Francophonie économique


Dès les années 1960 et 1970, le développement, l'énergie, le commerce international faisaient déjà partie des préoccupations des pères fondateurs de la Francophonie. Des réseaux économiques francophones se sont tissés au fil des ans. La francophonie économique a marqué, ces dernières années, des progrès importants. En 2014, l'article de Benjamin Boutin intitulé 𝕱𝖆𝖎𝖗𝖊 𝖉𝖊 𝖑𝖆 𝖋𝖗𝖆𝖓𝖈𝖔𝖕𝖍𝖔𝖓𝖎𝖊 𝖚𝖓𝖊 𝖊́𝖈𝖔𝖓𝖔𝖒𝖎𝖊-𝖒𝖔𝖓𝖉𝖊, paru le 10 juillet 2013 dans La Tribune, ainsi que le rapport de Jacques Attali 𝕷𝖆 𝖋𝖗𝖆𝖓𝖈𝖔𝖕𝖍𝖔𝖓𝖎𝖊 𝖊𝖙 𝖑𝖆 𝖋𝖗𝖆𝖓𝖈𝖔𝖕𝖍𝖎𝖑𝖎𝖊, 𝖒𝖔𝖙𝖊𝖚𝖗𝖘 𝖉𝖊 𝖈𝖗𝖔𝖎𝖘𝖘𝖆𝖓𝖈𝖊 𝖉𝖚𝖗𝖆𝖇𝖑𝖊 publié en août 2014 et l'adoption à Dakar de la Stratégie économique pour la Francophonie ont permis d'en faire un sujet en émergence.

 

En mars 2018, parmi les recommandations qu'émettait Benjamin Boutin dans 𝕷'𝕰𝖑𝖆𝖓 𝖉𝖊 𝖑𝖆 𝖋𝖗𝖆𝖓𝖈𝖔𝖕𝖍𝖔𝖓𝖎𝖊 publié par la Fondation pour l'innovation politique, il y avait celle d'organiser un Davos francophone. Benjamin Boutin préconisait aussi que des délégations de chefs d’entreprise accompagnent les voyages officiels de la Secrétaire générale. Ces deux préconisations ont été entendues, à la fois par l'OIF et par le MEDEF, en août 2021 à Paris. Depuis, la francophonie économique continue son essor...

LA FRANCOPHONIE ÉCONOMIQUE FRANCHIT UN CAP !

Rencontre des Entrepreneurs Francophones à Longchamp, 24 et 25 août 2021

A Longchamp, le président du Mouvement des Entreprises de France Geoffroy Roux de Bezieux a déclaré que le Davos de la francophonie était né ! 450 chefs d'entreprises et dirigeants africains présents ainsi que 27 organisations patronales francophones contribuèrent à ces journées. Autre avancée, Henri Monceau, directeur à l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a coordonné et animé la 1ère session des Rencontres préparatoires au Forum économique francophone qui se tiendra à Djerba concomitamment au Sommet de la Francophonie. Marianne Beseme, Benjamin Boutin, Michaël Christophe, Claire Deronzier, Déborah Cherenfant, Ruth Vachon, Gaël de Maisonneuve ou encore Laurent Cagna y participèrent.


Quand Francophonie rime avec économie !

Article de Benjamin Boutin pour l'OCDE, août 2021

Le concept de « francophonie économique » désigne à la fois la capacité à développer des affaires en français mais aussi à promouvoir une économie plus équitable, durable et inclusive afin de servir les populations et de contribuer au mieux-être commun...


l’Entreprenariat des Femmes et des Jeunes au Sénégal

Conversation avec Papa Amadou Sarr, ministre du gouvernement sénégalais, juillet 2021

En marge des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, j'ai eu le plaisir de m'entretenir avec le ministre sénégalais Papa Amadou Sarr. Cet entretien autour du soutien à l’entrepreneuriat, de la francophonie économique, de la circulation des personnes et des échanges internationaux est reproduite ici en intégralité.


Faire grandir le modèle coopératif dans la Francophonie

Le projet Horizon 2030 de Francophonie sans frontières, juillet 2019 et octobre 2020

En juillet 2019, l'Université Peleforo Gon Coulibaly a accueilli la première édition du projet Horizon 2030 de Francophonie sans frontières qui vise à l'atteinte des objectifs du développement durable des Nations-Unies et plus particulièrement à stimuler l'entrepreneuriat collectif, durable et inclusif des jeunes.

 

Cette activité a permis de récompenser plusieurs projets entrepreneuriaux étudiants, de mettre en place une équipe de mentors pour l'accompagnement de ces projets et de lancer une dynamique collective pour faire de l'Université un laboratoire d'économie sociale et un écosystème entrepreneurial apte à encourager ses étudiants sur la voie de l'autonomisation économique.


Les perspectives stratégiques d’une coopération économique francophone

Mai 2020

Parler français est aujourd’hui un atout pour faire des affaires avec différentes aires géographiques du Sud comme du Nord, de l’Est comme de l’Ouest. Et le Maghreb se trouve au carrefour de ces aires économiques complémentaires...

 

 


L'Afrique, ce cœur battant de la Francophonie économique

Janvier 2020

La capacité à nouer des affaires en plusieurs langues est un atout. La francophonie, communauté de langue et de destin qui rassemble aujourd’hui 315 millions de locuteurs, représente une espace de coopération pluriel susceptible de contribuer au développement économique, durable et solidaire du continent africain qui est son principal foyer démographique. Néanmoins, pour valoriser cet atout, il convient de mettre en œuvre une stratégie, de promouvoir un modèle de développement adapté et de cibler en priorité la jeunesse...

 


« Les secteurs d’avenir » au cœur des échanges France-Québec

8 mars 2018

Plus de 330 filiales d'entreprises françaises ont des activités au Québec. Elles y génèrent un chiffre d'affaires de 19 milliards de dollars et emploient quelque 15 000 personnes. En France, 161 entreprises québécoises emploient quant à elles plus de 13 000 personnes. La France est le 1er marché culturel du Québec et son 2e marché touristique...


Création du Réseau international francophone des entrepreneurs

Forum économique international des Amériques, Montréal, juin 2017

Le lancement d'un réseau francophone d’entrepreneurs issus des quatre coins du monde le 14 juin 2017 à Montréal, a pavé la voie aux grandes rencontres des jeunes entrepreneurs du monde francophone. Dans la continuité de la 1ère édition au Québec et des Journées des Jeunes Entrepreneurs Francophones (JJEF) en Belgique, la 3e grande rencontre a été organisée du 17 au 22 novembre 2019 en France. Cette dernière grande rencontre a réuni 200 jeunes entrepreneurs au fort potentiel d’innovation pour apporter des solutions aux défis économiques, sociaux, énergétiques et environnementaux au sein de l’espace francophone.

Le RIFE (Réseau international Francophone des Entrepreneurs) permet de générer des opportunités économiques, faciliter les affaires et accélérer les projets des jeunes entrepreneurs francophones.


Faire de la Francophonie une économie-monde !

Article pour La Tribune, 10 juillet 2013


 

Le postulat de départ est simple : dans la mondialisation, les Francophones seront plus forts ensemble, plus forts ensemble économiquement. États et gouvernements, blocs régionaux et organisations communautaires, acteurs institutionnels et financiers, collectivités locales et entreprises, doivent unir leurs efforts pour définir le périmètre d'une "Aire économique francophone" (AEF). L'enjeu serait de mettre en réseau les différents opérateurs économiques ayant la langue française en partage et de leur fournir un cadre conceptuel pour faciliter leurs échanges.

 

 

Une économie-monde en devenir

 

 Ce cadre conceptuel existe déjà. Il a été élaboré par un immense intellectuel français, grammairien des civilisations, penseur de la "dynamique du capitalisme". En 1979, dans son ouvrage Civilisation matérielle, Économie et Capitalisme, Fernand Braudel forge le concept d' "économie-monde", "fragment de l'univers, morceau de la planète économiquement autonome, capable pour l'essentiel de se suffire à lui-même et auquel ses liaisons et ses échanges intérieurs confèrent une certaine unité organique" .

 

 La Francophonie représente une économie-monde en devenir. Les critères de distinction braudéliens sont réunis : elle forme une aire géoéconomique aux limites stables, un écosystème politique, économique, linguistique et culturel, comme la Méditerranée à l'époque de Philippe II.

 

 

Un réseau de "métropoles économiques francophones"

 

 Le monde francophone est polarisé autour d'une "ville-monde", Paris, 12 millions d'habitants, de plusieurs métropoles économiques régionales comme Kinshasa (9,7 millions d'habitants), Alger (6,4), Hanoï (6,3), Abidjan (6,1), Montréal (3,9), Dakar (3,2), Bruxelles (2,1) et de métropoles économiques sous-régionale comme Tunis, Lyon, Beyrouth, Rabat ou Marseille, peuplées chacune environ de 2 millions d'habitants.

 

 A leur échelle, ces centres urbains centralisent et répartissent "les informations, les marchandises, les capitaux, les crédits, les hommes, les ordres", comme l'écrivait Fernand Braudel. Carrefours d'échanges commerciaux, intellectuels et médiatiques (produisant des informations en français et les distribuant via différents canaux dans leur sphère d'influence), ces métropoles économiques francophones (MEF) devraient être mieux reliées entre elles par des liaisons aéroportuaires et numériques densifiées, de façon à optimiser la circulation des hommes, des biens, des services et des capitaux dans l'Aire économique francophone.

 

 

Des espaces continentaux et ultramarins en dialogue

 

 La Francophonie ne forme pas un bloc géographiquement uni à l'échelle de la planète. Ses composantes sont, pourrait-on dire, dessoudées. Le français est parlé (comme langue maternelle, administrative ou mineure) dans plusieurs zones continentales : la zone "Europe", la zone "Afrique centrale de l'Ouest", la zone "Amérique du Nord" et la zone "Asie-Pacifique", auxquelles s'ajoutent les collectivités françaises ultramarines.

 

  Ce sont ces zones qui, impliquées dans un projet de coopération macroéconomique global, pourraient former une véritable économie-monde francophone. Tous les leviers de coopération devraient être actionnés : co-localisation de projets productifs, mutualisations de ressources, création des sociétés d'investissements à l'échelle de la Francophonie, agrégation de PME francophones innovantes, montage de circuits performants d'import/export, Erasmus francophone, passeport de la Francophonie économique, etc..

 

  Selon Adam Smith, c'est la division du travail qui, en décuplant la force productive, est la cause de la richesse des nations . L'interdépendance économique entre les différentes zones continentales et ultramarines francophones "productivement spécialisées" est de nature à générer de la valeur économique partagée.

 

 

La langue française comme liant

 

 Le liant de ce grand dessein francophone de prospérité commune est naturellement la langue française, langue de culture et de diplomatie, mais aussi langue entrepreneuriale d'avenir, parlée par 60% par des jeunes de moins de trente ans, apprise par 100 millions d'élèves chaque jour et troisième langue la plus utilisée sur Internet. Partager une langue est un facilitateur transactionnel puissant. La langue française, magnifique monnaie-d'échange humains, pourrait devenir l'axe fluide et lumineux d'une interdépendance économique solidaire entre ses centaines de millions de locuteurs.

 

 L'Aire économique francophone, démographiquement très dynamique, espace coopératif d'une économie-monde en devenir, pourrait être doté d'une "Organisation de coopération économique francophone" (OCEF), ainsi que d'une monnaie virtuelle facilitant les échanges et d'un corpus de normes juridiques et techniques communes.

 

 Cette démarche constructive pourrait faire de la Francophonie une terre de croissance où les Francophones africains, européens, asiatiques, américains et océaniens œuvreraient à un développement mutuel bien compris pour améliorer la compétitivité des régions économiques francophones avancées et lutter contre la pauvreté des régions francophones moins avancées.

 

 Ce pacte "gagnant-gagnant" réveillerait les "énergies dormantes" de la Francophonie qu'exaltait Léopold Sédar Senghor, et lui donnerait un nouveau souffle.

création d'un espace économique francophone

Recherche-action au siège de l'OIF, 2013