Ordre national du Québec et dans l’Ordre des Palmes académiques de France.

25 novembre 2015
25 novembre 2015

Lucien BOUCHARD

 

Premier chef du Bloc Québécois, cet homme complexe, imprégné par l'idée que l’État québécois est le meilleur outil d'émancipation de son peuple, a défendu le 25 novembre 2015 lors du lancement de l'état du Québec 2016 par l'Institut du Nouveau Monde le bilan de son gouvernement (1996-2001) :  « En plein cœur de ce que certains ont qualifié de croisade au déficit zéro, nous avons adopté la Loi sur l’équité salariale, mis en place le régime d’assurance médicaments, créé le réseau des garderies et une politique de sécurité du revenu, jeté les bases de la plus importante politique familiale au Canada, effectué une réforme de l’éducation et donné à l’économie sociale une impulsion qui en a fait une remarquable réussite québécoise, reconnue dans le monde ».  Retenons également de son action l'idée d'organiser, comme il l'a fait en 1996 aux lendemains de son élection, un Sommet économique et social réunissant l’ensemble de la société civile (associations, coopératives, syndicats...) dans le but de trouver des solutions pour le redressement des finances publiques et de donner un nouvel élan au Québec.

Jo Ann CHAMPAGNE

 

Elle a pour la littérature québécoise et française une incorrigible passion qui la mène des falaises de Gaspésie aux rives de Seine avec la même aisance et une pareille bonne humeur. Infatigable promotrice des littératures d'expression française, Jo Ann Champagne aime créer des synergies culturelles au service des auteurs et des livres. « Jo Ann Champagne est une artisane de cette belle relation culturelle franco-québécoise qui s'exprime notamment à travers les lettres françaises que nous aimons partager : des histoires qui nous relient, d'une rive à l'autre de l'Atlantique et qui nourrissent un imaginaire commun. »

Denis CODERRE

 

Il faut reconnaître son activisme pour faire rayonner Montréal : le maire accueille régulièrement des délégations étrangères et positionne sa ville dans les domaines du bien vivre-ensemble, de la lutte contre la radicalisation, de l'inclusion, de l'environnement et des sports. La métropole est active au sein de la commission du vivre-ensemble de l’Association des maires francophones et dispose d’un centre de prévention de la radicalisation menant à la violence. Montréal a intégré différents réseaux comme Métropolis, ICLEI, SCN, le Réseau des villes créatives de l’UNESCO ou encore le Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique. L’attraction de congrès internationaux est également un enjeu stratégique. Montréal est la ville la plus demandée pour la tenue de ce type d'événements en Amérique du Nord.

« Lorsque l'on parle de la France à M. Denis Coderre, ses yeux pétillent. C'est ce que j'ai pu constater trois semaines après qu'il eut été reçu à Paris par le Président de la République François Hollande. »

Pierre Karl PELADEAU

 

La course à la chefferie du Parti Québécois a pris une nouvelle tournure le 24 janvier 2015 avec le retrait de Jean-François Lisée, ancien ministre du gouvernement Marois. Le parti est entré dans le temps du débat d'idées. A cet égard, les propositions institutionnelles du député de Lac-Saint-Jean Alexandre Cloutier méritaient d'être débattues pour offrir davantage de liberté politique aux Québécois.

À l'issue du vote, qui s'est tenu du 13 au 15 mai 2015, Pierre Karl Péladeau a été élu chef du parti. « Cet homme s'intéresse de près à la France où il a vécu dans sa jeunesse. Mes échanges avec lui furent empreints d'une grande courtoisie. Sa tâche ne fut pas facile mais il n'empêche que PKP est un acteur important de la vie sociale québécoise, ami des artistes et personnalité foncièrement attachante. »

Rémy TRUDEL

 

Homme de terrain, fondateur et premier recteur de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, ex-député (parti québécois) de Rouyn-Noranda-Témiscamingue de 1989 à 2003, Rémy Trudel est un universitaire et un homme d’État qui a dirigé plusieurs ministères, dont les Affaires municipales, l'Agriculture, les Pêcheries et l'Alimentation, ainsi que la Santé et les services sociaux. Professeur à l’École nationale d'administration publique (où Benjamin Boutin l'a eu comme professeur en Principes et enjeux de l'Administration publique et Communications publiques, interactions médias et prise de décision), excellent pédagogue, Rémy Trudel est également un fin commentateur politique sur les ondes de ICI RDI Radio-Canada, à l'émission Les Ex. « Ses étudiants connaissent son implication, sa passion, son expérience et lui vouent généralement une grande admiration. »

Kathleen WEIL

 

Le Québec compense le vieillissement de sa population par l'apport d'une main d’œuvre qualifiée sachant parler français. « J'ai eu l'occasion de m'entretenir avec Kathleen Weil, ministre de l'immigration, de la diversité et de l'inclusion, sur le dossier de la reconnaissance des acquis professionnels et sur le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), conçu spécialement pour les travailleurs temporaires occupant un emploi spécialisé au Québec et les étudiants étrangers diplômés du Québec. J'ai évoqué la question d'une possible augmentation des droits d'inscription universitaire pour les étudiants français qui aurait pour effet de décourager certains talents de choisir le Québec et lui ai fait part de l’idée que des droits d'inscriptions modérés constituaient un investissement d'avenir ». Lors de cette rencontre en octobre 2014 dans le cadre du comité d'action politique France-Québec, la Ministre cita l'Entente franco-québécoise de mobilité, facilitant les démarches d'une quarantaine de professions réglementées, l'une des grandes réussites de son ministère.

Jean-Louis ROY

 

Historien, diplomate, écrivain originaire de la Beauce, Jean-Louis Roy fut le directeur du quotidien Le Devoir et le délégué général du Québec à Paris, avant d'être choisi par les chefs d’États et de gouvernements pour diriger l'ACCT (Agence de coopération culturelle et technique devenue par la suite Agence intergouvernementale de la Francophonie) de 1990 à 1998. Aujourd'hui dirigeant de Partenariat International, « il impressionne par sa hauteur de vue et ses capacités rédactionnelles et relationnelles. Voyageur du monde, cosmopolite, il est un fin connaisseur des réalités contemporaines de la Chine et de l'Afrique. Jean-Louis Roy est un homme engagé aux qualités rares ! ».


L’École nationale d'administration publique - ENAP

Vice-présidence de l'Association étudiante, 2015-2016

Élu vice-président de l'Association étudiante de l'ENAP, Benjamin Boutin a contribué à la vie sociale, universitaire et culturelle du Québec et du Canada francophone à travers diverses actions. 

«

Mon expérience d'élu étudiant m'a amené à réaliser de nombreuses actions collégiales dans le but d'améliorer les conditions d'étude et d'animer la vie de nos différents campus de Montréal, Québec et Gatineau pendant près de deux ans. Dans le cadre de mes fonctions électives, j'ai notamment eu l'honneur de rendre hommage le 1er décembre 2015 à un homme d'exception qui a dépensé son énergie sans compter au service de la coopération internationale dans le domaine de l'éducation : Louis Sabourin. J'ai également impulsé l'organisation d'un colloque international sur l'avenir de la francophonie, le 9 mars 2016, promu l'économie collaborative avec Guillaume Lavoie et conduit avec le président Serge Malaison une mission d'étude à New-York au cœur des organisations internationales.

»

Colloque "Quelle stratégie pour l'avenir de la francophonie?", ENAP, 9 mars 2016

Le 9 mars 2016, à l'amphithéâtre de l’École nationale d'administration publique (ENAP) de Montréal, les discussions portèrent sur les priorités et les stratégies de la francophonie, sur la géopolitique, la paix et la sécurité, ainsi que sur la création et les médias. Une trentaine d'intervenants de haut niveau se sont exprimés devant plus de 200 personnes. En tant que président du comité organisateur, Benjamin Boutin a remercié toutes les personnes impliquées dans sa réussite de ce colloque international, fruit de plusieurs mois d'efforts.


Mission d'étude à New-York auprès des organisations internationales, novembre 2015

Le Comité d'action politique France-Québec - CAPFQ

Un programme d'échange entre jeunesses engagées, automne 2014

Créé le 1er janvier 1994, le CAP FQ est un opérateur de la relation franco-québécoise dans les champs croisés de la jeunesse et de la politique. Chaque année, une délégation de jeunes Québécois issus des différentes formations représentées au parlement s'envole pour la France au printemps afin d’effectuer une mission de six semaines au sein d'une institution ou d'un organe politique français (Présidence de la République, cabinets ministériels, Assemblée nationale, Sénat…). C'est alors un moyen privilégié pour eux de se familiariser avec la vie politique et institutionnelle française. Parallèlement, une délégation de jeunes Français issus des différents partis politiques débarque au Québec à l'automne pour y effectuer une mission équivalente au sein des institutions québécoises (Cabinet du Premier ministre, ministères et Assemblée nationale).

 

A l'automne 2014, Benjamin Boutin fut sélectionné pour faire partie des cinq jeunes français engagés appelés à effectuer une mission avec le Comité d'action politique France-Québec (CAP FQ).

 

Placé au cabinet du Chef de l'Opposition officielle à l'Assemblée nationale du Québec, il rencontra un certain nombre d'acteurs politiques et associatifs québécois, dont le Premier ministre Philippe Couillard. Il fut également mis à contribution au sein du cabinet pour préparer des notes diplomatiques.

« J'avais précédemment eu le plaisir d'accueillir une délégation du CAP FQ section Québec à Sciences Po Paris le 27 mai 2014, lors d'une conférence sur le rôle de l'OCDE dans la gouvernance mondiale animée par mes soins. Cette délégation québécoise avait alors rencontré et écouté la représentante permanente de la France auprès de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Madame Pascale Andréani. »


Le projet Défi - Débats francophones internationaux

Conférence Olivaint, entre Paris et Montréal, 2014-2015

L'objectif du projet Défi était de promouvoir le débat francophone international et y associer, par un effet “boule de neige”, le plus grand nombre d’associations de débat francophones à travers le monde. La veille du tournoi, la délégation française, ainsi que la Co-Présidente de la SUCDI, Isabelle Jalliffier-Verne, furent reçus au Consulat Général de France à Montréal par le Consul de France, le Vice-Consul et l'attaché pour la Science et la Technologie. Cet entretien permit de définir quelques pistes d'avenir pour l'approfondissement des échanges oratoires au sein de la francophonie.


La visite du Général de Gaulle au Québec en 1967

Conférence de Bernard Dorin à la Délégation générale du Québec à Paris, décembre 2013

Bernard Dorin fut un ardent défenseur de la francophonie. C'est lui qui prépara la visite et accompagna le Président de la République française Charles de Gaulle au Québec en 1967. Le 3 décembre 2013 à la Délégation générale du Québec à Paris, il livra un précieux témoignage sur ce voyage historique. Benjamin Boutin y était.

 

Diplômé de l’Institut d’Études politiques de Paris, major de sa promotion à l’École nationale d'administration, cinq fois ambassadeur de France, directeur au ministère des Affaires étrangères, officier de l’Ordre national du Québec, Bernard Dorin fut un diplomate à la carrière exceptionnelle.

Il organisa ce déplacement historique en étroite concertation avec le président de Gaulle. Il lui communiquait chaque semaine un compte-rendu sur la situation au Québec. A partir de la mi-juin, le Général le faisait appeler toutes les semaines à son bureau élyséen.

Pour la planification du trajet, le général dit : "je veux voir des gens!" (exit donc le trajet de nuit prévu sur le fleuve St Laurent avec des feux de joie). Il voulut prendre la route construite par Louis XV sur la rive gauche du fleuve et il traversa des villages où il vit tous les habitants en liesse. L'excitation était à son comble lorsqu'il arriva à Montréal. 

 

Le discours au balcon : "Vive le Québec libre !"

 

Le discours de Charles de Gaulle au balcon de l'Hôtel de Ville de Montréal fut l'un des trois grands discours prononcés par le Général hors de France, avec ceux de Libreville et de Phnom Penh. Trois discours sur la liberté et l'identité. Opportuniste au bon sens du terme, de Gaulle savait saisir l'occasion. Il était dans l'Histoire et la faisait. A Montréal, il ne s'est pas laissé comme on a pu le dire, emporter par l'émotion. Sa formule "Vive le Québec libre" était calculée, selon Dorin.

 

Il eut l'intuition que le Québec était une nation et qu' "à toute nation devait correspondre un État", comme il se plaisait à dire. "C'est la prolongation de notre destin national", a-t-il confié à Dorin. Six à sept millions de francophones en Amérique, ils sont d'autant plus précieux qu'ils sont rares...